Centenaire de la Grande Guerre 

 en Ariège

 

Contribution

de

l’Association du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège

 

 

Publications:

 

"Les Dardanelles 1915. Les "soldats oubliés" (neuf mois de guerre, de morts et de souffrances...)"

Claude Aliquot; Aquarelles réalisées par le général Gilbert Nougué

(96 pages; 10€. Disponible à l'Office du tourisme de Pamiers)

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"Les poilus ariégeois dans la Grande Guerre.

Hommage aux soldats de l'Ariège et de Midi-Pyrénées mobilisés au 17ème Corps d'Armée"

Ouvrage collectif de l'Association du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège.

424 pages; nombreuses illustrations. Dépôt légal: décembre 2013. Année d'édition: 2014

 

 

Etat d'esprit de l'Armée Les soldats ariégeois dans la guerre La mobilisation en chiffres Les catégories des forces mobilisées Bataille de Bertrix  
Armée française au début de la guerre PRINCIPAUX EVENEMENTS DE LA GUERRE 17e corps d'armée Parution: "Les poilus ariégeois dans la Grande Guerre. Hommage aux soldats de l'Ariège et de Midi-Pyrénées mobilisés au 17ème Corps d'Armée" Intervention Préfecture

(G. P. Gleize)

La conscription

 


 

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ÉTAT D’ESPRIT DE L’ARMÉE FRANCAISE

 

AVANT LE DÉCLANCHEMENT DU CONFLIT.

 

Au moment de l’entrée en guerre, l’opinion publique française était agitée par de nombreuses questions :

- un fort sentiment antimilitariste prôné par certains hommes politiques et syndicalistes comme Gustave HERVÉ (1871/1944) qui, dans un article intitulé "L’anniversaire de Wagram" publié dans le journal  "Le travailleur socialiste de l’Yonne" sous la signature "Sans Patrie", du 20 juillet 1901, développe une doctrine fondée sur le recours à l’insurrection en cas de guerre. Thème développé dans le journal "Le piou-piou de l’Yonne" et soutenue par l’homme politique Jean JAURÈS (1859/1914).

- une production littéraire antimilitariste tels : "Le cavalier Liserey" d’Abel HERMANT (1862/1950), publié en 1887, dans lequel il fait état d’un cavalier du 21° régiment de chasseurs de Rouen qui est violé par toute une chambrée[1] ; "Biribi" de Georges DARIEN (1862/1921), écrit en 1888, qui conte son expérience militaire dans un camp disciplinaire du sud tunisien[2] ; "Les Sous-offs" de Lucien DESCAVES (1861/1949), paru en 1889, qui fait le portrait de la vie en caserne à Dieppe[3] (ce qui valut un procès à l’auteur pour injures contre l’armée) ;

- un anticléricalisme débridé provoqué par les différentes lois, choquant une grande partie de la population, promulguées par les gouvernements successifs de la III° République, à la fin du XIX° et au début du XX° siècle concernant notamment :

- l’interdiction de l’enseignement par les religieux dans les établissements primaires publics[4] ;

- l’obligation pour les congrégations religieuses d’obtenir une autorisation législative pour exister, comme stipulé dans la loi de 1901 sur les associations[5]

- la dissolution des congrégations pour lesquelles la reconnaissance n’aurait pas été octroyée[6] (près de 400 durent s’exiler) ;

- la suppression du droit d’enseigner aux congrégations religieuses autorisées ayant ouvert de nouveaux établissements[7] (ce qui entraîna la fermeture de  2 500 établissements) ;

- l’appropriation par l’État, des biens du clergé, voulu par la loi de séparation des Églises et de l’État[8].

 

D’autres décisions législatives et gouvernementales mettant directement en cause les institutions militaires entraînèrent la démission de nombreux officiers catholiques qui se sentirent insultés. Il s’agit de :

- la suppression des aumôneries militaires[9], remplacée en 1880, par l’autorisation à des ministres des cultes d’exercer dans les camps, les forts détachés et les garnisons placées hors de l'enceinte des villes, contenant un rassemblement de deux mille hommes au moins et éloignés des églises paroissiales et des temples de plus de trois kilomètres, ainsi qu'aux hôpitaux et pénitenciers militaires[10] ;

-  l’interdiction faite à l’armée de rendre les honneurs dans les établissements religieux ;

- le fichage des officiers catholiques[11] (commentaire du journal "Le Figaro")[12] ;

- l’intervention de la gendarmerie et de l’armée pour assurer les inventaires prévus[13] par la loi de séparation des Églises et de l’État[14].

 

                                                                                                                        C.A.

 

 

 

 

[1] - Éditeur G. CHARPENTIER et Cie – 1887.

[2] - Éditeur Alfred SAVINE – 1890.

[3] - primitivement titré "Les culs rouges"

[4] - loi du 30 octobre 1886 sur l’organisation de l’enseignement primaire – J.O du 31 octobre 1886 – p. 1/7.

[5] - loi du 1° juillet 1901 – J.O. du 2 juillet 1901 – p. 4025/4027.

[6] - loi du 17 juillet 1903 – J.O. du 18 juillet 1903.

[7] - loi du 7 juillet 1904.

[8] - loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État – J.O. du 11 décembre 1905 – p. 7205/7209..

[9] - loi des 20 mai - 3 juin 1874.

[10] - loi du 8 juillet 1880.

[11] - loi du 7 juillet 1904.

[12] - Le Figaro – 27 octobre 1904 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k286778k.

[13] - circulaire du … 1906

[14] - loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État – J.O. du 11 décembre 1905 – p. 7205.

 

 

 

 

Les soldats ariégeois dans la guerre.

 

Lorsqu’il est fait état des régiments ariégeois qui ont participé à la Grande Guerre, nous pensons immédiatement au 59e  régiment, à son régiment de réserve dérivé, le 259e  régiment d’infanterie ainsi qu’au régiment des plus anciens, le 134e  régiment d’infanterie territoriale. Les durées respectives des services dans ces régiments étaient de trois ans pour le premier, onze ans pour le second et de sept ans pour le dernier. Ces régiments basés à Foix et à Pamiers accueillaient bon nombre de recrues ariégeoises certes, mais n’avaient pas la capacité d’absorber toute la substance mobilisable du département. Une part importante des jeunes ariégeois était donc incorporée dans d’autres formations et notamment, mais pas exclusivement, en Midi-Pyrénées.  C’est en lisant le mémoire de maîtrise de lettres et sciences humaines d’André Allard : "Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale"[1] que nous avons constaté que la plupart des soldats ariégeois morts à la guerre servaient dans des unités relevant du 17e  corps d’armée de Toulouse essentiellement constitué de recrues du Sud-Ouest, dont beaucoup d’ariégeois. Dans les lignes qui suivent nous faisons état de quelques exemples qui nous ont confortés dans notre démarche :

 

· Les sept régiments d’infanterie d’active :

 

- le 7e  R.I.

Stationné à Cahors, régiment du soldat Jean Amilhat-Mouchet dit Loury, originaire de Bethmale[2], tué le 07 février 1915.

- le 9e  R.I.

Stationné à Agen, régiment du Caporal Germain Bonnans, né à Arignac le 31 juillet 1895, blessé et mort à Landrecourt  le 05 août 1916[3] .

- le 11e  R.I.

Stationné à Montauban, régiment du soldat Jean Galy, né à  Boussenac le 10 juillet 1881, tué à l’ennemi le 14 septembre 1915[4] .

- le 14e  R.I.

Stationné à Toulouse, régiment  du soldat François Albert Pousse, né à Laroque d’Olmes le 21 août 1893, tué à la côte 200 le 20 décembre 1914[5] .

- le 20e  R.I.

Stationné à  Marmande et Montauban, régiment de l’adjudant Pierre Galy, né le 19 mai 1891 à Boussenac, tué le 25 avril 1918 devant Verdun[6] .

- le 83e  R.I.

Stationné à Saint-Gaudens et Toulouse,  régiment du sergent Étienne Rives, né à Saint Girons le 10 juin 1894[7], tué au Bois d’Avocourt le 26 avril 1916  ;

- le 88e  R.I.

Stationné à Mirande et Auch, régiment  dans lequel fut tué à la Côte 200, le 30 janvier 1915 le soldat Jean Pierre Ferré, dit Ferreat, né à Alos le 28 février 1878[8].

 

· Les trois régiments d’artillerie d’active :

 

-le 18e R.A.C.

Stationné à Agen, régiment du canonnier Pierre Lavigne, né à Pamiers le 29 mai 1889[9], tué dans la forêt de Luchy le 22 août 1914  .

- le 23e R.A.C.

Stationné à Toulouse, régiment du lieutenant Georges Paul Delpech né le 19 février 1891 à Foix, décédé suite à ses blessures le 24 décembre 1914 à Suippes (Marne)[10].

- le 57e R.A.C. 

Stationné à Toulouse, régiment du lieutenant Louis Fonquernie, né à Verniolle le 27 février 1897, mort suite à ses blessures à l’ambulance de Froidos (Meuse) le 23 avril 1918[11].

 

· Les deux régiments d’infanterie de réserve non endivisionnés :

 

- le 207e  R.I.

Stationné à Cahors, régiment  du soldat Louis François Vaquié,  blessé et mort à Sainte Ménéhould (Marne), né à Belesta le 18 juillet 1894[12] .

- le 209e  R.I.

Stationné à Agen, régiment du sergent Jean Decomps, blessé, mort à l’Hôpital de Bouy (Marne), né à Cos le 24 mai 1890[13].

 

·  Les formations d’appui du génie :

 

le 2e R.G.

Cie 17/1

Stationné à Montpellier, régiment du sapeur Alphonse Bergé, dit Bergeron de la 17/1 né à Léran le 15 mai 1873, blessé et décédé à l’ambulance de Landrecourt dans la Meuse le 23 mai 1916[14].

 

le 2e R.G.

Cie 17/2

Idem, régiment du  sapeur mineur François Lavigne de la 17/2, né à Verniolle le 14 juin 1887, blessé et mort à l’ambulance de Fosseux (Pas de Calais) le 15 décembre 1915[15].

le 2e R.G.

Cie 17/4

Idem, le sapeur mineur Baptiste Galy de la 17/4, né à La Bastide de Sérou le 28 février 1886, tué à Perthes les Hurlus le 13 mars 1915[16].

 

 

· Les formations d’éclairage et de reconnaissance

 

le 9e R.ch

6 escadrons de reconnaissance.

Le  9e  chasseurs à cheval est stationné à Auch, régiment   du brigadier Louis Rigail, né à La Bastide sur l’Hers le 22 octobre 1888, tué à la bataille de l’Yser (Flandre occidentale) le 1er  février 1916[17].

 

 

· Les formations de  soutien santé :

 

La 17e S.I.M.

la 17e  section d’infirmiers militaires (SIM), unité  du sergent François Dousse, originaire de Lavelanet, tué par des éclats d’obus le 17 novembre 1916 à Verdun[18].

 

· Les Appuis  d’artillerie lourde :

 

VIe groupe du 117e G.A.L.

 

le VIe  Groupe du 117e régiment d’artillerie lourde est formé à Agen en février/mars 1918.  le canonnier Antonin Bourrel, originaire de Canté, décédé suite à ses blessures le 24 mai 1918 à l’hôpital complémentaire 43 d’Agen[19].

 

 

· Les trois régiments d’infanterie de réserve des unités constituant le 17e  corps d’armée affectés dans la 134e brigade de la 67e division d’infanterie relevant de la XVIIe  Région Militaire :

 

- le 259e  R.I.

Stationné à Pamiers, régiment du soldat Balthasar Boulanger de Saverdun, tué le 1er septembre 1914 dans les combats de la Meuse[20].

- le 283e  R.I.

Stationné à  Saint-Gaudens, régiment du sergent Michel Roques, né à Foix le 18 juin 1886[21], disparu à Orvillers le 13 avril 1918

- le 288e  R.I.

Stationné à Auch et Mirande, régiment du soldat Augustin Gradit, né le 11 novembre 1878 à Arrout, tué à l’ennemi le 26 juin 1918 au bois de Caumont (Aisne)[22].

 

 

· Les trois régiments d’infanterie de réserve des unités constituant le 17e  corps d’armée affectés dans la 133e  brigade de la 67e  division  d’infanterie de la XVIIe  région militaire :

 

- le 211e  R.I.

Stationné à Montauban, régiment du commandant Record Jules Bernard, né le 2 février 1861 à Saint Girons, disparu aux Forges (Meuse) le 7 mars 1916[23] .

- le 214e  R.I.

Stationné à  Toulouse, régiment du  sergent Eugène Baptiste Bonrepaux, né le 27 septembre 1886 à Savignac les Ormeaux, tué à l’ennemi le 8 septembre 1914[24] .

- le 220e  R.I.

Stationné à Montauban, régiment du sergent Achille, Augustin Audabram, né le 12 juillet 1895 à Lavelanet, mort à Courcelles (02) le 30 octobre 1917[25].

 

Quant aux régiments d’infanterie territoriale : les 129e RIT d’Agen, 130e RIT de Marmande, 131e RIT de Cahors, 132e RIT de Montauban, 133e RIT de Toulouse, 134e RIT de Foix, 135e RIT de Mirande et 136e RIT de Saint Gaudens ; ils ne relevaient pas du XVIIe corps d’armée de Toulouse. Nous trouvons cependant des ariégeois morts pour la France dans ces unités. Il en est ainsi dans :

 

- le 132e RIT

Stationné à Montauban, régiment du lieutenant Alphonse Tremesaigues, né le 10 novembre 1872 à Mirepoix et mort de maladie à l’hôpital de Montauban le 14 novembre 1918[26] .

- le 133e RIT

Stationné à Toulouse, régiment du soldat Louis Pons, né le 1er  mai 1875 à Gabre, tué le 27 janvier 1915 à Ammerzwiller[27] .

- le 134e RIT 

Stationné à Foix, régiment du soldat Amédée Demay, incorporé dans l’Armée des Alpes, au sein de la 91e division d’infanterie, 182e brigade, originaire de Fougax-Barineuf qui disparaît à Breilh le Sec[28] .

 

- le 136e RIT

Stationné à Saint-Gaudens, régiment du soldat Jacques Agert, né à Arrout en 1875, tué le 14 janvier 1916 dans la Somme à Herleville[29].

 

 

 

Comme évoqué précédemment il est à rappeler que certains autres ariégeois étaient mobilisés en fonction de leurs aptitudes, de leurs desiderata ou des besoins du moment, dans d’autres régiments, tels :

- Paul Méric, résidant à Moulin Neuf, au 134e  RI[30] ;

- Lucien Aserguel, capitaine sergent major du 404e RI , né à Saint Paul de Jarrat le 13 novembre 1887, mort au combat au bois de Riquebourg (Oise) le 11 août 1918[31] ;

- Joseph Cancel, canonnier conducteur au 3e RAC de Castres, né le 10 janvier 1899 à Foix et mort de maladie le 25 octobre 1918 à Dôle[32] ;

- Jean Albert Maffre, maréchal des logis au 9e RAC de Castres, né le 25 novembre 1892 à Garanou et mort par éclats d’obus le 15 décembre 1914 à La Bassée (Nord)[33] ;

- Léon Delpech, brigadier au 5e cuirassier, né à Bélesta le 16 mars 1894, tué à la ferme de Bonnemaison dans l’Aisne le 30 mai 1918[34] ;

- Jean Auguste Taillefer, médecin major au 1er zouaves, né à Saint Jean du Falga, exhumé à Oosvleteren (Flandre occidentale)[35].

- Jean Escassut, quartier maître mécanicien à bord du patrouilleur auxiliaire l’Alexandrine, né à Lacourt le 25 août 1886, mort par noyade le 29 mars 1917 à Boulogne sur Mer[36] ;

- Maurice Sicre, soldat aérostier, originaire d’Axiat, exhumé à Châlon sur Marne[37] ;

- Raoul Henri Benoist, adjudant à la 1re formation d’aviation, originaire de Pamiers, exhumé à Épinal[38].

 

Il n’est pas rare de voir des soldats ariégeois, bien qu’affectés au 59e RI, servir successivement dans plusieurs unités, l’exemple nous en est donné en la personne de :

Léon Lafitte, né à Saint Paul de Jarrat, le 6 juin 1885, qui s’est engagé dans l’armée française le 11 novembre 1904 et incorporé au 59e RI. Mis en disponibilité le 23 septembre 1905, il est réformé  le 7 février 1907. Le 2 août 1914, il s’engage pour la durée de la guerre, affecté au groupe de brancardiers du 33e corps d’armée ; bien d’autres affectations lui seront données au cours de ce conflit[39].

 

En revanche des hommes originaires d’autres départements ont effectué leur service national dans le régiment d’active de l’Ariège, le 59e RI, tel le clairon Alfred Parens, né le 21 juin 1888 à Lannes (Gers), tué au champ d’honneur le 29 avril 1918 au Mont Noir[40].

 

Compte tenu de la dispersion des combattants d’origine ariégeoise dans les différents régiments nous nous limiterons au suivi de ceux dans lesquels nos soldats sont présents en plus grand nombre; nous rappelons qu’il s’agit  des unités du 17e corps d’armée rattaché  à la IVe armée.

                                        

Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,

Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre.
Heureux ceux qui sont morts pour quatre coins de terre.
Heureux ceux qui sont morts d'une mort solennelle.
Heureux ceux qui sont morts dans les grandes batailles,
Couchés dessus le sol à la face de Dieu.
Heureux ceux qui sont morts sur un dernier haut lieu
Parmi tout l'appareil des grandes funérailles.
Heureux ceux qui sont morts pour des cités charnelles.
Car elles sont le corps de la cité de Dieu.

Charles Péguy,
mort pour la France le 4 septembre 1914.

 

 

 

 

 

 

LA MOBILISATION EN CHIFFRES.

  Quelques données chiffrées, définitions et organigrammes qu’il est intéressant de connaître d’emblée pour rendre le langage militaire, souvent hermétique aux lecteurs non initiés, plus abordable et leur permettre de mieux appréhender le contexte de l'époque.

1- En France le premier jour de la mobilisation est le dimanche 2 août 1914.

2- L’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 Août 1914.

3- La France compte en 1914, 38 millions d’habitants.

4- Le 18 août, à la fin de la concentration, 2 700 000 soldats sont prêts à entrer en campagne, 680 000 sont dans les dépôts, 235 000 outre-mer, 65 000 sur mer, 200 000 territoriaux assurent la garde des voies de communication.

5- Pendant toute la guerre, 8,7 millions de soldats et de marins furent mobilisés, (6% de soldats indigènes, un tiers venu d'Afrique noire, la moitié du Maghreb) et 800 000 travaillèrent dans les usines d’armement en tant qu’affectés spéciaux.

6- L'armée de terre française compte, en 1914, 5 armées mises à la disposition du commandant en chef. Ces 5 armées se composent de 21 corps d'armée correspondant chacun à une région militaire. Un corps d'armée comprend un quartier général, deux divisions d'infanterie, une artillerie de corps, une cavalerie de corps, des formations du génie, des services de santé, vétérinaire, trésorerie, poste, prévôté. Il compte 38 000 hommes, dont 30 000 combattants et 13 000 chevaux, placés sous le commandement d'un général de division (2 étoiles).

7- Au 1er août 1914, il y a déjà 880 000 hommes sous les drapeaux : il s'agit des classes 1911 à 1913, qui forment l'armée d'active (nés entre 1891 et 1893 : 21 à 23 ans).

8- La mobilisation appelle 2 200 000 hommes des classes 1900 à 1910 qui forment la réserve (nés entre 1880 et 1890 : 24 à 34 ans) et 700 000 des classes 1886 à 1899 qui forment la territoriale (nés entre 1866 et 1879 : 35 à 48 ans). À ces hommes contraints, se rajoutent les 71 000 engagés volontaires, qui soit devancent l'appel (le record est à 15 ans) soit sont étrangers (ces derniers sont 26 000 en 1914).

9- Total : 3 877 000 hommes mobilisés en août 1914, sur une population de 38 millions d'habitants, formant 94 divisions : 47 d'active (chacune de 17 286 hommes), 25 de réserve, 12 de territoriale et 10 de cavalerie.                 .                   


 

LES CATEGORIES DES FORCES MOBILISEES.

Entre 1914 et 1918, huit millions d’hommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés soit 20% de la population.

Selon son âge, chaque homme doit s’acquitter de ses obligations militaires, passe par trois armées réglementaires différentes :

bullet l’armée d’active :

Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments d’active : numérotés de 1 à 176.

Elle est composée des hommes âgés de 21 à 23 ans c’est-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au delà. La durée du service est de 3 ans.

bullet l’armée de réserve :

Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments de réserve : numérotés de 201 à 421.

Elle est composée des hommes âgés de 24 à 33 ans c’est-à-dire nés entre 1881 et 1890. La durée est de 11 ans.

bulletl’armée territoriale :

Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale.

Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans c’est-à-dire nés entre 1875 et 1880. La durée est de 7 ans.

Le régiment d’infanterie territoriale, ou RIT, était composé d’hommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne d’active ou de réserve. Les Territoriaux ou Pépères, initialement chargés de la défense des places fortes, des côtes et des points stratégiques et des différents services de gardes, ont joué un grand rôle pendant la Première Guerre mondiale.

bulletla réserve de l’armée territoriale :

Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de 7 ans. Rapidement la réserve de l’armée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans c’est-à-dire nés entre 1868 et 1865. Elle n’est en principe, pas destinée à entrer en campagne.

 

 

L’ORGANISATION SOMMAIRE DE L’ARMEE FRANCAISE AU DEBUT DE LA GUERRE.

(Quelques définitions.)

 

LE CORPS D’ARMEE 

Il est constitué de deux divisions et d’éléments organiques ce qui représente sensiblement  40 000 hommes, 28 bataillons, 56 mitrailleuses et 75 canons. Il est commandé par un général 4 étoiles. L’Armée Française compte au début de la guerre 22 corps d’armée.

LA DIVISION 

Elle est constituée de deux brigades ce qui représente environ 15 000 hommes  dont 380 officiers, 3000 chevaux, 36 canons et 500 voitures. Elle est commandée par un général 3 étoiles.

LA BRIGADE

Elle est constituée de 2 à 3 régiments d'infanterie soit environ 7000 hommes dont 120 officiers. Elle est commandée par un général 2 étoiles.

LE REGIMENT D’INFANTERIE 

Il est constitué d’environ 3250 hommes dont 120 officiers, il comprend 150 chevaux et 60 voitures il s’articule en  3 ou 4 bataillons. Le régiment est commandé par un colonel. Il y a 173 régiments d'infanterie (RI) dans l'armée française en 1914 (En réalité, on en trouve le double car ils ont été dédoublés en régiments de réserve (n°200 à 373) et régiments d'active (n°1 à 173). Compte tenu de ses effectifs relativement nombreux, le régiment est généralement réparti  par bataillon sur deux ou trois villes de garnison.

LE BATAILLON

Il est constitué de quatre compagnies soit environ 1000 hommes et est commandé par un chef de bataillon. Il dispose d'un lieutenant adjoint, un médecin aide major, quatre sous officiers, deux caporaux et cinq hommes, d'un atelier téléphonique de sept hommes opérant sur deux postes.

LA COMPAGNIE

A la tête de sa compagnie, le capitaine a 254 hommes sous ses ordres (4 sections de 59 hommes), plus un sergent major, un sergent fourrier, un caporal fourrier et 15 soldats hors rang de spécialités diverses.

LA SECTION

Elle représente environ 60 hommes et est constituée de 4 escouades. La section est  commandée par un lieutenant, un sous-lieutenant ou un adjudant.

L’ESCOUADE  OU LE GROUPE

 

Elle comprend une dizaine d’hommes et est commandée par un sergent ou un caporal.


 

 

LES PRINCIPAUX EVENEMENTS DE LA GUERRE.

 

 

ANNEES

 

SUR LE FRONT

DE L’OUEST

 

SUR LE FRONT

RUSSE

 

SUR LE FRONT DES

BALKANS

 

 

1914

 

GUERRE

DE

MOUVEMENT

 

 

Août

Invasion de la Belgique, retraite

des armées françaises

Septembre

Bataille de la Marne : les Allemands sont repoussés jusqu’à l’Aisne.

Octobre-Novembre

Course à la mer, stabilisation du front.

 

 

Août

Hindenburg écrase

les armées russes  à Tannenberg

 

Août

Echec Autrichien en Serbie.

 

Décembre

Les Serbes reprennent

Belgrade

 

1915

 

ECHEC

DE LA GUERRE

DE POSITION,

 

RECHERCHE

DE LA DECISION

SUR D’AUTRES FRONTS

 

 

Septembre

Echec des offensives franco-anglaises de Champagne et d’Artois.

Echec des attaques en Argonne et dans les Vosges.

 

Août

Offensive Allemande

Victorieuse de la Baltique  au Dniestr.

 

Avril

à septembre

Echec de l’expédition

franco-anglaise des Dardanelles.

Octobre

Ecrasement de la Serbie

 

1916

 

IMPASSE

DE LA GUERRE

D’USURE

 

 

Février à décembre

Offensive allemande à Verdun

Juin

Bataille navale indécise du Jutland

Juillet à novembre

Offensive franco-anglaise sur la Somme

 

Juin

Offensive russe en Galicie.

 

Octobre

à décembre

Ecrasement de la Roumanie par les

Allemands.

 

1917

 

INTERVENTION

AMERICAINE,

 

CRISE

MILITAIRE

ET POLITIQUE

EN FRANCE,

 

SUPPRESSION

DU FRONT

RUSSE

 

 

A partir de février

Les Allemands mènent  la guerre sous-marine à outrance

Avril

Echec de l’offensive française au Chemin des Dames entraînant des mutineries.

Octobre

Défaite italienne à Caporetto.

Des renforts franco-anglais sont envoyés en Italie.

 

 

Mars

Révolution russe

Abdication du Tsar,

Effondrement de l’armée russe.

Novembre

2e révolution russe, prise du pouvoir par

les Bolcheviks.

Décembre

Pacte Germano-russe.

 

 

 

1918

 

REPRISE

DE LA GUERRE

DE

MOUVEMENT

 

 

Mars à juillet

Offensive générale Allemande

Juillet

Contre-offensive française victorieuse

Septembre

Offensives alliées victorieuses sur tous les fronts.

 

11 novembre

Armistice

 

 

Mars

Traité de

Brest-Litovsk.

 

Septembre

Capitulation de la Bulgarie.

 

Novembre

Armistice avec l’Autriche-Hongrie.

       

 

 

LA GUERRE DES REGIMENTS ARIEGEOIS

 

Années

59e RI

259e RI

134e  RIT

 

 

 

1914

La bataille

des Ardennes Belges (Bertrix)

 

La  1re bataille de la Meuse

(Perthes-les-Hurlus)

Retraite stratégique

De la Meuse

(Eton, Consenvoye)

Bataille de la Marne

(Ippecourt (Argonne), Osches et bois des Chevaliers)

Armée des Alpes (frontière italienne).

Camp retranché de Paris.

Secteur Nord (Beauvais).

Champagne. (Mourmelon , secteur d’Auberive)

 

 

1915

L’offensive

d’Artois

(Arras et la côte 200)

Bataille de

Verdun

(Béthincourt, Mort-Homme, Bois des Corbeaux (Meuse)

Champagne.

Somme.

Puis retour en Champagne

Création d’un 3e bataillon.

 

 

1916

Verdun

Avocourt

(côte 304, Mort-Homme)

La Butte de Mesnil et les Marquises.

 

Dissolution en avril, renforce

les 283e et 288e RI.

 

Somme.

Oise.

Retour dans la Somme.

 

 

 

1917

Le Mont Blond

(massif de Moronvilliers)

Le bois Bouchot

Les chevaliers

Rouvrois

Verdun

(Bois de Chaume).

 

Somme .

Alsace.

Belfort

Chemin des Dames.

 

Dissolution le 1er novembre 1917 (600 hommes intègrent le 88e RI)

 

 

 

 

1918

Bataille des Flandres

(le Mont Noir)

Forêt d’Apremont-Gironville

La Somme

(Lihons – Savy)

L’Oise

(Mont d’Origny -Guise).

 

 

 

 

TOULOUSE

MONTAUBAN

AGEN

EM du 17e CA

EM 34e DI

EM 67e Bgde

14e RI

83e RI

EM 67e DI

214e RI

133e RIT

EM 33e DI

EM 66e Bgde

11e RI

20e RI

EM 133e Bgde

211e RI

220e RI

132e RIT

EM 65e Bgde

9e RI

18e RA

209e RI

129e RIT

CAHORS

MIRANDE

AUCH

7e  RI

207e  RI

88e RI

EM 134e Bgde

288e RI

135e RIT

EM 68e Bgde

9e Rch

88e RI

288e RI

SAINT-GAUDENS

FOIX

PAMIERS

83e  RI

283e RI

136e RIT

59e RI

259e RI

134e RIT

59e RI

259e RI

 

MARMANDE

CASTELSARRASIN

CASTELJALOUX

20e  RI

130e RIT

11e RI

20e RI

 

 

 

LES GARNISONS DES UNITES DU 17e CORPS D’ARMEE

REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES UNITES DU 17e CORPS D’ARMEE ET DE LA 17e REGION MILITAIRE.

NOTA : Les régiments d’infanterie territoriale  (RIT) sont mobilisés sur place mais ne relèvent pas du 17e corps d’armée. Sitôt mobilisés, ils rejoignent une autre grande unité ; par exemple, le 134e RIT de Foix, rejoint la 91e division  d’infanterie territoriale dans les Alpes.

 

 

Toulouse

 

 

17e CA

 

Toulouse

Montauban

33e DI

 

34e DI

Toulouse

 

 

 

 

 

Agen

65e Brigade

 

67e Brigade

Toulouse

    Cahors

bullet 7e RI

 

bullet14e RI

Toulouse

      Agen

bullet 9e RI

 

bullet 83e RI

St Gaudens/Tlse

 

 

 

 

 

Montauban

66e Brigade

 

68e Brigade

Auch

 Montauban

bullet 11e RI

 

bullet59e RI

Foix/Pamiers

Marmande/ Montauban

Casteljaloux

bullet 20e RI

 

bullet 88e RI

Auch/Mirande

 

 

 

 

 

 

Appuis Divisionnaires

 

Auch

9e Rch

1 Escadron

Cavalerie

 

9e Rch

1 Escadron

Auch

Agen

18e RAC

3 groupes de 75

Artillerie

 

23e RAC

3 groupes de 75

Toulouse

Montpellier

2e RG

1 Cie 17/1

Génie

2e RG

1 Cie 17/2

Montpellier

 

 

 

 

 

 

Infanterie de Corps d’Armée

 

Cahors

207e RI

dissout en  mai 17

(65e Brigade)

 

209e RI

dissout en mai 17

(67e Brigade)

Agen

 

 

 

 

 

 

Cavalerie de Corps d’Armée

 

Auch

9e Régiment de Chasseurs à cheval (4 escadrons)

Auch

 

 

 

 

 

 

Artillerie de Corps d’Armée

 

Toulouse

57e Régiment d’Artillerie de Campagne (4 groupes)

(formé à partir des IV.V 18e RAC et IV.V 23e RAC)

Toulouse

 

 

 

 

 

 

Génie de Corps d’Armée

 

Montpellier

2e Régiment de Génie (compagnies 17/3,17/4,17/16,17/21)

Montpellier

 

 

 

 

 

 

Train de Corps d’Armée

 

Toulouse

17e Escadron du train des équipages militaires

Toulouse

 

 

 

 

 

 

Etat-Major et recrutement

 

Toulouse

17e Section de secrétaires d’état-major et recrutement

Toulouse

 

 

 

 

 

 

Santé

 

Toulouse

17e Section d’infirmiers militaires (SIM)

Toulouse

 

 

 

 

 

 

Administration

 

Toulouse

17e Section de commis et ouvriers militaires d’administration (COA)

Toulouse

 

ORGANIGRAMME DE LA 67e DIVISION D’ INFANTERIE

RATTACHEE A LA 17e REGION MILITAIRE LE 02 AOUT 1914.

 

Toulouse

 

17e RM

 

Toulouse

 

 

 

 

 

Toulouse

 

67e DI

 

Toulouse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Montauban

133e Brigade

 

134e Brigade

Mirande

 

 

 

 

 

Montauban

bullet211e RI

 

bullet259e RI

Pamiers

Toulouse

bullet214e RI

 

bullet283e RI

St Gaudens

Montauban

bullet220e RI

 

bullet288e RI

Auch/Marmande

 

 

 

 

 

 

Appuis  Divisionnaires

 

 

 

 

 

 

 

Cavalerie

 

Montauban

2 escadrons du 10e Régiment de Dragons

Montauban

 

 

 

 

Artillerie

 

Toulouse/Agen

3 groupes de 75 des 18e, 23e et 57e Régiments d’Artillerie de Campagne

Toulouse/Agen

 

 

 

 

 

 

Génie

 

Montpellier

13e,19e et 24e Cies du 16e Bataillon du génie

(rattaché au 2e régiment du génie)

Montpellier

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Régiments d'Infanterie Territoriale mobilisés en 17ème région Militaire

 

La plupart des RIT de la 17e RM sont rattachés à la 91e division d’infanterie territoriale de l’armée des Alpes.

 

 

 

 

 

 

Agen

129e RIT

 

133e RIT

Toulouse

 

 

 

 

 

Marmande

130e RIT

 

134e RIT

Foix

 

 

 

 

 

Cahors

131e RIT

 

135e RIT

Mirande

 

 

 

 

 

Montauban

132e RIT

 

136e RIT

Saint-Gaudens


 

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[1]  - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.1 - Université Paul Valery – Montpellier – 1994.

[2]  - site : http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/hrml/base1418.

[3]  -             - idem -

[4]  -             - idem -

[5]  -             - idem -

[6]  -             - idem -

[7]  -             - idem -

[8]  -             - idem -

[9]  -             - idem -

[10]                - documentation personnelle

[11]            - idem -

[12]                - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale -    Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.1 - Université Paul Valery – Montpellier – 1994. mais relevant du 7e R.I. dans le mémorial

[13]                - site : memorial

[14]                -              - idem -

[15]                -              - idem -

[16]                -              - idem -

[17]                -              - idem -

[18]                -              - idem -

[19]                - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H.

[20]                - monument aux morts de léglise de Saverdun

[21]                - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H.

[22]                - site : memorial

[23]                -              - idem - 

[24]                - site : memorial

[25]                - site : memorial

[26]                -              - idem - 

[27]                -              - idem - 

[28]                - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale -    Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.2 - Université Paul Valery – Montpellier – 1994.

[29]                - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H.

[30]                - Carnets de guerre 1914/1915 du sergent François COTHENET du 134° Régiment d’Infanterie.

[31]            - La Preuve du sang - Livre d’or du Clergé et des Congrégations 1914/1922 – Éditions de la Bonne Presse – Paris – 1925.

[32]                  - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H.

[33]                 - idem - 

[34]                - mémorial

[35]                - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.10v - Université Paul Valery – Montpellier – 1994.

[36]                - site : mémorial

[37]                - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.3 - Université Paul Valery – Montpellier – 1994. Non mentionné dans mémorial.

[38]                - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines – Annexe 16.7v - Université Paul Valery – Montpellier – 1994.  Non mentionné dans mémorial.

[39]                - Claude ALIQUOT – Témoignages religieux de la Grande Guerre – in site : Ministère de la Culture : in situ – n° 2011/16.

[40]                - site : Histariège.com.

 

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LE 59° REGIMENT D’INFANTERIE

A LA BATAILLE DE BERTRIX
22 août 1914.

 

Le 22 août 1914, le 59° Régiment d’infanterie, unité incorporée au sein du XVII° Corps d’Armée, lui-même relevant de la 34° division d’infanterie reçoit l’ordre d’aller combattre l’ennemi en Belgique, au nord-est de Sedan.

 

Parti de Muno le 59°, qui marche en tête de la 68° brigade, arrive à Offagne vers midi après une marche harassante en terrain forestier accidenté, une chaleur étouffante a fortement fatigué les hommes.

 

A 12h30, le colonel Eugène DARDIER, commandant du régiment, reçoit l’ordre de se porter sur Anloy en passant par Jehonville et Sart. C’est à la lisière du bois de Bertrix que la 1 section de la 10° compagnie, commandée par le chef de bataillon MIR, essuie les tirs allemands. Les premiers soldats ariégeois sont tués.

 

Par trois fois, les hommes du 59° s’élancent à l’assaut des positions ennemies bien à l’abri dans des tranchées protégées par des fils de fer barbelés. Bravant les tirs des mitrailleuses et des pièces d’artillerie, nos courageux combattants réussissent à enlever deux lignes de tranchées au prix de nombreuses pertes dont celle du chef de bataillon MIR. Prenant alors le commandement, le capitaine ANÉ repart à l’attaque mais ses hommes succombent sous le feu des allemands.

 

Vers 17h00 le colonel DARDIER s’élance à l’attaque avec le reste de ses troupes. Il est lui-même tué ainsi que de nombreux soldats de son régiment.

 

Au cours de cette bataille de Bertrix, les pertes du 59° régiment sont immenses : le colonel a été tué ; sur 1es trois officiers supérieurs un seul reste disponible ; les 2/3 des officiers subalternes ont été tués ou mis hors de combat ; le régiment a perdu plus du tiers de ses effectifs.

 

C’est au cours de ces affrontements que le soldat Louis AURIOL, né à Pamiers le 16 mars 1887, sera le premier soldat appaméen porté disparu au combat durant ce conflit. A l’issue des hostilités ses restes seront identifiés ; il sera inhumé au cimetière militaire d’Anjoy dans la province de Luxembourg en Belgique.

 

Comme beaucoup de familles françaises et ariégeoises, les AURIOL auront la douleur de perdre d’autres proches dans ce conflit. Ainsi la sœur de Louis : Marie Louise, verra son mari Étienne RAYNAUD, matelot chauffeur sur le paquebot réquisitionné l’Australien, disparaître en mer le 18 juillet 1918, lors du torpillage de ce bâtiment par un sous-marin allemand, entre la Sicile et la Tunisie.

 

 

 

 

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L’UNIFORME DU FANTASSIN FRANÇAIS
PENDANT LA GUERRE 1914-1918

 

 

Le "Pioupiou" d’août 1914[1].

Depuis la guerre de 1870 l’uniforme du fantassin français n’avait guère évolué, toujours aussi voyant avec son pantalon rouge "garance" qui en faisait une cible parfait pour l’ennemi et toujours aussi inefficace pour affronter la chaleur de ce mois d’août où la pluie et le froid glacial de l’hiver 1914/1915.                       

Son "barda" se composait:

de son uniforme:

-une paire de brodequins, modèle 1912; de jambières en cuir, modèle 1913; un pantalon rouge "garance", modèle 1877; un caleçon; une paire de bretelles en cuir à trois branches; une chemise; unképi rouge et bleu, modèle 1884; un ceinturon, modèle 1845; un mouchoir; une cravate bleue en coton; une capote de toile bleu, modèle 1877

de son sac à dos ou havresac (avec cadre en bois), modèle 1893:

- une chemise de rechange; des lacets de rechange; un bonnet de police; un élément de toile de tente collective.

. · de la musette contenant :

- une autre paire de brodequins ; une gamelle et divers ustensiles : ouvre boîte, quart, seau en toile ; une gourde d’un litre, modèle 1877, lorsqu’elle n’est pas attachée au côté ; une baguette de fusil ; les vivres du jour.

· de son armement :

- un fusil Lebel, modèle 1886, modifié 1893 ; une baïonnette, modèle 1886, dite "rosalie" ; trois cartouchières en cuir, modèle 1905, deux disposées en avant du ceinturon, une dans le dos.

 

Le "fantassin" de l’automne 1914.

Prenant conscience des carences de cet uniforme, l’État major dote le fantassin d’un nouvel uniforme  et d’équipements mieux adaptés dès l’automne 1914. Il fait distribuer des couvres képis et des couvre pantalons de couleur bleu et des rouleaux d’épaules pour les protéger du havresac. Pour les hommes qui n’ont pas encore reçu ce dernier équipement, elle ordonne de porter les pants de la capote relâchés de manière à cacher le plus possible le pantalon rouge "garance".

Le "Poilu" du printemps 1915[2].

Après la victoire de la bataille de la Marne, qui s’est déroulée entre août et septembre 1914, le commandement français fait adopter une nouvelle teinte pour l’uniforme de son armée : le  "bleu horizon", mais la livraison en sera longue.

Une nouvelle capote en tissu est conçue : la capote "Poiret" ; la culotte est en velours côtelé ; les bretelles de suspension et les cartouchières ne sont plus en cuir, mais en ersatz ; le ceinturon, modèle 1903 est adopté ; les bandes molletières deviennent  "bleu horizon" ; le numéro du régiment est mentionné sur le collet de couleur jonquille ; une petite musette en ersatz permet de loger le sachet de compresse contre les gaz et une lunette de protection.

Le "Poilu" de l’automne 1915.
L’adaptation à la guerre des tranchées.

Après les batailles de l'Artois en mai 1915 et celle de Champagne en septembre de la même année, le conflit s'enlise dans les tranchées. L'uniforme du fantassin français évolue, le fameux "bleu horizon" que ce soit pour la capote "Poiret", nouveau modèle, où le pantalon est standardisé. L'équipement de cuir fauve devient majoritaire, mais le principal changement est l'arrivée du casque d'acier "Adrian" qui protège des blessures à la tête. Les brodequins changent de modèle.

Le numéro de collet est désormais bleu horizon.

En ce qui concerne la protection contre les gaz, un nouveau modèle de tampon, le P2, ainsi qu'un nouveau sachet, le S2, sont mis en service.

                                                                                                                                                                                                    

Le "Poilu" du printemps 1916.

A partir de ce moment l’uniforme de l’armée française est quasiment définitif. Quelques aménagements sont néanmoins effectués : la brillance de la peinture du casque "Adrian" sous le soleil est atténuée par l’adoption d’un couvre casque.

La guerre  des gaz a fait adopter un nouveau masque, le M2, et son boîtier métallique.

Enfin, un nouveau fusil : le "Berthier" plus pratique à utiliser avec des lames à cinq cartouches plus rapide à recharger  est adopté pour l’infanterie.

 

                                                                                                                        Claude.ALIQUOT

 

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LA CONSCRIPTION ET L’APPEL SOUS LES DRAPEAUX.

 

Le texte fondateur établissant un service militairement obligatoire est la loi Chasseloup-Labat du 27 juillet 1872[1] pris au lendemain de la guerre de 1870 contre la Prusse. Le tirage au sort était maintenu : pour les mauvais numéros le service dans l’armée active était de CINQ ans et de QUATRE ans dans la réserve ; pour les bons numéros, de SIX mois à UN an. Même si elle supprimait toutes les formes de remplacement, elle restait inégalitaire. En effet, outre les exemptions pour malformations, elle laissait subsister beaucoup de dispenses, notamment pour les enseignants, les ecclésiastiques et les soutiens de famille. Un service volontaire d’UN an était réservé pour les bacheliers.

 

Toutefois, pour réduire la trop grande inégalité entre "bons" et "mauvais" numéros, la loi Freycinet du 15 juillet 18892ramena à TROIS ans la durée du service pour les mauvais numéros. Elle tenta également de créer un véritable corps d’officiers de réserve en proposant aux étudiants des grandes écoles, ou qui préparaient des carrières dans l’enseignement ou la magistrature, d’accomplir UNE seule année de service actif, sous le nom "d’engagés conditionnels" à charge pour eux de verser à l’État une indemnité compensatrice de 1 500 francs, ce qui était beaucoup pour l’époque.

 

Une nouvelle loi, en date du 21 mars 1905[2] dite "des curés sacs au dos" vient supprimer le tirage au sort, réduire la durée du service à DEUX ans et toutes les dispenses de service militaire. Désormais 85% des français porteront l’uniforme. Les réservistes sont tenus :

- de rejoindre leur corps en cas de mobilisation de rappel de leur classe et de convocation pour les manœuvres ou exercices ;

- de participer :

   - à des manœuvres de quatre semaines chacune pendant le temps de service dans la réserve de l’armée active,

   - à une période d’exercice de deux semaines pendant le service dans la réserve de  l’armée territoriale.

 

Le rescrit de 1912 lève l’irrégularité canonique encourue lorsqu’un ecclésiastique ou un religieux porte les armes.

 

 

- http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/organisation/loi_15...

 

 

Les tensions entre l’Allemagne et la France s’accroissant, imposent le vote de la loi Bardou, le 7 août 1913[3]. Cette loi fixe la durée du service militaire à TROIS ans, ONZE ans dans la réserve active, puis SEPT ans dans la territoriale et  SEPT ans dans la réserve territoriale, ce qui porte à 28 années la durée totale des obligations militaires. Elle autorise aux officiers de réserve la possibilité de participer à des périodes annuelles de quinze jours rémunérées. Elle permet à l’armée active de passer de 525 000 à 880 000 hommes et de créer ainsi dix régiments supplémentaires ce qui correspond à un  Corps d’armée, alors que l’armée allemande est passée durant cette période, de 675 000 à 830 000 hommes.

Les classes étant appelées l’année suivante de leur formation, à compter du 1° novembre, la répartition des classes d’âge en août 1914 s’opérait ainsi :

              Armée active                                       nés entre 1891 et 1892

              Réserve de l’armée active                    nés entre 1881 et 1890

              Armée territoriale                                nés entre 1875 et 1880

              Réserve de l’armée territoriale nés entre 1869 et 1874

 

Ainsi, lorsque le gouvernement français déclare la mobilisation générale le 1° août 1914, trois classes sont alors sous les drapeaux : la 11, depuis octobre 1912 ; la 12 depuis octobre 1913 et 13 depuis novembre 1913. La majorité de ces hommes fut envoyée rapidement au front.

.

Les hommes de la classe 1911 attendaient leur libération en octobre 1914. Ils resteront sous l’uniforme plus de SIX ans et DIX mois et feront partie de la classe la plus décimée.

 

Au cours du conflit, de nombreuses dispositions sont prises pour éviter la pénurie d’hommes sous les drapeaux. Ainsi :

- par décret du 14 janvier 1914, l’examen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1914 sont fixés au 16 février 1914 et devront être clôturés pour le 6 juin 1914[4] ;

- par décret du 2 septembre 1914, l’examen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1915 seront dressés sans délai devront être clôturés pour le (27 septembre 1914)[5] ;

- par décret du 3 décembre 1914, l’examen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1916 seront dressés, publiés et affichés dans chaque commune au plus tard le troisième dimanche de décembre 1914[6].

 

La loi du 15 mars 1915 décide que l’appel par anticipation de la classe 1916 serait faite par un arrêté du ministre de la guerre[7].

 

Il en est de même pour le recensement et la révision des classes suivantes :

- classe 1917, loi du 6 avril 1915, fixant au 25 avril 1915 la date de publication des tableaux de recensement[8] ;

- classe 1918, loi du 1° décembre 1916[9], complétée par le décret du 7 décembre 1916[10] précisant que l’examen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe commenceront le 28 décembre 1916 et seront clôturés le 14 mars (1917) ; en outre, les indigènes algériens inscrits sur les tableaux de recensement de la classe 1917 dressés en vertu du décret du 3 février 1912, modifié par le décret du 28 novembre 1913, et résidant dans la métropole, seront convoqués devant les conseils de révision métropolitains de 1a classe 1918  pour y être examinés relativement à leur aptitude ;

- classe 1919, loi du 2 janvier 1918[11], fixant au troisième dimanche qui suit la date de promulgation de la loi (soit le 20 janvier 1918).

 

Quant à l’appel sous les drapeaux de la classe 1918  par anticipation, il est décidé par la loi du 31 mars 1917 qu’il aurait lieu : aux Antilles, à la Guyane, à la Réunion, et dans les communes de plein exercice du Sénégal, en même temps que dans la métropole. Toutefois, les recrues de ces colonies seront incorporées et instruites sur place ou dans les régions voisines pour être, à partir du mois d'août 1917, utilisées au mieux des intérêts de la défense nationale.

 

Un tableau permet de concrétiser ces différentes situations :

 

                                                                   Appel sous les drapeaux

                                                        Date théorique                Date effective

              Classe 1914                            10/1914                      01/09/1914

              Classe 1915                            10/1915                      15/12/1914

              Classe 1916                            10/1916                      08/04.1915

              Classe 1917                            10/1917                      07/01/1916

              Classe 1918                            10/1918                      16/04/1917

              Classe 1919                            10/1919                      15/04/1918



                                                                            
Claude ALIQUOT

 

 

 

 

 


 

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[4] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 102.

[5] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 2572.

[6] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 3099.

[7] - Législation de la guerre de 1914-1918 : Lois, décrets, arrêtés ministériels et circulaires ministérielles, Volume 2, Editions F. Pichon et Durand-Auzias, Paris, 1915, page 60.

[8] - Législation de la guerre de 1914-1918 : Lois, décrets, arrêtés ministériels et circulaires ministérielles, Volume 2, Editions F. Pichon et Durand-Auzias, Paris, 1915, pages 102-103.

[9] -  Bulletin des lois de la République française, Tome 9, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1918, pages 472 et 473.

[10] - Bulletin des lois de la République française, Tome 8, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1917, pages 1953 et 1954.

[11] - Bulletin des lois de la République française, Tome 10, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1919, pages 7 et 8.

 

 

  

 

 

Gloire au 17°

 

Gaston MONTÉHUS

Légitime était votre colère,
Le refus était en grande foi.
On ne doit pas tuer ses père et mère,
Pour les grands qui sont au pouvoir.
Soldats, votre conscience est nette,
On ne se tue pas entre français;
Refusant de rougir vos baïonnettes
Petits soldats, oui, vous avez bien fait.

Refrain
Salut, salut à vous,
Braves soldats du 17e !
Salut, braves pioupious,
Chacun vous admire et vous aime !
Salut, salut à vous,
A votre geste magnifique !
Vous auriez, en tirant sur nous,
Assassiné la République.

Comme les autres, vous aimez la France,
J'en suis sûr; même vous l'aimez bien;
Mais sous votre pantalon garance
Vous êtes restés des citoyens.
La patrie c'est d'abord sa mère,
Celle qui vous a donné le sein;
Il vaut mieux même aller aux galères
Que d'accepter d'être son assassin.

Espérons qu'un jour viendra en France,
Où la paix, la concorde règnera !
Ayons tous au coeur cette espérance,
Que bientôt ce grand jour viendra !
Vous avez jeté la première graine
Dans le sillon de l'humanité;
La récolte sera prochaine;
Et ce jour-là, vous serez tous fêtés.

 

 

Le cri du poilu

Vincent SCOTTO (1916)
Interprété par Nine PINSON

V'là plus d'une année
Que dans les tranchées
Nos petits petit soldats
Loin de tout l'monde sont là bas
Quand dans la bataille
Ils bravent la mitraille
Ils n'pensent plus à rien
Qu'à tirer sur ces sales prussiens
Mais quand ils sont au  r'pos
Et qu'ils n'ont plus d'flingots
Couchés sur l'dos

A nos poilus qui sont au front
Qu'est c'qui leur faut comme distraction
Une femme, une femme
Qu'est c'qui leur f'rait gentiment
Passer un sacré bon moment
Une femme, une femme
Au lieu d'la sal' gueule des allemands
Ils aim'raient bien mieux certain'ment
Une femme, une femme
Cré bon sang qu'est-c'qu'y donn'raient pas
Pour t'nir un moment dans leur bras
Une femme, une femme

Quand en ribambelle
Y bouff'nt la gamelle
C'est vit' avalé 
En deux temps ça n'a pas traîné
Vautrés sur la paille
Allons vite ils baillent
S'faisant nom de nom
Presque tous la même réflexion
Et dans ces moments là
A quoi pensent-ils tout bas
Ne cherchez pas

A nos poilus qui sont au front
Qu'est c'qui leur faut comme distraction
Une femme, une femme
Quand ils ont bouffé leur rata
Qu'est-ce qu'ils demandent comme second plat
Une femme, une femme !
Sapristi pour calmer leurs nerfs
S'il leur arrivait comme dessert
Une femme une femme !
Quelle soit grande ou petite ma foi
Ça fait rien pourvu que ça soit
Une femme une femme !

Quand dans la tranchée
Ils passent la journée
Par les p'tits créneaux 
Ils envoient aux boches des pruneaux
Puis ils se reposent
Pensent à des tas d'choses
Qui leur font crénom
Passer dans tout l'corps des frissons
Avant de s'endormir
Ils ont dans un soupir
Le même désir

A nos poilus qui sont au front
Qu'est c'qui leur faut comme distraction,
Une femme, une femme
Il y'a tant d'amoureux là-bas
Qui pourraient faire plaisir à
Une femme, une femme
A ce moment c'est l'essentiel
Il faudrait qu'il leur tombe du ciel
Une femme, une femme
Et comme prière du soir
Ils disent : Bon Dieu ! faites nous donc voir
Une femme, une femme

 

 

Le texte fondateur établissant un service militairement obligatoire est la loi Chasseloup-Labat du 27 juillet 1872 pris au lendemain de la guerre de 1870 contre la Prusse. Le tirage au sort était maintenu : pour les mauvais numéros le service dans l’armée active était de CINQ ans et de QUATRE ans dans la réserve ; pour les bons numéros, de SIX mois à UN an. Même si elle supprimait toutes les formes de remplacement, elle restait inégalitaire. En effet, outre les exemptions pour malformations, elle laissait subsister beaucoup de dispenses, notamment pour les enseignants, les ecclésiastiques et les soutiens de famille. Un service volontaire d’UN an était réservé pour les bacheliers.

 

Toutefois, pour réduire la trop grande inégalité entre "bons" et "mauvais" numéros, la loi Freycinet du 15 juillet 1889 ramena à TROIS ans la longueur du service pour les mauvais numéros. Elle tenta également de créer un véritable corps d’officiers de réserve en proposant aux étudiants des grandes écoles ou qui préparaient des carrières dans l’enseignement ou la magistrature, d’accomplir UNE seule année de service actif, sous le nom "d’engagés conditionnels" à charge pour eux de verser à l’État une indemnité compensatrice de 1 500 francs, ce qui était beaucoup pour l’époque.

 

Une nouvelle loi, en date du 21 mars 1905 dite "des curés sacs au dos" vient supprimer le tirage au sort, réduire la durée du service à DEUX ans et toutes les dispenses de service militaire. Désormais 85% des français portent l’uniforme.

 

Le rescrit de 1912 lève l’irrégularité canonique encourue lorsqu’un ecclésiastique ou un religieux porte les armes.

 

Le recrutement de l’armée française


 

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[1] - Cette onomatopée est le titre d’une comédie d’Antoine François VERNER, créée en 1838. Elle fut reprise dans la chanson de Gaston Mordoché BRUNSWICK (dit Gaston MONTÉHUS (* Paris – 09 juillet 1872 / + Paris – 31 décembre 1952) "Gloire au 17°" composée à la gloire des soldats de ce régiment de ligne dont la 6° compagnie, qui, apprenant que la troupe avait, le 20 juin 1907 à Carcassonne, chargé les manifestants  suite à la crise viticole, pillèrent l’armurerie  de la caserne d’Agde où elle était casernée, se rendirent à Béziers le 21 juin et s’opposèrent pacifiquement, la crosse en l’air, face aux forces armées en place.

[2]  - Le terme "Poilu" a été entériné en 1916 par une chanson du compositeur Vincent SCOTTO (* Marseille – 21 avril 1874 / + Paris – 15 novembre 1952) et interprétée par Nine PINSON.

 

 

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Intervention Préfecture Ariège  07 /08/ 2014

 

« Au début de l’été 1914, partout le sang montait à la tête des nations… » écrit le grand écrivain autrichien Stefan Zweig dans son autobiographie « Le Monde  d’hier ». C’est en effet au terme d’une longue crise diplomatique, traduction d’un nationalisme de puissance amplifiée par le mécanisme des alliances, que le 3 août 1914, l’Allemagne de Guillaume II nous déclare la guerre.

Les ariègeois comme tous les français de métropole et des colonies se préparent alors à faire leur devoir.  Quel sont ces hommes qui pendant quatre ans vont connaitre l’enfer ? Ils sont pour la plus part d’origine modeste. Si l’écrasante majorité de la troupe se compose de ruraux : cultivateurs, salariés agricoles, domestiques... faisant de ce conflit une « guerre de paysans », nombreux sont les ouvriers, les artisans, employés... Mais les ariégeois mobilisés sont aussi pour parti issus de ces classes moyennes qui sont le fervent soutien de la république : commerçants, petits patrons, fonctionnaires, médecins, instituteurs... Ceux-là fourniront nombre de ces  « officiers de compléments » ou de ces sous-officiers encadrant la troupe. C’est donc là toute une nation, un peuple !      

         Et le tocsin qui sonne au clocher de toutes églises d’Ariège pour appeler à la mobilisation de ces hommes qui croient partir pour une guerre courte, fraiche et joyeuse selon l’expression consacrée, marque bien plus que la fin d’une illusoire « Belle Epoque », il sonne l’aube d’une véritable tragédie, une hécatombe humaine ! Et quelles pertes humaines ! Celles de générations pleines d'ardeurs : Au terme de quatre ans de conflits, on relève pour la France 1,4 millions de morts dont 27.000 tombés le seul samedi 27 aout 1914, la journée la plus sanglante de la guerre ! Prés de 30% des hommes de moins de 27 ans ont disparus...  Un millier de polytechniciens et de normaliens, la moitié des instituteurs...  Les forces vives du pays sont atteintes ! Cette guerre a été une tuerie et des lignées familiales entières y ont été anéanties... A ces disparus, il faut encore ajouter 4,2 millions de blessés, gueules cassées, traumatisés à vie, 750 000 orphelins et 700 000 veuves, à jamais inconsolables... Dans ce lourd bilan national, le grand sud-ouest n’est pas en reste : 162 000 morts soit un homme sur six qui a été tué. Plus de 17 % des hommes du 17eme corps ne sont jamais revenus.  L’Ariège seule compte 8000 morts !...

         Ce livre est le fruit des recherches d’un groupe de travail aux compétences variées qui rassemblent pêle-mêle des historiens, des experts militaires, des enseignants… Partis initialement sur les traces du 59eme R.I, le régiment de l’Ariège, sur celles du 259eme, son frère jumeau de réserve, et du 134eme régiment d’infanterie territoriale, nous nous sommes vite rendus compte que les ariégeois avaient servi dans bien d’autres unités : les 7e, 9e, 11e, 14e, 20e,  83e, 88e RI pour n’en citer que quelques unes dans l’armée de Terre. Retracer l’histoire des poilus ariégeois, nous a ainsi conduits à élargir notre recherche jusqu’à la Marine et l’aviation. C’est ainsi que tout le 17éme corps d’armée est rentré dans notre champ d’investigation. 

         Héros ou anonymes, officiers, sous officiers, petits grades ou simples soldats, ils sont tous frères d’armes par le sang versé et les sacrifices consentis, marqués dans leur chair et dans leur âme. Alors, à l’heure où les derniers acteurs de ce drame ont aujourd’hui tous disparus, à l’heure où désormais dans chaque village, la trace principale de cette guerre reste la litanie des noms qui s’égrène aux monuments aux morts, à l’heure où la mémoire de ce premier conflit mondial ne repose plus que sur des témoignages indirects ou racontés, il importait que le sacrifice et les souffrances endurées par nos ainées ne retombent pas dans le puits de l’oubli au moment même où on s’apprêtait à célébrer le centenaire de cette Grande Guerre, une guerre dont on espérait qu’elle fut la « der des ders ».

Qu’ils soient du val d’Ariège, du Couserans, du Quérigut,  du pays d’Olmes, du  Mirapicien ou de la vallée de la Léze ou de l’Arize, ces hommes pendant plus de quatre ans, faisant preuve de la plus totale abnégation, vont donner le meilleur d’eux même, jusqu’à leur vie sur tous les théâtres d’opération, de la tragédie de Bertrix, le 22 Aout 1914, tombeau des hommes du grand sud, aux féroces combats des Eparges en passant par l’enfer de Verdun ou le front d’Orient. Puisse cet ouvrage raviver la flamme du souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour que vive la France.

         Cet ouvrage avec ses 424 pages de texte, appuyé par l’exposition photo et les conférences qui l’accompagne, a pour ambition de rendre hommage à ces hommes.

         Face à l’ampleur de la tache qui était la notre, face à la complexité du sujet, face à la variété des sources, de la documentation et des témoignages que nous avons recueillis ou qu’on nous a spontanément apporté, nous avons opté pour une démarche globale chronologique. Ce choix offre l’avantage de permettre au lecteur une navigation plus facile entre les grandes charnières temporelles du conflit et autorise les passerelles avec d’autres ouvrages sur le même sujet, élargissant donc la polyvalence de l’ouvrage sur l’histoire des Poilus ariégeois. Chaque année étudiée fait en elle-même ainsi l’objet d’un chapitre spécifique. A l’intérieur, un découpage régimentaire par unité permet à chacun de se repérer plus aisément.

         Complété par son important cahier photo, sa riche cartographie et ses nombreuses illustrations, puisse ce travail témoigner du sacrifice de nos anciens et de leur foi en un monde meilleur...  C’étaient des hommes !

          Alors si cet ouvrage collectif permet de transmettre un peu de la mémoire de ceux qui avait l’espérance du progrès aux lèvres, il aura atteint son but : Faire que les générations à venir ne les oublie jamais,  car nous savons tous comme le disait  W. Chuchill qu’« un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre. »

Georges Patrick GLEIZE

 

 

 

 

 

 

 

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L'Association :

Pour commémorer le centenaire de la Guerre 1914 - 1918, une Association s’est créée à Pamiers sous la dénomination :

 

"Centenaire de la Grande Guerre en Ariège"

 

 

 

Elle projette :

 

- de publier un ouvrage relatant l’histoire des soldats ariégeois qui ont combattu lors de ce conflit dans les rangs des régiments dits ariégeois basés à Foix et à Pamiers : les 59° Régiment d’Infanterie, 259° R.I. et 139° R.I.T., mais aussi dans la plupart de ceux du XVII° Corps d’Armée qui couvre pratiquement l’ensemble de la région actuelle "Midi-Pyrénées" ;

 

- de réaliser une exposition itinérante de photographies de l’époque sur une trentaine de panneaux ;

 

- de proposer des interventions sur cette guerre auprès des établissements scolaires et des collectivités locales, à la demande ;

 

- d’offrir des conférences qui traiteront d’un aspect ponctuel d’un événement ;

 

- de produire des concerts sur des musiques contemporaines de cette époque.

 

Une convention a été signée avec le site : Histariège, pour la diffusion de ces informations.

 

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