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Seconde Guerre Mondiale en ARIEGE
Histariège reproduit ici le fascicule (sous forme de fiches) rédigé par J.J. PETRIS à l’intention des scolaires et de leurs professeurs. Dans son introduction, il en expliquait la motivation :
« Après quelques entretiens avec des enseignants et quelques résistants, il est apparu que ceux-ci suggéraient la mise à disponibilité d’une synthèse concernant la période de l’Occupation.
Ayant retenu la « leçon »…, je me suis permis de tenter de pourvoir à ce manque, s’il existe.
Il est rapidement apparu que ce « résumé » concernant uniquement le département de l’Ariège, souhaité synthétique et dont l’approfondissement était du ressort des enseignants, se devait de dépasser le cadre scolaire.
C’est pourquoi, il est mis à disposition pour qui souhaite retrouver ou connaître les grandes lignes de cette période, unique dans notre histoire. »
Fiches :
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De 1939 jusqu’au 11 novembre 1942
- Quelques mois après la déclaration de guerre de la France contre l’Allemagne (3 septembre 1939), bien des soldats ariégeois sont prisonniers des Allemands : c’est la défaite française. - Des réfugiés du Nord de la France (l’exode), des milliers d’Espagnols (républicains, en particuliers, qui combattaient Franco), des Polonais, etc… arrivent en Ariège : il faut les héberger et pourvoir à leur survie… - Les pleins pouvoirs sont donnés au maréchal Pétain : le député Camel (pour Saint-Girons) refuse, Rambaud (pour Pamiers) aussi ; Soula (pour Foix) accepte… L’appel du général de Gaulle est connu en Ariège. - Le camp du Vernet, au début « centre d’hébergement » pour des réfugiés, devient camp d’internement : Des personnes de 58 nationalités y seront enfermées (il sera le plus répressif de France). - Les Allemands ne sont pas encore en Ariège. Mais, le nouveau pouvoir en place (via la préfecture, la police…) applique son programme (souvent dicté par celui d’Hitler) : répression contre les Juifs, les Communistes… - Des anciens militaires (français, belges…) cherchent à passer en Espagne pour rejoindre Londres ou De Gaulle ; Des personnes recherchées également (Juifs par exemple) passent la frontière: des réseaux de passages (filières) se mettent en place (à partir de Foix, par la vallée de Vicdessos, Aston ou Ax ; à partir de Saint-Girons par le Vallier, etc…). Rapidement, des passeurs et des candidats à l’évasion sont arrêtés… - Des groupes de personnes se rassemblent et appellent, au début par des tracs par ex., la population à comprendre ce qui se passe…, à refuser la capitulation de la France… Des réseaux s’organisent: c’est le début de la Résistance « souterraine ». Les premières arrestations de résistants ont lieu… - Des anciens maires sont destitués : le préfet les remplace d’autorité par des hommes soutenant le régime (les Délégations Spéciales). - L’opinion publique ariégeoise, loin des zones de guerre, est, au départ, généralement favorable au régime de Pétain (considéré comme le possible « sauveur » de la situation face aux Allemands…) ; on se mobilise pour les prisonniers de guerre (envoi de colis) ; Commencement des restrictions alimentaires. Dans les écoles, les mairies : des photos de Pétain ; et l’on chante « Maréchal ! Nous voilà »… - Août 1942 : Arrestations massives par la police française d’israélites, étrangers ou apatrides assignés à résidence (notamment à Aulus, à La Hille sur la commune de Montégut-Plantaurel) : environ 350 personnes. Beaucoup d’entre elles sont déportées au camp d’extermination d’Auschwitz. ð L’Allemagne envahit la France qui signe l’Armistice. La France est coupée en deux. L’Ariège est en zone libre. Un changement de régime se met en place. La politique de « collaboration » avec l’Allemagne est prônée… L’Ariège est le refuge d’Espagnols hostiles à Franco, de personnes venues des zones de guerre (belges, polonais…), de personnes recherchées (Juifs, Communistes…). Prémices de la Résistance ; Passages en Espagne ; Arrestations…
Du 11 novembre 1942 à la fin 1943 - Les troupes allemandes envahissent ce qui était la zone dite libre (11 novembre 1942). Des garnissons s’établissent en Ariège : Foix, Saint-Girons, Pamiers… Des douanes allemandes contrôlent les frontières : les Ariégeois réalisent que le département est bel et bien occupé… - Des réseaux de passages fonctionnent en Ariège ; des groupes de résistances existent dans la clandestinité. - La production agricole (moyen de survie) souffre du manque de main d’œuvre (des chefs de familles ou leurs enfants en âge de travailler sont prisonniers). - Janvier 1943 : 300 israélites sont arrêtés en Ariège - 1943 : le STO (Service du Travail Obligatoire). Les jeunes gens doivent partir travailler pour les intérêts économiques allemands (industries, agriculture…). Deux options s’imposent à eux : partir ou refuser. - Un service d’ordre (de type militaire) au service du gouvernement de Vichy est installé dans le département : la Milice (pour traquer les personnes recherchées, lutter contre la Résistance…). - Des groupes de résistance s’organisent, par ex. à travers les chantiers demandant de la main d’œuvre, dans les lycées, les usines…. Les Espagnols, par exemple, sont employés dans des mines, des exploitations forestières (car l’une des activités, en ce temps-là, est la production de charbon et de bois servant à faire rouler les véhicules dits gazogène), des chantiers de travaux publics (des barrages sont en construction, tel celui de Labarre, du Gnioure…). - Des groupes de résistance fusionnent : ce sont les MUR (Mouvement de Résistance Unis). - Des groupes de réfractaires au STO se forment (petits maquis). Ils travaillent dans des chantiers ou deviennent clandestins et doivent survivre… - Les Guérilleros Espagnols (réfugiés de la guerre d’Espagne) s’organisent avec les groupes de travailleurs étrangers ou d’évadés des camps d’internement. - Des sabotages se font (il s’agit d’empêcher de transporter des produits industriels pour l’Allemagne ; d’empêcher les communications de se faire…). - Les agriculteurs doivent donner une partie de leur production aux Allemands ; des industries doivent produire pour l’Occupant… - Les contrôles de police se font plus assidus… - La population est invitée à dénoncer les personnes hostiles au gouvernement de Vichy, ceux qui font du « marché au noir », les communistes… - Les Résistants qui font des sabotages, qui lancent des tracs… sont poursuivis (des condamnations à mort sont même décrétées contre eux) : le préfet les appellera les « Terroristes »… Ainsi, la répression contre les réseaux clandestins de la Résistance s’intensifie : de nombreuses arrestations et déportations se font… C’est ainsi que des organisations entières se trouvent démantelées… ð L’occupation allemande est effective en Ariège. La résistance s’organise. Mais elle connaît la répression. Les jeunes sont envoyés au STO : certains refusent. Une partie de l’activité ariégeoise doit être fournie à l’Allemagne…
- La résistance souterraine s’accélère : noyautage des administrations (des personnes travaillent à la préfecture, dans la police, les postes, etc… mais, fournissent des renseignements à la Résistance, font de faux papiers, etc…) ; des agriculteurs, en particuliers, aident au ravitaillement des groupes clandestins… Des responsables extérieurs au département arrivent pour aider la résistance locale : les liens avec Londres et la Résistance nationale sont renforcés… - Les passages vers l’Espagne pour fournir des messages secrets à Londres ou faire franchir les Pyrénées à ceux qui sont poursuivis ou qui veulent s’engager aux côtés des forces Alliées Françaises, Anglaises, Américaines, Canadiennes… continuent malgré les arrestations et les morts… - De son côté, la Milice (corps armé au service du gouvernement de Vichy), les Allemands et les services de police ou de gendarmerie se font de plus en plus agressifs… : des arrestations, des déportations, des exécutions ou des incendies… se font de plus en plus. - La résistance armée s’organise sur le territoire ariégeois. De petits maquis éparpillés se fédèrent et sont mis en liaison avec des responsables départementaux, régionaux qui eux-mêmes sont en lien avec le CNR (Conseil National de la Résistance fondé par Jean Moulin). - Avec le débarquement en Normandie, les évènements s’accélèrent. Cependant, les différentes arrestations, déportations, exécutions parmi les résistants font, qu’en Ariège, l’essentiel des forces réunies armées, au 6 juin, se trouve au sein des FTP (Francs-Tireurs et Partisans) et des Guérilleros Espagnols. Dans le même temps, ces maquis s’agrandissent par un afflux de jeunes qui y rentrent… - Une mission est donnée à ces maquis armés : maintenir les occupants allemands (et la Milice qui pourrait les suivre) sur place (pour éviter qu’ils ne remontent vers le nord de la France en renfort ou aller vers la Provence où un nouveau débarquement se prépare). C’est donc une série de sabotages, d’attaques qui ont pour but de saboter le moral de l’occupant en le harcelant et, paradoxalement, le maintient sur place. - En réaction, les Allemands et la Milice organisent plusieurs attaques de maquis : c’est Vira (le 9 juin), Betchat (à partir du 10 juin), Roquefixade (les 6 et 7 juillet), La Crouzette (21 juillet), etc… Mais les armes manquent… - Quelques parachutages d’armes et de munitions sont réalisés sur le sol ariégeois. - Mais, pendant ce temps, des Ariégeois continuent à dénoncer les maquis ou des personnes proches de la Résistance… - Durant plusieurs mois, l’Ariège vit au rythme des arrestations, des fusillades, des attaques, des interrogatoires et des déportations…
ð Malgré l’oppression des forces allemandes et de la | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||