Prades

 

 

Prades

 

 

Département de l'Ariège, Arrondissement de Foix, Canton d’Ax les Thermes

 

Altitude : 1078 / 1921 m

Longitude : 1° 52’ 42’’ E

Latitude : 42° 47’ 13’’ N

 

(Carte: Conseil Général de l'Ariège)

 

- Démographie

- Approches historiques

- Patrimoine

- Pour en savoir plus...

 

 

 

Superficie : 2897 ha

 

Démographie :

1806 : 871

1851 : 585

1856 : 540

1901 : 409

1921 : 268

1946 : 185

1968 : 97

1982 : 67

1999 : 47

 

Étymologie : Selon d’Assier, Prades dérive du celtique « Prados » (prairies)

Noms anciens : « Pradas d’Alio » et « Prades en Foix »

 

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Approches historiques :

 

 

Avant propos: Claudine Pailhès dans « Le comté de Foix, un pays et des hommes » (P. 405) fait la remarque suivante: « Que Prades soit le bourg le plus important mais que le chef lieu de châtellenie soit Montaillou est une des particularités du pays d’Aillou. Que Prades soit citée anciennement, même rarement, alors que Montaillou n’est connue qu’à partir du milieu du XIIIème siècle incite à penser qu’elle fut longtemps la seule communauté d’habitants. La communauté de Montaillou est sans doute née autour d’un château (le toponyme même le confirme), élevé par le comte en une meilleure position stratégique que ne présentait le site de Prades et sans doute assez tardivement » et sur une terre relevant exclusivement du comte de Foix.

 

Première mention de Prades (en Ariège) dans le Cartulaire de Boulbonne : le 23 août 1007, Pierre, fils de Roger (comte de Carcassonne), donne à son frère, Raymond, la ville d’Ax et des alleux, dont l’église de Prades.

Dans une bulle du 30 novembre 1118, le pape Gélase II confirme la donation de l’église Saint Pierre de Prades à l’abbaye de Lagrasse.

Au commencement du 12éme, Don Pedro II, roi d’Aragon, confisque les terres que le seigneur Bernard 1er d’Alion avait en Cerdagne et les donne au comte de Foix, Raymond Roger.

1235 : mariage de Bernard d’Alion avec Esclarmonde, la sœur de Roger Bernard, comte de Foix

13éme siècle : Mise en cause d’habitants, dont Bernard d’Alion, dans l’hérésie cathare 

Le 25 Avril 1256, le comte de Foix passe  un compromis, avec Guy de Levis, au sujet de la délimitation « des montagnes et pâturages de Belmont, Fraissinet, Lordat, Prades, Montaillou et Montférrier ».

1267 (le lendemain de l’Ascension) : Roger-Bernard, comte de Foix, restitue à Pierre Amiel de Lordat « la villa de Pradas »

 

Dans l’enquête menée en 1272 sur le dénombrement des terres formant le comté de Foix, il est fait mention du château de Prades (« castra de Pradis »).

De la fin du 12éme siècle  jusqu’au commencement du 16éme, Prades dépendra de la commanderie de Gabre ; puis jusqu’à la Révolution des commanderies réunies Capoulet et Gabre.

1308 : Béatrice de Planisolles, hérétique, y est arrêtée

Le 21 février 1310, Bernard de Son cède à Gaston, comte de Foix, le château de Prades en même temps que sa baronnie de Son contre la seigneurie de Miglos. Dans les années qui suivent, la seigneurie de Prades connaît un nouvel essor sous l’autorité de Marguerite d’Angoulême, sœur de François 1er, reine de Navarre et comtesse de Foix ; Elle fit réédifier le château fort connu sous le nom de Château de la reine Marguerite. Prades fait partie de la châtellenie de Montaillou (Esquerrier)

Depuis Eléonore de Comminges qui épousa, en 1324, Gaston II de Foix, toutes les comtesses de Foix, jusqu’en 1607 (réunion à la couronne de France), prirent le nom de « seigneuresse de Montaillou et de Prades ».

 

1390 : le dénombrement de « Pradas » donne 67 feux. On y trouve un vassal de l’abbé de Teco (à Gaillac, Tarn) + 7 vassaux du château de Varilhes (Gaillard de Saint-Martin, châtelain de Varilhes) + un vassal de la famille de Planissolles + du comte de Foix + 2 de l’hôpital de Capoulet + 2 de Pons de Lordat

3 autres lieux de Prades sont recensés (inclus dans Prades) : « Dentz lo fort de Pradas » (dont les vassaux sont du comte de Foix, de Guilhem Berenguier, du châtelain de Varilhes et de Ramon de Miglos), « Fora le fort » (vassaux du comte de Foix, de Ramon de Miglos, de Guilhem Berneguier, du châtelain de Varilhes ; de Pontz de Lordat), « Creys de Pradas » (Il s’agit de maisons construites à Prades depuis le dénombrement de 1368 : vassaux de Pontz de Lordat)

 

 « Pradas d’Alio » (1445) est à la châtellenie de Montaillou (mention d’un moulin à blé).

 

 

L’année 1631 connut une épidémie de peste qui anéantit la population de Prades (une note du vicaire de Prades annonce 800 morts entre les mois de juillet et décembre ).

Quelques années après, en décembre 1648, un incendie détruit presque entièrement la ville de Prades et une partie de son église dédiée à saint Pierre.

Au 18éme siècle, la seigneurie de Prades (et de Montaillou) qui appartenait à la famille de Bonnac est acquise par la famille de Traversier de Montauriol, seigneur d’Amplaing, qui habitait le château de Montaillou dit du Castellas

 

A la veille de la Révolution, Prades avait droit d’entrée aux Etats en 1765, en général le 1er consul

 

Ordonnance du 29 novembre 1826 : les communes de Prades et de Comus (Aude) seront délimitées par les ruisseaux de la Trace et de Comus

 

Cl. Pailhès dans  « La vie en Ariège au XIX° siècle",  note que Prades perd 30% de ses habitants entre 1831 et 1846 et qu'en 1838 : un pradais sur 7 mourut de la typhoïde

 

1896 : Prades comporte 122 maisons pour 123 ménages et 443 habitants

 

Au début du XXéme siècle, deux instituteurs et un curé y exercent alors que Prades est  réputé pour ses légumineuses et en particuliers pour ses lentilles (principale ressource)

 

Pour ce qui est du religieux, Prades dépend du doyenné de Haute Ariège et du secteur paroissial d'Ax les Thermes comprenant: Ax les Thermes, Ascou, L'Hospitalet, Ignaux, Mérens les Vals, Orgeix, Orlu, Prades-Montaillou, Sorgeat

 

Anecdotes:

Beaucoup d'habitants, au XIXème siècle, émigrent vers le Sénégal (voir « Les Ariégeois au Sénégal (1849-1918) » par F. Baby, BSA 1981, p. 195 et suiv.)

Claudine Pailhès dans « La vie en Ariège au XIX° siècle » rappelle le conte « la Caça singuèra » ou le « Dialogue de Prades » qui narre comment à Prades on tua un veau qu’on avait pris pour un ours

 

 

 Municipales 2008:    76 Inscrits

 

 

 

 

Patrimoine :

 

- Ruines du château dit de la Reine (16éme) : Enceinte flanquée de tours du château du 13éme de la reine Marguerite, sœur de François 1er.

Quadrilatère avec portes monumentales (vers 14ème siècle ?), mais mention en 1272. Grosse fortification pour un village de montagne… ; château non classique… (fortifications…) ; épaisseur des murs : 1,5 m

 

  Fortifications

 

Le comte de Foix reprend le contrôle de la région vers 1274 (voir Montaillou)

- Porte (avec une herse)

              

- Église dédiée à st Pierre, ruinée par un incendie en 1648 (clocher bâti en 1558 et exhaussé en 1836) et restaurée ensuite : intérieur peint en 1866 par Pédoya

 

 

 

 

- Fontaine du 19ème :

 Remplaçait un puits du 13ème siècle qui a été remis à jour en 98-99, juste à côté, sous un abri…            

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 -Puits du 13ème :                 

 

- Sources de l’Hers à la fontaine du Drazet

- Col de Marmare et de la Chioula (SI)

- Domaine du Chioula : 60 km de pistes

 

NB : remarquer les noms de rues : « de Dakar » ; « quai du Sénégal » rappelant l’émigration de la fin du XIXème 

 

 

Pour en savoir plus…

 

Cartulaire de Boulbonne

Histoire du Grand Prieuré de Toulouse, Dom du Bourg, 1882

« Un retable dans l’église de Prades (Ariège), construit en 1627 », F. Pasquier, BSA 1899

« Monographies villageoises en Sabarthès », Florence Guillot, 1999

 

Ordonnance de visite de l’église St Pierre et St Paul de Prades, 21 mai 1696 : ADA, G 59

Autre visite, novembre 1707 : ADA, G 59

Inventaire des meubles et immeubles de l’église de Prades (1632) : ADA E 154

Accord entre le chapitre de Mirepoix et le curé de Prades, au diocèse de Pamiers, relatif à la dîme à prélever sur les troupeaux qui vont passer l’été sur les terres de cette localité (23 juin 1684) : ADA, G 248 (fol 21)

Mandement de l’évêque de Pamiers confiant au curé de Prades le soin d’enquêter sur certain de ses paroissiens « qui, contre la croyance universelle de l’église, avec scandale du public et détriment de sa propre conscience, est dans l’erreur d’athéisme, ne croyant pas la résurrection des morts » (22 février 1649) : ADA, G 146 (4)

 

Dénombrements et hommages, 1668, 1735 ; état des droits domaniaux appartenant au roi, 1672 : ADA, 44 EDT, AA1

Plan des bois du consulat de Prades, 1668, copies de 1882 : ADA, 44 EDT, F6 (doc 10)

Plan des bois de la Veine et la Palommière appartenant au roi (1738) : ADA, 44 EDT, F6 (doc 23)

Plan de la forêt royale de Loursat et du Basqui (1749, copie 1859) : ADA, 44 EDT, F8

Divers : ADA, 19 J 110

Plans divers et dossiers aux ADA : 2 O 1235 à 1244 (écoles, cimetière et chapelle, eau…)

 

 

NB : 1765 : « il y a un notaire qui habite Belcaire »

 

Sites Internet :

 http://mairie.wanadoo.fr/prades.ariege

 http://portaildescommunes.cg09.fr

http://perso.orange.fr/prades.ariege

 

Armorial (1697) : D’azur, à une croix d’or

   (Réalisation: Y.A. Cros du Cercle Généalogique de Languedoc)

 

 

Terrier : 1672 (ADA 44 E DT)

 

Registre de catholicité  le plus ancien : 1632

 

 

 

 

(Étude : J.J. Pétris; participation d'Y.A. Cros

Photos: J. Guérola et J.J.P.)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé concernant Prades (« Les Ariégeois au Sénégal (1849-1918) » par F. Baby, BSA 1981, p. 195 et suiv.)

J.B. Vézia : ariégeois au Sénégal :

Né en 1829 ; orphelin à 13 ans. Émigre sur Bordeaux où il travaille dans une entreprise de commerce qui l’envoie au Sénégal (Gorée) où il gère les transactions (essentiellement d’arachide), construit des entrepots et se constitue un capital. Il rentre en France pour ouvrir un commerce de graines à Toulouse. Entre temps, Vézia fait venir des jeunes de Prades au Sénégal

 

Louis Vézia (sans lien de parenté avec J.B.) : né en 1851, débarque au Sénégal à moins de 17 ans en 1868. Il fonde un commerce d’importation en 1876. Lui aussi fait venir des pradois au Sénégal. En 1914, il emploie 68 Européens dans sa dizaine de factoreries.

 

« Il y a eu 68 départs de Prades entre 1885 et 1918, soit au moins un par famille »

Il ajoute : Sur 68 émigrés pradois, 64 sont déjà au Sénégal avant l’âge de vingt ans »

« L’agriculture (au milieu du 19ème) reste précaire, tend à se spécialiser dans la culture du choux, des pois et surtout des lentilles… » (F. Baby)