HAUSSMANN Georges, Eugène (baron)
Originaire d’une famille
protestante alsacienne, Georges-Eugène Haussmann naît à Paris le 27 mars 1809.
Après avoir exercé la
profession d’avocat, il entre dans la carrière préfectorale en 1831. Il est
nommé Sous-préfet de Saint-Girons le 17 février 1840, poste qu’il occupe
jusqu’au 23 novembre 1841. Il a laissé dans ses “Mémoires” publiées en
1890/1893, le récit de son passage en Couserans qui justifie sa place parmi les
personnages illustres de l’Ariège. Ce récit, écrit d’une plume alerte, avec des
anecdotes divertissantes donne du Couserans, au milieu du XIX° siècle, une
image vivante, du plus grand intérêt.
Haussmann retire de ce
séjour divers enseignements. Les observations qu’il fait sur les “eaux considérées
au point de vue de l’alimentation humaine”, lui seront des plus
utiles. “C’est à Saint-Girons que s’affermirent, en moi, les
convictions, désormais inébranlables, auxquelles Paris doit un service
d’eau de sources dérivées, pures et salubres. Il avait remarqué que : dans
le Biros et à Bethmale, “les populations étaient magnifiques”, buvant
des eaux minéralisées, dans la Bouigane, dont les eaux ne contenaient “en
dissolution ni phosphates, ni carbonates de chaux”, il y avait de
nombreux crétins et goitreux. La différence des eaux, comme il le note, faisait
aussi que les truites du Lez étaient bien plus savoureuses que celles de la
Bouigane. Autre sujet d’observation, l’asile de Saint-Lizier : “C’est à
Saint-Lizier que la question des asiles d’aliénés me devint familière”.
Désirant une nomination
dans le Bordelais, Saint-Girons parait tout d’abord à ses yeux, être une
disgrâce ; pour le rassurer elle lui est présentée comme étant un poste de
confiance et de responsabilité : le Saint-Gironnais étant frontalier avec
l’Espagne où se déroule la guérilla carliste ; il s’agissait en effet
d’empêcher que des renforts ne soient envoyés, par les “ports”, au général
carliste Cabrera. Haussmann, jeune et sportif, s’acquitte parfaitement de sa
mission, parcourant les montagnes frontières avec douaniers et gendarmes, non
sans péril, leur campement sur les bords de l’étang d’Araing ayant reçu la
visite d’un ours qui blessa des chevaux... Il est émerveillé par les paysages,
étonné de la beauté des montagnards et de leurs costumes, amusé d’avoir vu dans
les villages des oursons jouant avec des enfants, les chiens et les chats.
Allant à Paris rendre
compte de sa mission, il est reçu par le ministre de l’Intérieur, le comte
Duchâtel : “On me fit raconter mes pérégrinations en montagne, dans
le pays d’ours, et - non pas de loups seulement -”. Avec ses trois députés
dans l’opposition, dont Pagès, Duchâtel déplore la situation politique de
l’Ariège, estimant qu’“Il faut que cela change”. De retour en Couserans,
Haussmann voit que ce souhait n’est pas possible à réaliser ! Dans ce domaine,
il ne put remplir l’objectif qui lui était demandé.
Il se rallie dés 1848 à
Louis-Napoléon Bonaparte. Nommé préfet de la Gironde en 1851, il fait triompher
dans ce département le coup d’état du 2 décembre 1851. Deux ans plus tard, en
1853, il est nommé préfet de la Seine où il demeurera à ce poste pendant seize
ans. Il emploiera ces années à la transformation de la ville de Paris par le
dégagement des grands édifices, le
percement de boulevards d’Est en Ouest et du Nord au Sud, l’aménagement de
grands jardins et de parcs, la constructions des ponts de l’Alma et de
Solférino, ainsi que des halles centrales et des gares, l’aménagement d’un
réseau d’égouts et d’éclairage au gaz, l’annexion des banlieues proches de la
capitale, ...
Il est démis de ses
fonctions en janvier 1870 par Émile
Ollier.
Resté fidèle à l’Empire, il
est élu député bonapartiste de la Corse en 1877, fonction qu’il conservera
jusqu’en 1881. Il décède à Paris le 11 janvier 1891.
Claude ALIQUOT
Sources :
HAUSSMANN Georges-Eugène (baron), “Mémoires”,
1890 - T. I, pp. 147/204
Dictionnaire des parlementaires, 1789-1889, T. III, pp. 320/321.