Divers

(Résistance et seconde guerre mondiale en Ariège)

 

 

Nous proposons quelques textes soit de documents généralement inconnus, soit de récits d’époque…

 

Liens Hypertextes :

- Arignac

- Arvigna

- Audinac (Enfants de Troupe)

- Foix

- Justiniac

- Lettre de collaboration

- Pamiers : Tribunal Populaire

- Préfet Libération

- Tendances politiques

 

-          Betchat

-          Castelnau-Durban

-          Libération Ariège

        -      Maquis

     -  Récit de déportation d’un responsable Guérilléro

- Tribunal militaire permanent de l’Ariège

-     Chant des maquisards FTP

- Comité Départemental de Libération

 

-     Les Enfants du Château de La Hille

         -  Rieucros : Plamplemousse

         -  Rimont

        - Tribunal Militaire spécial

        - Tribunaux du Peuple

 

-          Cour Martiale

-          Déportés

-          Douanes

 

-   Occupation

-    Epuration

-          Saint-Girons (Tribunal Militaire)

-          Saint-Girons : Comité local de Libération

-          Troupes Allemandes

-          Vernet (Le)

-          Vira

        -       Zone réservée

 

Lauquié : Lettre des élèves de Troisièmes du Collège Victor Hugo de Lavelanet à destination du Président du Conseil Général de l’Ariège, lue lors de la remise des prix du Concours de la Résistance le 14 mai 2008

 

 

Arignac

Rapport du lieutenant Lummert, fait à Pamiers le 4 septembre 1944, relatant la fin des combats de Prayols (20 août 1944) :

 

« Dans les hautes vallées de l’Ariège :

Le gros des Allemands se fait prendre du côté de Prayols. Une centaine a gagné la colline qui domine Arignac (Roc du Soudour).

Un pont saute ; derrière eux des volontaires sont aussitôt disposés de telle sorte que toutes les routes et tous les sentiers autour de la colline soient gardés.

Une voiture allemande Steyer est capturée. Butin inespéré : 15 mausers, une mitrailleuse spéciale, des munitions ad hoc et un mortier HS. Décidément, les maquisards deviennent redoutables. L’assaut de la colline est donné, la mitrailleuse, mise en batterie, tire plusieurs rafales, quelques grenades sont jetées, une fusillade éclate. De là-haut, les boches répondent par de timides salves. Le moral n’y est plus. Bientôt, ils agitent un grand drapeau blanc, un officier vient discuter des conditions de la reddition. Nos habits l’inquiètent. Il demande s’il a vraiment affaire à des français, et s’ils ne vont pas leur crever les yeux. « Maquis espagnol », balbutie-t-il ? « Vous avez à faire à l’armée française...»

 

 

Arvigna

Selon la commission des Crimes de guerre, la journée sanglante du 29 juin 1944 à Arvigna, est attribuée à des membres de la Gestapo :

 

Récit Maury  (en 1945) :

 « Il y avait là un château où pendant quelques temps avait cantonné un groupe de guérilleros. Quand les paysans se lèvent : des sentinelles gardaient toutes les issues. Presque aussitôt, le château est attaqué et la maison qu’occupaient les Espagnols dynamitée.

A 200 m de là : la ferme de Marti, exploitée par une famille d’espagnols. Le maquis s’y ravitaillait en lait et les camions qui ne pouvaient arriver au cantonnement dans la forêt s’y arrêtaient.

Cette famille avait été dénoncée. Les miliciens font irruption dans la ferme : le père est abattu d’un coup de crosse, les femmes et les enfants envoyés sous escorte au village, un des fils et les domestiques fusillés devant la porcherie. Ensuite, le feu est mis à l’étable et les corps jetés dans le brasier. La maison d’habitation fut pillée. Un taureau même fut abattu dans un pré à coups de mitraillette »

1 arrêté ; 4 tués dont deux jetés dans la maison en flammes.

 

 

Audinac les Bains

Cet ancien établissement thermal situé sur la commune de Montjoie en Couserans a été transformé en « Centre d’Education Bayard » (Enfants de Troupe devant s’engager dans l’armée) à la fin de l’année 1941. L’épopée de ce Centre est largement méconnue.

Nous proposons de consulter le site Internet des Anciens Enfants de Troupe qui y consacre quelques pages :

http://www.aet-association.org/aet/allocution_alain_boyer.pdf   et

http://www.aet-association.org/aet/ecoles/ecoles_disparues_france/7/aetecole_view

 

 

Betchat

Rapport de la Commission de recherches des crimes de guerre :

 

« Le 10 juin 1944, les Allemands ont attaqué le maquis de Betchat à la pointe du jour. Ils étaient commandés par un officier grand, blond, âgé de 45 ans. Ces Allemands étaient des SS cantonnés à Pinsaguel, ayant leurs blindés à Muret et venaient de la direction de Boussens. Ils étaient renforcés par des Allemands de St Girons et la Milice.

Le maquis de Betchat qui était prévenu de l’attaque s’était porté à Marsoulas (Hte Garonne) et lorsque les Allemands sont montés à l’attaque du village, ils ont été attaqués à coups de fusils et de grenades.

Surpris, les Allemands se sont repliés à une maison à mi-côte, utilisant ensuite leurs mortiers et leurs armes automatiques, ils sont repartis à l’attaque du village où ils ont massacré 25 personnes dont 4 enfants et pillé tout le village. Les maquisards purent s’enfuir dans les bois, à l’exception de 2 qui étaient montés sur le toit d’une église et qui furent tués au cours de l’attaque.

Les Allemands sont ensuite venus à Betchat, où ils aperçurent à la lisière le nommé Joube Jean-Marie qui essayait d’éteindre l’incendie allumé dans sa grange par une bombe incendiaire. Ils l’abattirent à coups de mitraillettes sans aucune explication.

Un peu plus loin, apercevant Mr Rives Jean-Marie rentrant chez lui, ils l’abattirent également à coups de mitrailleuses.

Mr Sajoux Philippe qui se trouvait devant sa porte, fut également blessé par le même tir. Les Allemands cernèrent, puis occupèrent le village.

Dans le village, se trouvaient 5 prisonniers allemands et 3 femmes capturées quelques jours avant par le maquis de Betchat. Ces prisonniers étaient gardés par le nommé Sirgant Pierre, maquisard qui avait mission de les abattre en cas de fuite ; mais l’attaque du village fut si brusque que Sirgant ne peut s’échapper ni remplir sa mission. Il fut pris par les Allemands, brutalisé, martyrisé, puis fusillé.

Les Allemands ont ensuite pillé toutes les maisons  incendiées : la grange de Mr Rivals, la maison de Mr Ducos Augustin et la grange de Mr Soula Bernard. Ils sont repartis le soir.

Ils sont revenus le 12 juin pour incendier la maison de Mr Ceres, prétextant qu’il y avait un dépôt de munitions.

Ils sont revenus quelques jours plus tard pour incendier la maison de Mr Galin, prétextant que c’était un refuge de maquisards, puis piller les maisons »

 

Précisions de la Cour de Justice (interrogatoires) :

 

Les miliciens X… et Y… disent qu’il n’y avait que des Allemands.

A Belloc, il y avait 10 camions (déposition Z…)

D’après le milicien X…, il y aurait eu 1200 Allemands. Ceci est confirmé par les autres miliciens Z… et Y…. Mais Marty, intendant régional de police et Pincemin, chef de la Milice, auraient été là.

Y… raconte que l’attaque fut déclenchée le matin à 6 heures ; le départ ayant eu lieu à minuit ; et Betchat, Salies, Ste Croix et Fabas devant être simultanément occupés. La poussée se fit dans la direction de St Girons et comme le maquis se repliait rapidement, le contact ne se fit pas.

D’après lui, les Allemands auraient tué une jeune fille à Fabas ; 2 hommes à Taurignan, l’ancien maire de Salies et 3 jeunes réfractaires.

 

 

Castelnau-Durban

Après la prise de Foix (le 19 août 1944), la bataille de Prayols contre une colonne allemande venant de la Haute Ariège, le 20 ; la prise de St Girons, le même jour, et la reprise par une colonne allemande venant de Luchon ; et le 21 août, l’obstacle de Rimont qui vaut à ce bourg d’être incendié, l’Ariège se débarrasse de la présence armée allemande à Castelnau-Durban (22 août 1944).

 

Toutes les forces résistantes de l’Ariège, renforcées par celles de départements voisins, stoppent la marche forcée des Allemands ou Mongols vers Foix : l’Ariège est libérée… après de rudes combats qui firent des victimes civiles et « combattantes », sans armée régulière spécifique.

Nous proposons le vécu de celui qui « parlementa le premier » avec les forces allemandes ce jour-là : il s’agit de Bénito Pérez dit « Oscar » (nom de guerre pour tous les résistants de cette époque). Article paru dans le « Journal de l’Ariège » du 8 octobre 2004 :

….

« On roulait et on s’avançait sans le savoir sur Castelnau-Durban. Tout à coup, nous sommes pris sous le feu d’une mitrailleuse qui nous oblige à nous arrêter. Nous sautons tous du camion et nous nous mettons à couvert derrière des rochers. Avec Gos, on positionne notre mitrailleuse et on commence à riposter.

A un moment donné, on ne sait pourquoi, ni comment, mais leurs mitrailleuse se sont arrêtées. J’ai fait arrêter la mienne et c’était un bienfait car il ne nous restait presque plus de munitions. Je dis à mes hommes qui étaient disposés à une vingtaine de mètres les uns des autres : « Restez-là, et ne bouge pas ! Il y a quelque chose qui se passe ! ». Comme j’étais sur le bord de la route, je me mets en position sur le côté dans le fossé et attends cinq minutes.

Un instant après, qu’est ce que je vois ? Une jeep allemande qui arborait le drapeau blanc et qui arrivait sur moi. Dès que j’ai vu ça, j’ai redit à mes hommes de ne pas bouger, de rester là et surtout de ne pas tirer.

Lorsque je me suis retrouvé à une dizaine de mètres de la jeep, je suis sorti du fossé et j’ai pris deux gars avec moi. Nous nous sommes avancés et la jeep s’est arrêtée. Comme je ne parle pas allemand, ils nous ont amenés un soldat de chez nous, que j’avais envoyé comme éclaireur et qui avait été fait prisonnier. Il s’appelait Lenoir. Je le fais venir et je lui dis : « Dis moi ce qu’ils veulent ? ». Il me répond : « Ils veulent se rendre avec la colonne, mais pas à la Résistance. Ils veulent se rendre à un groupement militaire Français reconnu ». Quand ils nous ont vus, ils se sont bien rendus compte que nous n’étions pas l’armée régulière. J’ai dit « que cela ne tienne, je vais arranger ça ! »

 

J’envoie une estafette chercher le commandant Bigeard qui était à Foix et qui s’appelait, à ce moment là, le commandant Aube. Alors, peut-être une heure ou une heure et quart après, le Commandant Bigeard arrive avec un Capitaine Anglais qui s’appelait Bill, et là, nous commençons à parlementer avec les Allemands. Le Commandant était avec ses galons, et là, les Allemands ont vu qu’ils avaient à faire à une unité combattante Française. Les Allemands réitèrent leurs souhaits de ne pas se rendre à la Résistance mais aux militaires. Bigeard parlemente avec eux par l’intermédiaire de Lenoir, et apprend que les Allemands veulent bien se rendre, mais sans les armes.

Le Commandant Bigeard se retourne alors vers moi et me dit : « Alors lieutenant ! Qu’est ce que vous pensez de ça ? C’est à vous, lieutenant, de prendre la décision ! ». Le Commandant Bigeard était seulement venu pour représenter l’armée régulière. Pendant le combat, c’était moi qui était là… lui, il n’y était pas ! Alors je réponds à Bigeard : « Vous savez mon commandant, on n’en rien à foutre des armes maintenant ! »/ Alors j’ai accepté la reddition comme ça. Aussitôt le Colonel Allemand s’est retourné vers ses hommes et leur à ordonné de détruire leurs armes.  Ils ont tous pris leurs fusils par le canon et ils les ont cassés sur les platanes de Castelnau-Durban. Ils ont fait cela à peu près pendant une demi heure. Par la suite, fatigués, ils ont jeté leurs armes comme ça sans les casser. Nous, on ne savait pas combien il y avait d’hommes. On ne l’a su qu’après ! Jusqu’à maintenant, nous n’avions vu que les officiers, mais les hommes qui étaient derrière, eux, étaient au nombre de 1540. On m’a demandé de les conduire jusqu’au camp du Vernet. Cela m’a pris toute la nuit, surtout qu’il a fallu tous les fouiller avant de partir ».

Note du journaliste : « C’est ainsi que Bénito Pérez alias « Oscar », représentant les FFI, est cosignataire du document de la capitulation avec le Commandant Bigeard alias « Aube », Délégué Militaire de l’Ariège et le Commandant Schöpplein, chef du 1er Bataillon de la Légion du Turkestan.

Au sujet de Lenoir… Des Allemands ont témoigné et ont confirmé que Lenoir qui était leur prisonnier et qui parlait allemand leur avait dit : « Vous êtes complètement encerclé. Il y a au moins quatre mille hommes tout autour de vous ! ». Suite à ces propos, les Allemands auraient pris peur. »

 

 

En complément, notons l’article de Claude Delpla dans la « Dépêche du Midi » du 6 septembre 2004 :

 

« Les négociations ont commencé sous le pont du chemin de fer de Ségalas. Il y avait là les chefs des guérilleros, « Royo » et « Robert » ; les responsables FTP Gos, Pérez (« Oscar ») et Calvetti, puis Bigeard et Probert. Le lieutenant-colonel Souyris, « Aubert », chef des FFI, a quitté d’urgence le front, appelé par le préfet provisoire Prosper. C’est, en fait, le commandant Calvetti qui dirige les FFI, depuis Maury ou Durban.

Il assiste aux premières négociations, puis laisse sa place au lieutenant Pérez, « Oscar ».

Le général Bigeard, dans ses mémoires, accuse Calvetti d’avoir déserté et prend à partie à Foix, le 23 ou le 24 août. Il confond Calvetti et Souyris. Ce dernier a confié la direction des FFI de la bataille à Calvetti. Cependant, Souyris est parti régler des affaires urgentes, notamment à Saint-Girons. Il n’y a eu aucune désertion.

La capitulation allemande est signée à Ségalas, au croisement des routes allant d’une part à Castelnau, d’autre part à Durban, dans la maison de Rémi Soula.

C’est là que le commandant Théodore Schöpplein, chef du 1er bataillon de la légion du Turkestan ; le lieutenant Bénito Pérez, « Oscar » (un français de Bordeaux), représentant les FFI, et le commandant Marcel Bigeard, « Aube », délégué militaire pour l’Ariège, signent le document de la capitulation, sur une modeste table de cuisine.

C’est ainsi qu’à 19 h 30 (heure française) ou 21 h 0 (heure allemande), le 22 août 1944, à Ségalas, commune de Durban, la Seconde Guerre mondiale s’est achevée en Ariège.

Dans la soirée a lieu de dénombrement des prisonniers : 1542 militaires allemands et turkestanais. D’autres militaires sont arrêtés dans les jours suivants. Dans la colonne se trouvent tous les membres de la Gestapo (non militaires).

… Vers 2 heures, une longue colonne de camions chargés de prisonniers entre dans Foix, noir de monde, au milieu d’une foule survoltée. C’est la nuit de la victoire. »

 

 

Chant des maquisards FTP

 

Chant des maquisards

Transmis par André LAGUERRE dit "DEDE LAFRAISE"[1]

 

 

1)  Il est dans les taillis de France

Un régiment de jeunes soldats,

Ces gars là n'ont pas  chance

Les maquisards et  nous voilà.

On nous appelle les "réfractaires"

"Les terroristes»,"Les hors la loi",

Et pourtant, il n'y a rien à faire

La France on la libérera!

De notre peau, on s'en fout, on s'en fout!

 

 

REFRAIN:

Nous sommes de la Résistance

Et de De Gaulle les soldats

Et nous libérerons la France

De cette bande de renégats

Des Pyrénées jusqu' en Bretagne

La Victoire nous accompagne

Avec ceux de la Résistance

Alors, debout la France!

 

 

 

2) Les boches à notre poursuite

Voudraient nous faire travailler

Et nous avons tous pris la Fuite

Les laissant là se débrouiller

Les Miliciens voudraient nous prendre

Pour nous envoyer au Poteau

Mais ce sont eux qui se feront pendre

Cette bande de saligauds

Les "milicaux" au poteau, au poteau!

 


 

 

 

 

 

 

Comité Départemental de Libération (CDL)

Composition du Comité Départemental de Libération au 25 août 1944  (Sources Robert Fareng):

 

MUR : De Nattes (Préfet, sans parti)

FN : Prosper (Imprimeur, du PC)

PC : Maury (Cheminot à Pamiers, PC)

PS : Costedoat (Colonel en retraite à Varilhes, PS)

Parti Radical : Durin (docteur à Saverdun, Parti Radical)

CGT : Galy (Ajusteur à Pamiers, PC)

CGA : Amardheil (Paysan, Pamiers, PC)

MNPGD : Grassin (Chef de cabinet du Préfet, sans parti)

PC : Palmade (Coiffeur, Pamiers, PC)

PS : Charria (Professeur, Foix, PS

Maris (Epicier, Pamiers, PS)

Michaud (Contrôleur PTT, Foix, PC)

« Suzanne » (Etudiante, MUR)

FUJP (Délégué): Fareng (instituteur, sans parti)

 

Ne siégèrent jamais : « Suzanne » et Grassin ;

 

Chaque membre assure un service :

Durin : Assistance ; Galy : questions ouvrières ; Amardheil : questions paysannes ; Palmade : police et internement ; Michaud : Transports ; Charria : presse et enseignement ; Costedoat : épuration ; Fareng : Milices Patriotiques, transports et enseignement…

 

S’installe en face de la préfecture dans les bureaux du Commissariat au Renseignements Généraux

 

A partir d’octobre, le CDL s’élargit : Grant, Caujolle (CGT, PC) ; Galy-Gasparrou (parti radical) ; Destrem (PS) ; Troy (PS) ; Gisquet (Démocrate Chrétien) et abbé Blanchebarbe pour Foix ; Rescanière de Saverdun ; Pibouleau et Thouvenin pour Lavelanet (PS) ; Builles, cheminot de Mercus ; Molinier de l’UFF

 

Septembre : un envoyé spécial de De Gaulle, le lieutenant Lasry spécifie son rôle : il n’a plus qu’un rôle consultatif auprès du préfet.

 

Il maintient le sous-préfet de Pamiers dans ses fonctions, de même que le secrétaire de la préfecture, Amade.

Mollins, Commissaire adjoint aux renseignements généraux est nommé chef départemental des Forces de Police ; Grassin, chef de bureau devient chef de cabinet du préfet.

A St Girons, le premier sous-préfet mis en place fut Mr Prat, ingénieur des Ponts et Chaussées. Sur l’intervention de Calvetti, il est démis de ses fonctions au profit de Delnondedieu qui venait d’être libéré de la prison St Michel

 

 

Cour Martiale

La Cour mariale du Département de l’Ariège est crée par arrêté du Commissaire de la République le 0/9/44.

 

Siège : chef lieu

Doit juger crimes et délits portant atteinte à la défense nationale et qui, peuvent être traduits directement et sans instruction préalable.

Comprend : un président (officier supérieur), 2 juges (officiers subalternes et un sous-officier ou soldat), un commissaire du gouvernement.

La procédure est celle du Tribunal militaire sauf l’ordre de mise en jugement qui est signé par le commandement de la subdivision.

Un avocat est nommé d’office pour la défense.

L’exécution du condamné est immédiate

 

Composition :

Président : Chef de bataillon Gardelle

Juges : commandant Gisquet, sergent Galy

Commissaire du gouvernement : chef de bataillon Biragnet

Substitut : Commandant Destrem

Greffier : sous-lieutenant Clastres

Huissier : sous-officier Guyon

Président suppléant : chef de bataillon Brossette ; juge suppléant : Ané

 

*

 

Installation : le 13 septembre

Un seul jugement, le 14 septembre

Abrogée par le commissaire de la République le 19 septembre

Remplacé par le Tribunal permanent de l’Ariège, créé par arrêté ministériel le 16 septembre

 

Déportés

Chiffres fournis par le Comité des Oeuvres Sociales des Organisations de la Résistance :

 

Fin 44 :

Déportés de France : 40

Evadés de France : 40

Tués et fusillés : 132

Mutilés et blessés : 37

 

Début 45 :

Internés français et étrangers : 70

Déportés français : 210

Déporté étrangers : 80

Déportés français rapatriés : 111

Déportés français morts ou sans nouvelles : 99

Etrangers morts ou sans nouvelles : 40

 

(Cl. Delpla estime à 450 pour l’Ariège le nombre des déportés, soit un déporté pour 330 habitants ; ce qui représenterait le taux le plus élevé en France. Il faudrait y ajouter les israélites et les internés du Vernet)

 

Douanes

Postes de douanes en 1943 :

 

Tarascon

20

Depuis le 28/4/43

Ercé

22

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L’Hospitalet

22

‘’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’’

Mérens

14

‘’’’’’’’’’’’’’’’

Les Cabannes

14

‘’’’’’’’’’’’’’’’

Luzenac

14

‘’’’’’’’’’’’’’’’’’’’

Sentein

28

25

20/04/1943

25/2/43

Orgibet

13

25/2/43

Couflens

15

11

?

1er/3 :43

Aulus

20

 

Siguer

5

 

St Girons

1 poste avec officier

 

Castillon

18

 

Ustou (Trein d’Ustou)

6

14 (et 1 gradé)

+ 6

 

18/4/43

Ornolac/Ussat

15 douaniers et 2 gradés

+ 3 S.O. (le 16/03)

 

Ustou (Slillon)

6

Depuis le 18/04

 

Epuration

Le nombre d’exécutés, pour ce qui concerne l’Ariège, reste une inconnue… L’emblème de cette période trouble étant Pamiers : cas spécifique en France…  (Lire l’étude de Pierre Laborie « Entre histoire et mémoire, un épisode de l’épuration en Ariège : le tribunal du peuple de Pamiers, 18-31 août 1944 » parue dans le Bulletin des Amis des Archives de l’Ariège « Pays Pyrénéens (XVI°-XX° s.) Pouvoirs centraux… » T. 2 (Archives départementales de l’Ariège, 59 ch. De la Montagne, 09000 FOIX. Prix : 27€ 50 les deux Tomes)

 

Pour le moins, les chiffres suivants peuvent être avancés :

 

Du 19 août au 24 octobre 44 :

- Pamiers : (19 au 30 août) : 34 fusillés (+ 2 tués en prison)

- St Girons : (2-4 septembre) : 8 prévenus ; 8 exécutions

- Tribunal militaire spécial (5-6 septembre) : 8 prévenus ; 6 exécutions

- Cour martiale de l’Ariège (13-14 septembre) : 2 prévenus ; 2 exécutions

- Tribunal militaire permanent (19 septembre- 25 octobre) : 13 prévenus ; 4 exécutions

 

*

 

Si l’épuration en Ariège a commencé dès la prise de Pamiers (17 Août 1944) avec comme épicentres Pamiers, Foix et Saint-Girons, il est demandé le 24 septembre 1944, au niveau des communes (via le CLL) de créer des « Commission d’épuration ». Ci-dessous, la circulaire qui a été envoyée aux communes :

 

Commission d’épuration : La Commission d’épuration est placée sous la présidence du Président du Comité de Libération. Ses membres doivent être choisis parmi ceux qui ont fait preuve d’une activité incontestée dans la résistance. Ils doivent présenter toutes les garanties aux points de vue moralité et intégrité. Une indépendance absolue doit présider aux décisions de la commission.

 

Rôle de la Commission : La Commission doit établir deux sortes de listes :

A-    Liste des criminels de guerre : Cette liste comprendra les miliciens, agents de la gestapo, membres du P.P.F., ou tous ceux qui auront livré à la police de Vichy un maquis ou une organisation de la résistance (qu’ils soient actuellement libres, arrêtés ou en fuite). Cette liste comprendra également les chefs d’entreprise qui ont travaillé pour l’ennemi de leur propre gré.

 

B-     Agents indirects de l’ennemi et collaborateurs : cette liste comprendra tous les collaborateurs qui, par leurs propos, leur action ou leur propagande, auront nui à l’intérêt de la Nation et favorisé la tâche de l’ennemi. Elle comprendra également les journalistes ayant rédigé des articles en faveur de l’ennemi, les fonctionnaires ou magistrats qui auront facilité sa tâche, les commerçants, paysans ou intermédiaires qui auront fait du marché noir dans un but lucratif.

Cette liste sera établie sous forme d’un tableau de 4 colonnes, comprenant les noms et prénoms, profession, corps du délit, peine proposée.

Les peines pouvant être proposées sont les suivantes : déchéance des droits politiques, emprisonnement, travaux forcés, déportation, amende, confiscation partielle ou totale des biens, peine de mort. Pour les fonctionnaires, magistrats et professions libérales, pourront être en outre proposées : la suspension, révocation avec ou sans retraite, interdiction d’exercer la profession. Des peines moins graves peuvent être proposées dans certains cas.

Des dossiers seront établis pour chaque inculpé. Les listes et les dossiers seront signés par le Président de la Commission ou son suppléant et adressés dans le moindre délai au Comité de Libération du (nom du chef-lieu de canton).

 

Les Circulaires de Mr le Commissaire de la République et de Mr le Préfet invitent les Commissions d’épuration à se montrer extrêmement sévères  pour l’établissement de ces documents. En effet, s’ils doivent être rédigé avec toute l’équité voulue, il ne faut pas perdre de vue que, dans les circonstances actuelles, toute faiblesse serait un crime envers la Patrie.

 

 

Chiffres avancés : Travail de la Commission  (au 9 juin 1945):

 

Affaires transmises à la Préfecture : 321

Affaires transmises à la Chambre Civique : 32

Affaires transmises au Tribunal : 57

Affaires transmises à divers services : 53

Affaires en cours : 62

=> Total des affaires instruites : 429

 

Foix

Témoignage de l’époque concernant la fin des combats de Foix (19 août 1944) :

 

Un groupe montait sur les hauteurs surplombant le lycée. Il était composait du lieutenant « Franc », de l’adjudant-chef Pradier et de l’adjudant Bauron, auxquels se joignirent des hommes du maquis dans des conditions rapportées par le lieutenant Franc :

 

« Nous attendions toujours, lorsque, montant par la rue des Salenques, je vis arriver deux hommes du maquis espagnol. Je leur fis signe de venir me rejoindre, fis ouvrir la porte de la cave de la Subdivision, et de là, je leur montrais un FM allemand qui arrosait toute la rue ; nous traversâmes une première fois la route pour essayer de nous en approcher, mais nous ne pouvions pas le voir. Pradier me rejoignit à ce moment-là. Nous montâmes sur une des hauteurs dominant le lycée (plateau du château de Bellissens). Les deux hommes du maquis étaient un Espagnol et un Canadien ; nous les accompagnâmes jusqu’à l’endroit où nous pouvions tirer sur le lycée. Le Canadien qui m’avait défendu de tirer sur le lycée et de tirer avec mon revolver, fut blessé au mollet gauche ; je lui fis un pansement et le ramenais à l’arrière. Je pris son fusil et ses cartouches tandis que Pradier restait avec l’autre homme. De retour au poste de combat, j’envoyais « Pradier » chercher du renfort.

Le deuxième homme fut blessé au cou ; je lui fais son pansement et le ramenais à la Subdivision car il était sérieusement touché. Je me mis en quête du chef des Espagnols pour obtenir du renfort, et, après des pourparlers assez longs, il me donna un groupe composé d’un FM, une mitraillette, un groupe de mortiers et quatre ou cinq voltigeurs ; Nous retrouvâmes la route qui était battue par le FM sous la direction de Pradier qui avait reconnu un nouvel itinéraire. Nous montâmes sur le plateau. Vers 21 H 30, la reddition des Allemands, retranchés dans le lycée de Foix nous parvint ».

 

 

Justiniac

On ne sait que peu de choses (de façons précises) sur l’attaque du maquis de Justiniac (26 juin 1944)…

Relatons, donc, le rapport de la Commission des Crimes de guerre (dépositions de Desarnaud, instituteur ; de Pelata et Mme Sentenac ; de Plescot ; de Massat, maire ; photos ; rapports de gendarmerie):

 

« Le 26 juin 1944, à la pointe du jour, une centaine de soldats allemands, portés par 25 voitures,  ont attaqué le château d’Escarabillat appartenant à Mr Sandry où se trouvait un petit maquis.

Surpris, les maquisards ont tous été pris et fusillés. Le gendarme St Martin, chef du maquis, a été pendu à un acacia, lardé de coups de baïonnette, puis fusillé

Les victimes sont :

St Martin Armand, Laurent, gendarme à Saverdun

Mme St Martin Josette, épouse du précédent

Maurette Pierre, cultivateur au camp du Vernet

Orlier Louis, ex-garde au camp du Vernet

Belbéze Auguste Henri, apprenti zingueur à Saverdun

Orsini Joseph, garde au 3ème régiment de la Garde

 

Les Allemands ont amené une septième personne, Mr Belondrade Joseph, ouvrier à Saverdun, qui se trouvait dans le château. Celui-ci a été perçu peu après dans une voiture allemande, il avait la figure ensanglantée (NB : d’après les archives militaires, le nombre total des victimes serait de douze).

Le château a été attaqué d’abord à coups de canon avant l’assaut, puis complètement saccagé.

Le détachement allemand venait de Venerque, était commandé par un major allemand (commandant) et comptait trois officiers. C’étaient des SS »

 

 

Lauquié

Lauquié dit le « château de Lauquié », situé à Foix près de l’actuel collège Lakanal a été construit à la fin du XIXème siècle par Jean Tersouly, ingénieur né à Foix en 1817, dans un style suisse. Gabriel Fauré, Lafagette ou Théophile Delcassé, amis de la famille, s’y rendaient régulièrement. Ce que l’on sait moins : ce lieu avait servi de refuge entre 1914 et 1918 à une communauté de religieuses (Notre-Dame de Sion) venant d’Evry : la maîtresse des Novices étant Jeanne Emilie Pomiès, née à Foix le 20 juin 1874.

 

Cependant, ces bâtiments resteront dans la mémoire et l’Histoire comme le siège de la Gestapo de novembre 1942 (occupation de la zone Sud de la France, et, donc, de l’Ariège) au 16 août 1944. Dans ses murs, des interrogatoires « musclés » y ont été menés conduisant parfois à la déportation ou à l’exécution. Des graffitis en sont, encore, les témoins…

 

Lors de la libération de l’Ariège, le futur général Bigeard (dit alors « Aube ») s’y installera avec la mission Interalliée. Des fouilles rapides (et qui n’ont pas été poursuivies) dans le jardin du château de Lauquié, début septembre 1944, mènent à la découverte de 2 cadavres dont l’un a été tué d’un coup de revolver dans la nuque : l’on ignore toujours leurs identités…

Redevenue privée, la propriété servira, après vente d’une de ses parties à la municipalité de Foix, à la construction du collège Lakanal. Quant au « Château » et la partie restante, ils font actuellement l’objet d’un projet de construction d’une cité judiciaire qui devrait voir le jour en 2010…

 

Ce lieu emblématique de l’Occupation allemande sera-t-il oublié ?

C’est le sens de cette lettre des élèves du Collège Victor Hugo de Lavelanet, lue lors de la remise des prix du Concours de la Résistance le 14 mai 2008, aux Forges de Pyrène à Montgailhard, à destination du Président du Conseil Général de l’Ariège :

 

Collège Victor Hugo à Lavelanet                                                                  Le 20 avril 2008

Classes de Troisièmes

 

 

Objet : Demande de dépôt

D’une plaque commémorative

 

 

 

                                                                       Monsieur le Président du Conseil Général,

 

            Le collège Victor Hugo de Lavelanet comme bien d’autres établissements scolaires de l’Ariège ont participé cette année encore au concours de la résistance.

Nos recherches nous ont conduites à rencontrer les témoins de cette période mais aussi à recenser les nombreuses stèles et plaques commémoratives.

Nous sommes à ce propos très étonnés de constater que la villa Lauquié, siège de la Gestapo pendant cette période ne présente aucune plaque rappelant les exactions commises en ce lieu.

Avec l’assentiment des associations de Déportés et de Résistants, la jeunesse qui ne veut pas oublier s’adresse à vous afin de savoir s’il est envisageable d’installer une plaque sur la façade de cette villa.

Souhaitant que notre requête obtienne satisfaction, veuillez recevoir, Monsieur le Président du Conseil Général, nos salutations distinguées.

 

 

Ont été conviés à signer cette demande :

Président de l’UNADIF

Président de l’ANAC

Président de la FNDIRP

Président des Evadés de France

Présidente de l’Association Nationale des anciens Guérilléros FFI de l’Ariège

Président du Corps Francs Pommiès

Président des Combattants Volontaires de la Résistance

(S’y est ajouté, le Colonel Séris, du Chemin de la Liberté)

 

*

Les élèves du collège Victor Hugo ont reçu une réponse positive à leur demande …

 

 

Lettre de collaboration

Lettre adressée le 19 juin 1944 au major allemand Dreyer, des douanes mis à la tête d’un commando de quinze hommes collaborant avec la Gestapo et le SD (police secrète) à Saint Girons :

 

« Monsieur,

J’ai assisté comme maire à votre conférence ce samedi ; comme ancien officier français, je suis pour la collaboration et vous apporte mon aide, quoique modeste.

Il y a à x…, un exploitant x … qui travaille pour le pays : bois, charbon et scierie (10 ouvriers charbonniers en forêt et 15 ouvriers en scierie).

Samedi dernier, 2 terroristes espagnols ont intimé l’ordre aux ouvriers bûcherons de quitter la forêt et ceux-ci ont obéi. Dans la nuit de lundi, on a volé 3 moteurs et saboté l’usine.

Nos forêts sont trop vastes pour y faire des battues ; quand on ne peut aller au gibier, on le fait venir à soi.

Si vous voulez parler avec moi des possibilités que je crois avoir de tendre un piège aux terroristes, je suis à votre disposition : fixez-moi un rendez-vous.

Je vous demande seulement de ne parler de cette affaire à personne, pour le moment, de mon offre, même au sous-préfet.

Rendez-vous à Saint Girons si vous voulez. Nous sommes deux soldats menant le même combat.

Je vous salue, Monsieur, en camarade.

Signé : x…, maire de ….. »

 

 

Libération Ariège

C’est le 15 août que les responsables départementaux de la Résistance donnèrent l’ordre de libérer le département  (jour du débarquement en Provence): c’étaient Camille Souyris, chef départemental des FFI, André Lacoste (Abel), secrétaire du PC et responsable du Front National, les membres du triangle de direction des FTP : Cadéro, Calvetti et Gabarre, les responsables des guérilleros et leur chef d’EM, Alonso (Robert)

 

 

Maquis

Rapport du préfet de l’Ariège au préfet régional, au ministère de l’intérieur (27 Juillet 1943) :

Pour la première fois, le préfet parle de « maquis »

 

« Un certain nombre d’entrepreneur de battages ont reçu d’organisation de Résistance des lettres leur interdisant de battre (le blé) sous peine de destruction de leur matériel. Quelques incendies ont détruits des récoltes et des batteuses ;

Enfin, le 27 juillet, dans plusieurs villages de l’arrondissement de Pamiers, des batteuses en marche ont été sabotées et rendues inutilisables par de petits groupes de terroristes, principalement espagnols »

 

 

Montégut-Plantaurel : Les Enfants du château de La Hille

 

Fiches établies le 25/02/1942

 

Lors de leur arrivée au Château de La Hille, toutes les personnes Israélites ont été fichées à la Préfecture. La synthèse de ces fiches individuelles donne en flash le nombre de celles-ci, leur nationalité et leur âge. Ne sont donc pas concernés les « non Juifs » résidant, aussi, au Château de La Hille.

 

« Déclaration qui doit être formulée par tout israélite établi ou réfugié en France depuis le 1er janvier 1936 »

 

« Je soussigné, demeurant à Montégut-Plantaurel… »

 

Ont rempli ces fiches et les ont signées :

 

Nom

Date de naissance

Nationalité

Bergmann Pierre    

2/05/1930

Aut

Berhnard Ingeborg 

24/07/1928

All

Berlin Egon  

17/01/1928

All

Berlin Inge   

24/06/1923

All

Blumenfeld Karlheinz (signe : Charles)

29/03/1924

All

Brünell Heinz         

19/07/1925

All

Brunell Ilse (Brunnell)

15/01/1923

All

Chaim Edgar           

20/07/1923

All

Cosmann Rosemarie           

3/01/1925

All

Dessauer Trude

8/06/1927

All

Dortort Emile          

7/03/1924

All

Dortort Joseph

27/05/1928

All

Eckman Gerhard

7/08/1929

All

Eckmann Gerhard  

7/08/1929

All

Elkan Berthold (Bertrand)     

24/05/1922

All

Epstein Werner

14/12/1923

All

Frank Elka, née Barth           

8/03/1915

All

Frank Irène, née Berl           

8/12/1888

Aut

Garfunkel Hans

21/04/1924

All

Goldapper Edith

12/11/1924

Aut

Goldmark Rosa

28/10/1927

Aut

Grabkowicz Alix

30/10/1924

Aut

Haas Guy     

7/06/1929

All

Helft Inge

21/03/1926

All

Hertz Ruth Pauline

18/04/1922

All

Herz Georges

27/08/1928

All

Holhberger Adèle

15/09/1926

Pol

Jankielewitz Edith  

29/07/1931

All

Joseph Inge

19/9/1925

All

Kamlet Manfred  

14/06/1925    

All

Kantor Arthur

7/06/1926

Aut

Kantor Eva   

26/06/1928

Aut

Kern Margot

9/10/1926

All

Klein Helga 

18/09/1925

All

Klein Kurt

11/12/1925

Aut

Klonower Ruth

9/11/1924

All

Koenigshoeper Almuth

11/06/1923

All

Kuhlberg Fanny

26/05/1929

Pol

Kuhlberg Rita         

1/03/1928

Pol (a été rectifié)

Kwacekowski Gerhard (Gérard)

2/03/1926

All

Landesmann Peter             

22/05/1925

Aut

Leistner Rita

24/01/1925

Aut

Lewin Léo    

23/01/1925

All

Lind Gertrud           

27/05/1927

Aut

Manasse Gustav     

1/12/1931

All

Manasse Manfred   

27/07/1935

All

Moser Edith 

28/12/1924

All

Moser Kurt  

20/06/1922

All

Nussbaum Adolf

10/01/1925

All

Nussbaum Lotte

19/08/1923

All

Öhlbaum Rudolf

13/11/1927

Pol (a été rectifié)

Rosenblatt Else

25/11/1925

All

Rosenblatt Regina              

29/07/1927

All

Rosenblatt Toni      

31/08/1931

All

Rosenfeld Frieda

22/05/1927

Aut

Roth Jacob    

11/01/1925

Pol

Rübler Inge             

11/04/1931

Aut

Salz Peter     

14/02/1926

All

Schlesinger Ernest

10/12/1895

Aut

Schlesinger Flora, née Schlisinger   

18/09/1901

Aut

Schlesinger Paul

8/06/1929

Aut

Schragenheim Inge 

4/12/1924

All

Schütz Betty            

18/01/1930

All

Schütz Ruth 

31/03/1925

All

Sckleringer Ernest  

(incorporé dans le groupe de Travailleurs Etrangers 721 à Sabarat)

10/12/1896

Aut

Seelenfreund Irma  

21/04/1921

Pol

Steinberg Frieda     

23/12/1924

Aut

Steuer Antoinette   

24/07/1936

Pol

Storosum Martha

3/03/1927

All

Strauss Walter

5/02/1925

All

Stückler Cilly          

25/03/1929

Aut

Stückler Norbert

25/05/1926

Aut

Vos Heinz                

25/7/1933

All

Vos Manfred

8/06/1924

All

Wertheimer Fritz

19/03/1924

All

Wolfgang Luzian

2/11/1925

Aut

Wolpert Willy                     

29/09/1930

All

Wulff Ilse