Rabat

 

Rabat les Trois Seigneurs

 

 

Département de l'Ariège, Arrondissement de Foix, Canton de Tarascon sur Ariège

 

Altitude : 548 / 2196 m

Longitude : 1° 33’ 10’’E

Latitude : 42° 51’ 21’’ N

 

(Carte: Conseil Général de l'Ariège)

 

- Démographie

- Approches historiques

- Patrimoine

- Célébrités

- Pour en savoir plus...

 

 

 

Surface : 2696 ha

 

Démographie :

1806 : 1074

1851 : 1544

1856 : 1434

1901 : 838

1921 : 649

1946 : 410

1968 : 260

1982 : 312

1999 : 262

2006: 279

 

 

Approches historiques :

 

Site préhistorique

1ére mention en 1095 de Amiel de Rabad dans un traité du comte de Foix

1118 : l’église Sainte Marie de Rabat (en Ariège) appartient à l’abbaye de Lagrasse.

1160 : donation à l’abbaye de Boulbonne des montagnes de la paroisse de Rabat ; la famille de Rabat est coseigneur de Mirepoix (HGL)

1162 : l’église de Rabat appartient à l’évêché de Toulouse

1213 : Le « castrum de Ravado » et celui de Miramont dépendent du comte de Foix sous la suzeraineté de Pierre II d’Aragon (Fl. Guillot)

1228 : rappel que l’église Sainte Marie de Rabat appartient à l’abbaye de Lagrasse

1230 : Le comte de Toulouse rend au comte de Foix les droits qu’il possède dans le castro de Rabat

1238 : Guillaume Bernard d’Arnave et Loup de Foix sont seigneurs de Rabat

Mise en cause dans l’hérésie cathare d’habitants et de la famille seigneuriale de Rabat (y compris dans le massacre d’Avignonet, opéré par la garnison de Monségur où vivait Guiraud de Rabat, gendre de Raymond de Péreille et coseigneur de Mirepoix). Nombreux parfaits à Rabat. En 1247, le comte de Foix confisque les biens de Raymond de Rabat pour cause d’hérésie  et fait raser le château de Miramont qui avait servi de refuge aux hérétiques et notamment Bernard Marty.

Le château est donné en gage de la promesse de Raymond-Roger au concile de Lavaur

 

1272 : la vallée et le château de Rabat font partie du comté de Foix.

 Début du 14éme : la seigneurie de Rabat passe dans la famille de Lordat (hommage de Sicard de Lordat en 1316 à Gaston II de Foix)

Rabat devient la 1ére baronnie du comté de Foix avec la venue de Loup.

En 1390 (« Ravat »), lors du dénombrement du Comté de Foix, l’on compte 64 feux (ce qui ferait, selon la règle controversée de Voltaire 288 habitants) : c’est, donc, à cette période là, l’une des cités les plus peuplées du Comté de Foix. Il y est fait mention d’une des 11 forges du Pays de Foix et d’un moulin appartenant au seigneur de Rabat et sénéchal de Foix, Corbeyran.

Le seigneur de Capoulet et Junac, Mondoya de Vone (fils de Margaride de Rabat), y tient une ferme

Corbeyran, seigneur de Rabat, en 1401 rend hommage pour Fornex, Rabat (avec le château), le lieu et château de Montfa, la moitié du lieu de la Bastide de Besplas, le lieu de Loubaut ; et en 1445 : Rabat et Gourbit

Ressortissait de la châtellenie de Quiè en 1450

1391 : Corbeyran de Foix (descendant de Loup de Foix), seigneur de Rabat (et de Fornex), est sénéchal du comté de Foix : origine de la famille Foix-Rabat.

 

Au 14éme siècle : biens temporels des cisterciens de Boulbonne et des bénédictins de Lagrasse

Les Foix-Rabat étaient, au 14éme, seigneurs de la vallée de Rabat, en Séronais, Montfa, Loubaut, la Bastide de Besplas, Fournex, Durban, Durfort, Saverdun, Crampagna et Ascou

 

1445 : Rabat appartient à la châtellenie de Quié

« Fin février 1496, le Parlement de Toulouse demande aux sénéchaux de Foix, Bigorre et Nébouzan at aux seigneurs de Montespan, de Rabat, de Mauléon et de Péguilhan, de se concerter sur les moyens de défendre les passages des Pyrénées centrales. Partout, les garnisons furent renforcées » (Ch. Bourret , P . 85, « Les Pyrénées Centrales du IXéme au XUXéme siècle »)

1593 : Charte de coutumes accordée aux habitants de Rabat (Gourbit, Aynat et Bédeilhac)

Existe un état du château de Rabat en date de 1631

Louis XIII mineur érige la baronnie de Rabat en comté en faveur de Henri Gaston de Foix-Rabat, comte de Rabat, vicomte de Massat, marquis de Fornex, Montfa, Mauvezin, Braasac, Loubens et autres lieux

La baronnie de Rabat perd son rang de 1ére baronnie du comté de Foix à la fin du 17éme (il n’y a plus d’héritiers) au profit de celle de Saint Paul de Jarrat.

 

1765 : siège de justice seigneuriale pour Rabat, Gourbit, Bédeillac, Aynat, Larnat

 

Cassini, dans ses cartes réalisées au milieu du 18ème siècle mentionne une forge au hameau des Carnies et un moulin sur la Courbière ; le château est déjà dit en ruines

 

Carte de Cassini (18° siècle)

 

Le 15 octobre 1801 (23 vendémiaire an X) : Rabat passe du canton de Saurat à celui de Tarascon

 

Rabat connaîtra la « Guerre des Demoiselles » et en 1848, à la proclamation de la république, il y a pillage des propriétés de Bergasse-Laziroule

 

Cl. Pailhès dans « La vie en Ariège au XIX° siècle » écrit: « En 1853, de mai à novembre, six tonnes de glace sont extraites chaque jour ou plutôt chaque nuit de la « glaciaire » de Rabat, un névé au pied des Trois Seigneurs, et expédiées à Toulouse ; les porteurs découpent des blocs d’environ 25 kg, les enroulent dans de la sciure et de la toile de jute et les chargent sur des mulets qui descendent, de nuit, jusqu’à Tarascon ; huit rouliers et 24 attelages sont employés à l’acheminement sur la grand’route qui prend deux nuits et un jour pour arriver à Toulouse. On perd par fonte un tiers de la glace mais il en reste assez pour alimenter les cafés toulousains et même pour en envoyer une partie par bateau jusqu’à Bordeaux »

 

Martinet à 5 feux et 5 marteaux (à coté de la forge) ; sa prise d’eau sur le canal de fuite de la forge

Mines de fer exploitées à la fin du XIX et au début du XXéme (par câble pour alimenter les hauts fourneaux de Tarascon)

 

Au début du XXème siècle, Rabat avait encore 4 instituteurs à Rabat, plus un à La Freyte

En 1896, Rabat comporte  292 maisons, 308 ménages pour 1128 habitants.

 

Par décret de 1931, la commune de Rabat est devenue Rabat les Trois Seigneurs pour éviter la confusion à la Poste avec la capitale du Maroc

 

 La commune se trouve dans le périmètre du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises  

 

 

NB: La vallée de la Courbière et de l'affluent gauche de l'Ariège à Tarascon: selon F. Baby, cette dénomination est récente (le fleuve de Rabact, 1591; la rivière de Rabat, 1678; La Courbière en 1832); elle repose sur l'idée de "toute en méandres".

 

Pour ce qui est du religieux, Rabat les Trois Seigneurs dépend du doyenné de Haute Ariège et du secteur paroissial de Tarascon comprenant: Alliat, Arignac, Arnave, Banat, Bompas, Capoulet, Cazenave, Génat, Gestiès, Gourbit, Illier et Lamarade, Lapège, Lercoul, Mercus-Amplaing, Miglos-Norgeat, Niaux, Ornolac-Ussat, Quié, Rabat les trois seigneurs, Siguer, Surba, Vicdessos (Auzat, Goulier, Orus, Sem, Suc et Sentenac)

 

Municipales 2008:  280  inscrits

 

 

 

Patrimoine :

 

- Cascade du Ressec (hauteur de 35 m)

- Pic des Trois Seigneurs : 2105 m  (La légende veut que les anciens seigneurs de Tarascon et de Vicdessos se réunissaient sur la grande dalle du pic, et qu’il était la propriété  des seigneurs de Rabat, de Massat et de Suc, d’où son nom) ; La Dépêche du samedi 22 novembre 2003 annonçait: « les croix du pic des Trois Seigneurs enlevées » (Installées en 1999 par Michel Sébastien et d’autres…, à 2199 m d’altitude, les croix ont été sciées)                                     

- Etangs

- Église ND de l’Assomption : décor intérieur : M.H.= 30/09/1992

 

Église de l’Assomption

 

 

"Dans cet édifice, l’absidiole côté nord, une partie du mur adjacent et les baies très étroites sont romanes comme est roman le demi-berceau du collatéral nord, mais le chœur, la nef et le collatéral sud sont du XVII° siècle et le clocher du XIX°. Les collatéraux sont en voûtes d’arêtes, tandis que le chœur et la nef sont couverts par un plafond.

Un retable en bois doré du XVII° siècle formé de colonnes torses garnies de pampres présente un exemple caractéristique de l’architecture religieuse rurale baroque"

(Cl. Aliquot, Conservateur des Antiquités et Objets d’art de l’Ariège)

 

Église mentionnée en 1118, dédiée alors à Sainte Marie (mais selon certains des VI et VIIéme siècles): romane carolingienne (Chœur, nef, bas côté nord du 15éme ; bas côté Est du 15éme ; Bas-côté sud du XVème avec fenêtre gothique derrière le retable (à remplage); Clé de voûte de la chapelle aux armes de Bertrand d'Ornezan, évêque de Pamiers sous Gaston Fébus. Peut-être at-on prolongé cette chapelle (la seule construite en pierre de taille: il s'agit probablement d'une chapelle seigneuriale) pour édifier le bas-côté sud (Note apportée par J.P. Durand). Clocher du 11éme ; 2 retables du 17éme; Grille du chœur de l’église (« don des forgeurs ») ; prolongée en 1845 de deux travées ; litre funéraire du 17ème aux armes de la maison des Foix-Rabat. Le troisième clocher est du XIXème siècle, tout comme la prolongation de l'édifice

Dans la chapelle : buste en bronze du Père J.B. Mortaize, sculpté par Grégoire Calvet de Cadarcet

 

- Maison du député du Tiers Etat, Bergasse-Laziroule

 

- Vestiges du château de Rabat (Durand ; description dans BSA 1895-1897). Voir aussi: http://www.paysdetarascon.com/chateau.htm

- Vestiges du château de Miramont sur la crête (1000 m d’altitude) séparant la vallée de la Courbière et celle de Saurat (description et plan dans « Monographie villageoises en Sabarthès », Fl. Guillot, 1999)

 

 

 

Célébrités :

 

- Famille de Foix-Rabat

- Georges Bergasse Laziroules : député de Rabat, maître de forges

- Argentou, né à Rabat : militaire (avec Laffitte)

- Jean Baptiste Mortaise : né le 5 mars 1796, supérieur général des Chartreux ; un buste en bronze se trouve dans l’église de Rabat (par Calvet, sculpteur de Cadarcet : 1914)

- Toussaint Nigoul, né à Rabat vers 1858 : journaliste, écrivain

 

 

 

Pour en savoir plus…

 

« Bernard de Caux », J. Duvernoy

« Jacques Fournier », J. Duvernoy

« Les origines probables de la maison des Foix-Rabat », BSA 1897

« Quelques châteaux du pays de Foix sous Louis XIII », G. Doublet, BSA 1895-1897

« Monographie villageoises en Sabarthès », Fl. Guillot, 1999

« Coutumes municipales de Rabat, au Pays de Foix, XVI° et XVII° siècles », F. Pasquier, BSA 1915 et 1916

« Rabat vous est conté », E. Carbonne, Seix, 1960

« Les montagnes de Rabat les Trois Seigneurs », M. David, BSA 1982

« Le développement des routes et des chemins en Ariège vu à partir de la commune de Rabat les Trois Seigneurs », David Maurice, BSA 1984

« Histoire de la maison de Foix-Rabat », Doublet G., BSA de 1897 à 1908

« L’évolution démographique de Rabat les 3 seigneurs de 1700 à 1850 » : R. Ferra

Découverte d’une grotte (65 m de long) : La Croix du 26 juin 1904

Visites de l’église, 1er juin 1696 et 9 juin 1696 : ADA, G 59

 « Coutumes municipales de Rabat : 16 et 17° » : BSA 1914, P. 224…

 Lacombe : BSA 1994

« Les montagnes de Rabat les Trois seigneurs », Maurice David, BSA 1982

« Le développement des routes et des chemins en Ariège vu à partir de la commune de Rabat les Trois Seigneurs », David Maurice, BSA 1984

Détails des équipements et outils de la forge de Rabat (1/4/1662) : 5 E 641, f°76

Sur l’origine des seigneurs de Rabat : voir Castillon d’Aspet,P. 310, 311 « Histoire du comté de Foix »

Sur l’église et son retable : BSA T5 (Réimpression P. 231)

« Tarascon et son canton : d’un siècle à l’autre », Roger Latour, 2002

« De Tarascon à Vicdessos : d’un siècle à l’autre », Roger Latour, 2004

Forge de Rabat, 1763 : ADA, 1 J 250

« L’Ariège et ses châteaux féodaux », A. Moulis

"Recensement des sites en pierre sèche, témoins du pastoralisme dans la vallée ariégeoise de la Courbière", J. Paul Durand, 2006

Sur Jeandillou Cabibel, dit le devin de Rabat, accusé de médecine en usant des herbes, etc… (XVIIème siècle) : ADA, G 149

Plans divers et dossiers: ADA 2 O 1280 à 1289 (école, foyer populaire, agrandissement de l’église de 1844, réparations à l’église de 1900, eau…)

 

 

Sites Internet :

 www.rabat-les-trois-seigneurs.com

 http://portaildescommunes.cg09.fr

 http://www.photosariege.com/album-1022234.html  (Photos Pic des Trois Seigneurs et Étang Bleu)

http://www.photosariege.com/album-327329.html  (Vallée de la Coubière)

 

Terrier : 1523 (ADA 46 E sup. 3)

Extrait cadastral, 15éme 

Terrier en langue romane (7 cahiers) : 1497-1523

Terrier (4 cahiers), 1673

Livre de Reconnaissances, 1593-1646

Cadastre, 1717-1788

 

Registre de catholicité le plus ancien : 1655

 

 

(Étude : J.J. Pétris et Cl. Aliquot, avec les apports de Jean-Paul Durand)