Saverdun

 

Saverdun

 

 

 

Département de l'Ariège, Arrondissement de Pamiers, Chef-lieu du canton de Saverdun

 

Altitude : 209 / 374 m

Longitude : 1° 34’ 28’’ E

Latitude : 43° 14’ 04’’ N

 

(Carte: Conseil Général de l'Ariège)

 

- Démographie

- Approches historiques

- Patrimoine

- Pour en savoir plus...

- Célébrités

 

Surface : 6174 ha

 

Démographie :

1806 : 2993

1851 : 4292

1856 : 4121

1901 : 3362

1921 : 3209

1946 : 3032

1968 : 3916

1982 : 3638

1999 : 3586

2006: 4000

 

Étymologie : forteresse sur une hauteur. (Celtique)

"Savardu"  en forme romane (Esquerrier)

Nom des habitants : Saverdunois et Saverdunoises

 

 

 

Approches historiques :

 

Site préhistorique occupé sûrement dès l’âge du bronze (découverte de haches de cette période), puis à l’époque gallo-romaine sous le nom de « Sabardunum »

 

Un château fut construit auprès du village en 1119, comme en témoigne un acte signé « du château de Saverdun, la seconde année qu’il fut construit, un mardi de mars de l’an 1121 ».

Les références à ce château seront nombreuses, vue sa position géographique, et donc, stratégique :

1165 : Roger-Bernard donne en fief « la tour de Saverdun » ; 1167 : hommage du comte de Foix au comte de Toulouse pour le château de Saverdun (en Ariège), etc…

Les moines auteurs de l’Histoire Générale du Languedoc signalent très tôt, à propos du château: « Le comte Roger II, qui en est le fondateur, en donna le domaine aux seigneurs de Villemur, d’Haiterive et de Marquefave, et qui lui en firent hommage… Le château fut bâti auprès d’un village de même nom qui subsistait vers le milieu du XIéme siècle. »

F. Baby signale que l’église mère de Saverdun était Sainte-Constance, prieuré de Saint-Sernin de Toulouse, rattaché après sa ruine à l’église Sainte-Marie dont la création ne semble pas antérieure à 1120. Mais entre le château et l’Ariège existait l’église Sainte-Colombe, fondation de l’abbaye de Lézat qui était au 18ème siècle sous le vocable de Saint-Barthélémy.

Vers 1200, l'abbaye de Boulbonne fonde un petit établissement de femmes à Valnègre (réuni à l'abbaye de Boulbonne en 1443)

 

Saverdun deviendra rapidement le siège d’une importante châtellenie dont faisait partie St Quirc, Lissac, Labatut, Canté, Brie, Esplas, Unzent, Le Vernet et Bonnac. Une charte de coutumes est accordée aux habitants par les comtes de Foix qui la renouvelleront jusqu’au rattachement au royaume de France.

 

1209 : Après avoir reçu la ville de Pamiers (qui était en pariage avec le comte de Foix) des mains de l’abbé de Frédelas, Simon de Montfort se rend à Saverdun : les habitants lui ouvrent les portes. Il prend le château qui appartenait au comte de Foix, mais devra laisser la place lors de la bataille de Muret en 1213. Il appartiendra au comté de Foix à la date du 1er février 1229 jusqu’au rattachement de celui-ci au royaume de France avec l’avènement d’Henri IV.

 

1229 : Dans le traité de Meaux, le comte de Toulouse, dans l’article 16, s’engage à détruire les murs de la ville de Saverdun ; « les murailles et les fortifications ne pourront être rétablies sans la permission du roi »

Un hôpital fondé le 12 février 1289 par Arnaud Noël, après autorisation accordée le 4 février 1285 par Roger Bernard

 

A partir de 1306, sur un arrêt du Parlement, Saverdun est reconnu comme placé sous la suzeraineté directe du comte de Foix (ce qui évite tout litige avec le comte de Toulouse)

1318 : Saverdun qui faisait partie du diocèse de Toulouse est rattaché à celui de Rieux qui vient de se créer.

1340 : Le couvent dépendant des Augustins de Toulouse est mentionné; il fut détruit en 1574 par les Huguenots.

Il est à remarquer, qu’hélas, la région de Saverdun manque dans le rôle des feux réalisé en 1390.

 

La période historique marquante pour Saverdun et sa région sera due aux Guerres de religion.

Les Protestants prennent la ville en 1574, détruisent le couvent des Augustins et des édifices religieux : ils font de Saverdun le siège des Etats réformés. La ville est reprise en 1577, mais le roi de Navarre (futur Henri IV) ordonne le rétablissement du culte protestant. C’est à ce moment que Catherine de Médicis, venue voir le roi de Navarre et son épouse « la reine Margot » à Mazères, séjourne à Saverdun.

Après une période relativement calme suite à l’Edit  de Nantes de 1598, le conflit reprendra dans toute la région entre les troupes de Rohan (protestantes) et de Thémines (catholiques).

1594 : il est signalé une épidémie de peste qui fait de nombreux morts.

La démolition des fortifications du château fut décrétée après le traité de Montpellier (octobre 1622) ; elle fut commencée, interrompue par le duc de Rohan (général des églises réformées), puis définitivement réalisée en 1633 en application de la Paix d’Alès (juillet 1629). Cassini, dans sa carte, le mentionne, au milieu du 18ème siècle, sous l’appellation « Tour de Phoebus »).

Les guerres de religion, avec la Révocation de l’Edit de Nantes, en 1685, refont surface à Saverdun (abjuration, expatriation…). C’est en 1688 que fut consacrée l’église Notre Dame de Saverdun. La seigneurie, qui appartenait au roi, changera plusieurs fois de main (en 1700, 1732, 1774).

 

Carte de Cassini (18° siècle)

 

En 1765, la communauté de Saverdun a le droit d’envoyer chaque année un député aux Etats généraux du pays de Foix, à la chambre des comptes et à toutes les assemblées générales de la province comme une des quatre villes maîtresses du pays.

Le conseil de ville est composé de 16 conseillers, tous catholiques et assermentés.

Jean François de Roux de Pauliac, seigneur de Saverdun, assista à l’assemblée de la noblesse à Pamiers en 1789

Lors de l’Insurrection royaliste de l’An II (1799), Saverdun est occupé par 2000 insurgés qui seront défaits à Bonnac par le général Chaussey au moment où ils marchaient sur Pamiers.

 

Sous le 1er Empire, foires le lendemain du dimanche des Rameaux, le 2 juin, le 17 août, le lundi de la Toussaint, le lundi avant la Noël :Bestiaux, grains, étoffes, volailles, cochons s’y échangeaient.

Sur l’emplacement actuel du LP de Saverdun se trouvait l’orphelinat protestant, fondé en 1840.

A signaler que dans le journal d’agriculture de 1840 (ADA, Per 8), est mentionné l’élevage à soie de Saverdun.

NB : La commune de Saverdun faisait partie de l’arrondissement de Pamiers en 1801 ; puis passe à celui de Foix en 1926 ; enfin dans celui de Pamiers en 1942

 

 

Pour ce qui est du religieux, Saverdun dépend du doyenné de Pamiers et du secteur paroissial de Saverdun comprenant: Brie, Canté, Esplas, Justiniac, Labatut, Le Vernet, Lissac, Saint-Quirc, Saint-Martin d'Oydes et Unzent

 

 

Municipales 2008:  2942 Inscrits

 

 

 

Patrimoine :

Domaine et château de Pauliac (à 8 Km de Saverdun) : propriété de la famille des Roux de Pauliac, derniers seigneurs de Saverdun (château du XVIéme). Domaine acquis en 1988 par un promoteur néerlandais (centre de naturaliste)

Ruines de la tour du 12ème siècle

Temple du XIXème

Eglise dédiée à la Nativité de la Ste Vierge du 17ème

Eglise de la Nativité

 

 (avec fresques retraçant la vie du pape Benoît XII, après avoir été Jacques Fournier l’inquisiteur)

 

                               

 

Moulin farinier reconstruit après l’inondation de l’Ariège de 1640 (privé)

 

Mairie :

 

Statue en bronze «l’ange de la Victoire debout, brandissant deux couronnes de laurier» (place). Auteur P. Sylvestre, 1923 (Monument Historique depuis le 6 août 2007)

 

Édifices disparus :

- Église Sainte-Colombe et de Saint Barthélemy: En 987, Pons-Raimond abandonne à l’abbaye de Lézat sa part de bénéfices sur la paroisse. Semble avoir été détruite vers 1120 pour être reconstruite. N’existe plus en 1634 (détruite durant les guerres de religion) ; reconstruite, elle fut démolie en 1803

- Église Sainte-Constance et Notre Dame : Apparaît dans les textes vers 1010 (don à Saint Sernin de Toulouse par Raimond Guilhem) ; Rasée durant les guerres de religion ; disparue (a fait l’objet d’une visite épiscopale)

- Chapelle de l’hôpital Saint-Jacques dédiée à Saint Joseph : hôpital fondé en 1289 (hôtel des Postes) ; A fait l’objet d’une visite épiscopale

- Église Saint-Martin de Peyroulade : prieuré de l’abbaye de Lézat au début du 11éme. ; disparue

- Église de Monredon : prieuré de l’abbaye de Lézat (1075) et mentionnée dans le cartulaire de Saint-Sernin, ainsi que sur la carte de Cassini. Ruinée durant les guerres de religion. Se trouvait à l’emplacement de la croix en fer forgé sur les Hauts de Saint-Pierre.

- Église des saints Prim et Clar : disparue durant les guerres de religion. Un oratoire y fut construit à sa place et rasé durant la Révolution. A fait l’objet d’une visite épiscopale.

- Église Saint-Martial de Paulhac (Pauliac) : était annexe de Brie (mentionnée dans un acte de 1272 : échange entre l’évêque de Toulouse et le chapitre de Saint-Sernin). Etait en ruines à la Révolution.

- Église Saint-Etienne de Drulhe : Annexe de Brie ; relevait de Saint-Sernin ; détruite à la Révolution ; a fait l’objet d’une visite épiscopale et mentionnée sur la carte de Cassini.

- Monastère de Saint-Jean de Valnegre : Monastère de religieuses cisterciennes de Saint-Bernard, fondé en 1209 par les seigneurs de Lissac, dépendait de l’abbaye de Boulbonne ; détruit au milieu du 15éme.

- Église Saint-Quintin d’Artenac : donnée vers 1010 au prieuré de Tramesaygues, dépendant de l’abbaye de Saint-Michel de Cuxa. En ruines en 1634. A fait l’objet d’une visite épiscopale et mentionnée dans les terriers

- Le couvent des Augustins de Toulouse : mentionné en 1340 ; fut démoli en 1574

 

NB : Larlengue était une seigneurie (appartenant à la famille de Maysonnade)

 

 

Pour en savoir plus…

 

 

« Histoire de la ville et de la châtellenie de Saverdun dans l’ancien comté de Foix », Barrière-Flavy, 1890

 

Pasquier (F) : « Déclaration faite en 1627 par les villes de Pamiers, Mazères, Saverdun et le Carla de rester fidèles au roi », BSA 1905-1906

 «Un terroir du pays toulousain, de la colonisation romaine à la guerre des Albigeois », R. Armengaud, BSA 1981

« Mémorial historique », J.J. Delescaze

« Aux origines du temporel de Saint-Sernin : Sainte Constance de Saverdun », P. Gérard, Actes du 16éme congrès de la FD des Soc. Ac. et Sav ., Languedoc-Pyrénées-Gascogne, 1960

 

 « Le couvent des Augustins à Saverdun », Semaine catholique du diocèse de Pamiers, 1902, Barrière-Flavy 

 Séré (J) : « L’orphelinat protestant de Saverdun », Mémoire de maîtrise de l’Université de Toulouse-Le Mirail, 1999

Vergé (J)- Frayssines (P) : « Histoire des hommes et des lieux de Saverdun, de la préhistoire à la Révolution », Saverdun, Asso. Culturelle de Saverdun, 1999

Vergé (J)- Frayssines (P) : « Saverdun, de 1789 à 1900. Mémoire d’archives », Saverdun, 1990

« Leudaire de Saverdun. Texte roman de 1327 », Revue des langues romanes, 1880

 

Archives:

Église réformée de Saverdun (1965) : AN 154 AQ 12

Leudataire de Saverdun, 13éme : ADA E 92

Plan de l’église jouxtant l’hôpital de 1635 : ADA, G 285 / 9-10

Démolition des murailles de Saverdun, 1633 : 1 J 323

Réparation au pont de Saverdun (1738): ADA, 45 J 167 (19-21)

 

Plans divers et dossiers: ADA 2 O 1532 à 1560 (écoles, restaurations à l’église, temple, etc…)

 

 

Sites Internet:

 http://portaildescommunes.cg09.fr

www.saverdun.fr

http://www.socio.org/institut-protestant/About/short_profile.asp (sur l'Institut Protestant)

 

 

 

Célébrités :

- Maillot Pierre, colonel au 4éme bataillon de l’Ariège, domicilié à Saverdun, condamné à mort comme complice de révoltés, le 23 germinal An2, par le tribunal criminel de l’Ariège.

- Le général Sarrut, né à Saverdun le 16 août 1765 : général de brigade ; créé baron de l’empire. Meurt  à Vittoria (Espagne), en combattant contre Wellington le 26 juin 1813 (son nom est inscrit sur l’Arc de Triomphe) 

- Patrie du poète Labouïsse-Rochefort (1888)

- Fabien Pelous : Bien que né à Toulouse le 7 décembre 1973, cet international de rugby (recordman de capitanat; 118 sélections) a été formé à Saverdun après avoir été dans l'équipe de foot de Mazères ; UA Saverdun, Graulhet, Dax et le Stade Toulousain ; capitaine du XV de France; Palmarès: 5 fois le tournoi (1997, 1998, 2002, 2004, 2006), 2 fois champion de France (1999 et 2001) et 2 fois champion d'Europe (2003 et 2005).

- Aldo Quaglio: Né le 17 février 1932 à Saverdun: international de rugby (13 sélections en rugby à XV et 17 en rugby à XIII); vainqueur du Tournoi des Cinq Nations en 1959

 

- Jacques Fournier, originaire de Canté pour les uns, de Saverdun pour d’autres : religieux de l'abbaye de Boulbonne puis abbé de Fonfroide, après avoir été évêque de Pamiers est nommé à Mirepoix le 26/01/1326. Il deviendra pape sous le nom de Benoît XII, à Avignon. Il a participé en tant qu'évêque de Pamiers aux tribunaux de l'Inquisition qui traquaient les cathares dans la région.

- Claudine Pailhès dans « Le protestantisme en terres d’Ariège » mentionne « Zacharie Dupuis, né à Saverdun vers 1608, fils du pasteur du lieu, s’engagea dans la carrière militaire et joua un rôle important dans les débuts de la colonie française du Canada. En 1656, il était commandant du fort de Québec et en 1665, commandant de Ville-Marie, la future Montréal. En 1671, on lui octroya un fief noble qu’il appela Verdun en souvenir de Saverdun et auquel il fit attribuer des armoiries qui rappellent fort celles de sa ville natale »

 

Paul-Henry d’Ounous d’Andurand : monarchiste, maire de Saverdun en 1808, il se rallie aux Bourbons dès la 1ère Restauration. Il reçoit chez lui à Saverdun le duc d’Angoulême qui le décore de la Légion d’honneur. Député à partir de 1820 (à 1831)

 

Cl. Pailhès dans « Le protestantisme en terres d’Ariège » donne l’origine de la banque Courtois :

 

« François Courtois, marchand de Saverdun, épousa au Désert Jeanne de Maysonnade ; tous deux étaient issus de familles bourgeoises protestantes de Saverdun. Leur fils  Isaac naquit en 1743. Il fut appelé en 1769 par son oncle Jacques Cazeing à Toulouse ; il y devint commis puis associé de la banque Cazeing. Il succéda à son oncle en 1773 et la banque devint la banque Courtois… »

 

 

Armorial (1697) : De gueules, à un château d’or, avec cette inscription autour : « Castel de Saverdun », en caractères d’argent

  (Réalisation: Y.A. Cros du Cercle Généalogique de Languedoc)

 

Terrier : 1525

 

 

Registre paroissial le plus ancien : 1570

 

 

 

(Étude : J.J. Pétris; participation d'Y.A. Cros)