Varilhes

 

Varilhes

 

 

Département de l'Ariège, Arrondissement de Pamiers, Canton de Varilhes

 

 

Altitude : 309 / 592 m

Longitude : 1° 37’ 42’’ E

Latitude : 43° 02’ 44’’ N

 

(Carte: Conseil Général de l'Ariège)

 

- Démographie

- Approches historiques

- Patrimoine

- Célébrités

- Pour en savoir plus...

Surface : 1176 ha

 

Démographie :

            1806 : 1092

            1851 : 1907

            1856 : 1859

            1901 : 1631

            1921 : 1543

            1946 : 1507

            1968 : 1938

            1982 : 2006

            1999 : 2696

 

Nom des habitants :  Varilhois et Varilhoises

Étymologie : De « vallis » : vallée

« varilla » en espagnol, signifie bâton, lance (A. Cazenave)

"Varilhas" en forme romane (Esquerrier)

 

 

Approches Historiques :

 

Traces de l’industrie métallurgique à Carbon (Varilhes) de la fin de l’Age du Bronze/début de l’Age du Fer

Peuplée à l’époque gallo-romaine.

La tradition veut que Varilhes soit la Villa Sexosa (la ville pierreuse) où aurait eu lieu, en 507, l’exécution de saint Volusien. « Le lieu du martyre de saint-Volusien était en tous cas vénéré au XVIIeme siècle à Varilhes et toute une légende y avait fleuri à propos de trois arbres miraculeusement poussés à l’endroit de sa mort ». (J. Baylé « Archéologie du canton de Varilhes », dans BSA 1970-1971) ;

 

« L’agglomération la plus ancienne semble être celle de Vals (commune de Varilhes) qui est attestée dès 1008 dans la donation de Pierre (évêque de Gérone) à son frère Raymond, comte de Carcassonne. Un prieuré de Saint-Antonin y est ensuite installé… Au moment de la prise de Pamiers par les protestants en 1621, les chanoines se réfugient à Varilhes et non à Vals et en 1700, l’évêque J.B. de Verthamon envisage le rattachement de la paroisse de Vals à celle de Varilhes » (ce qui sera fait en 1804)

 

 «La première mention certaine de Varilhes figure dans un acte de restitution, faite en 1108, par le comte Roger de Foix à l’abbaye ND d’Aleth ».

« Dès 1108-peut-être dès 1034- existe un château qui lors de la croisade des Albigeois est abandonné et brûlé par ses défenseurs, puis occupé par les troupes de Simon de Montfort en 1211». (J. Baylé « Archéologie du canton de Varilhes », dans BSA 1970-1971)

L’histoire retient que le frère de Simon de Montfort, Guy, fut tué à Varilhes en janvier 1228.

Après la croisade des Albigeois, Varilhes devient frontière entre  le comté de Foix et la « Terre du Maréchal » (Guy de Lévis) au Languedoc

 

Le château est cité en 1272 dans l’enquête sur les limites du Comté de Foix et est même donné en gage en 1297 par le comte de Foix lors d’une transaction arbitrée par Guy de Lévis… Gaston 1er le choisit comme résidence pour sa femme Jeanne d’Artois par son contrat de mariage de 1301… En 1391, la noblesse se réunit au château de Varilhes pour y prêter hommage.

 

 

Lors du dénombrement du Comté de Foix, en 1390 « Varilhas » comporte 102 feux 

 

 

1450 : Varilhes est le siège d’une des dix-huit châtellenies du comté comprenant : Crampagna, Escosse, Montaut, Les Rives (Joucla), Rieux de Pelleport, La Terrasse (commune de Saint Jean de Verges), Varilhes, Verniolle

 

Henri IV y séjourne du 13 au 18 juin 1584. 

Marie de Médicis fait démolir le château (fin 1612-27 janvier 1613) par l’intermédiaire d’Imbernac

 

Château

Le château du moyen âge, attesté dès 1034 et rasé le 27 janvier 1613, est signalé en ruines par la carte de Cassini, établie en 1771 ; mais il n’en subsiste plus aucune trace. J. Baylé, dans une communication à la SASLA et publiée dans le BSA de 1974, en s’appuyant sur trois terriers de Varilhes et divers documents, apporte une réponse :

« Le château et ses annexes occupaient l’espèce de triangle délimité de nos jours par la rue du Quai, l’Ariège, la Place du Pont et la rue du Bailh (avec son prolongement). »

J. Baylé donne des précisions :

« Le château de Varilhes était entouré de murailles du côté de l’Ariège et protégé vers la ville par un fossé, probablement sec… Le premier édifice en bois fut brûlé lors de la croisade des Albigeois en 1211. Reconstruit dans le cours du XIII°, il était au début du XIV° siècle le plus beau château du comté de Foix, puisqu’il était attribué, comme demeure à Jeanne d’Artois, parente du roi de France, qui venait d’épouser Gaston de Foix en 1301. Il possédait naturellement une chapelle, attestée en 1324 et 1391. Au XVI° siècle, il comportait au moins une tout, appelée Tour Maurine en 1500 »

 

 

Le 15 novembre 1622, le siége de Varilhes voit la victoire des catholiques sur les protestants de Rohan. En 1627, Henri de Sponde est chassé de Pamiers par les protestants et se réfugie à Varilhes (alors que Verniolle brûle)

Selon H. Castillon d’Aspet, durant les guerres de religion : « deux forts la protégeaient des deux côtés les plus accessibles de la plaine ; et un pont de bois, jeté sur l’Ariège reliait les deux rives. Afin d’opposer une vive résistance aux attaques qui étaient dirigées du côté de la rive gauche, on avait construit un fortin à la tête du pont »

 

Carte de Cassini (18° siècle)

 

1765 : « la communauté a le privilège de la pêche dans la rivière de l’Ariège et de chasse dans la juridiction, plus le pouvoir de percevoir le droit d’aide sur les boucheries, un péage sur le pont de l’Ariège et le droit de pacage sur la montagne appelée le Pech »

Antoine Sicre, prêtre, né à Laborie : n’ayant pas voulu prêter serment à la Constitution, émigra en 1793 et se réfugia dans l’île Majorque

Cubières dépend de la châtellenie de Varilhes et était siège de justice avant 1789 avec une population de 24 habitants.

 

Foires sous le 1er Empire : 15 janvier, 20 mars, 8 juin, 22 septembre, 28 décembre. Essentiellement, vente de bœufs, cochons, moutons, brebis

En 1896 Varilhes comporte 457 maisons habitées pour 476 ménages (1588 habitants)

 

1944 : 22 habitants arrêtés (15 déportés dont l’ancien maire Louis Siret : 7 en reviendront). La ville de Varilhes sera décorée de la Croix de Guerre le 11 novembre 1948 (décision N° 81). Le secrétaire d’état aux forces Armées « Guerre », Max Lejeune cite :

« A l’ordre du régiment, Varilhes (Ariège)

« Commune qui durant l’occupation a pris part des plus active à « la lutte contre l’ennemi »

« Les  grands services rendus par sa population à la Résistance et à la cause des Alliés, ont provoqués les représailles de l’occupant qui a opéré un grand nombre de déportation. 22 de ses fils ont donné leur vie pour la France »

 

NB : La commune de Varilhes faisait partie de l’arrondissement de Pamiers en 1801 ; puis passe à celui de Foix en 1926 ; enfin dans celui de Pamiers en 1942

 

Pour ce qui est du religieux, Varilhes dépend du doyenné de Pamiers et du secteur paroissial de Varilhes comprenant: Varilhes, Dalou et Gudas

 

 

Municipales 2008:  2240 Inscrits

 

 

 

Patrimoine :

 

- La « cucurutte », construction gauloise circulaire de galets non loin de Verniolle et mesurant environ 2,50 m de diamètre intérieur et 6 m de hauteur

- Eglise : dédiée à ND de l’Assomption :

De l’église primitive mentionnée en 1162, il ne reste que des fondations incertaines. Reconstruite au XVème siècle, en briques et galets, elle subira les affres du temps et des guerres de religion. Seuls, la façade, la base carrée du clocher, la tourelle d’escalier, le portail et le mur gouttereau des trois premières travées de la nef datent de cette période. Des réparations sont entreprises régulièrement et au milieu du XVIème siècle (1551), des chapelles sont élevées entre les contreforts.

Sur ordre de Mgr François de Caulet, évêque de Pamiers, en 1674, de grosses réparations sont réalisées. L’étage octogonal du clocher, les voûtes et les pilastres de la nef et du chœur, datent du début du dix-neuvième siècle (1828). La réfection de la flèche du clocher a lieu en 1951. Rénovation en 2002 des peintures intérieures et la réfection du dallage du sol suite à la dégradation lors des travaux 

 

 

 

- Chapelle ND de Vals (XIX° siècle : 1856) : la statue vénérée est une piéta du XVII° en bois doré et peint.

 

                         (Détail)

 

- Vestiges des remparts de l’ancienne ville, près du pont

- Le château de Longpré : « Cette résidence champêtre  des évêques de Pamiers aurait été construite par Henri-Gaston de Lévis, qui fut évêque de 1741 à 1786 »

- Maisons anciennes à pans de bois: fin 16 et 17éme

 

 

                              

 

NB : Existait une maison à pans de bois (2 façades du 16ème siècle), rue du pont, M.H. :18/10/1944 qui s’est écroulée en 2001…

 

Monument aux Morts: ensemble statuaire en pierre: «l’ange de la victoire debout, la tête penchée déposant une couronne de laurier sur le casque d’un soldat». Auteur: J.M. Fourès/ architecte: F. Thilet, 1922. (Monument Historique depuis le 6 août 2007)

- Musée de la déportation et de l’internement (ouvert le mercredi et vendredi de 14H à 18 H)

 

 

Célébrités :

- Hilaire Astruc (mentionné par Moulis) : né et mort à Varilhes, se distingue à Reichschoffen en1870 où il commandait le 2éme cuirassier

- Paul Frezoul : médecin, homme politique, né à Varilhes le 2 avril 1837 ; sénateur en 1882, 1885, 1894, 1903 (secrétaire du Sénat de 1886 à 1889)

 - Georges Costedoat: Colonel, né à Sault de Navailles (Basses Pyrénées) en 1881 et mort à Varilhes en 1950. Adjoint au maire de Varilhes de 1935 à1940. Il crée le groupe Froment, puis devient chef de l'Armée Secrète en Ariège d'avril 1941 à son arrestation le 25 juillet 1943. Interné au camp d'Evraux (Creuse). Président du Comité Départemental de Libération en 1945

-         Jean Bénazet: Célèbre Résistant-passeur (sous le nom de "Piston") 1904-1991; conseiller général (1944-1951) 

 

 

-         Jeanne Baylé: (Baylé avec un accent devenu Bayle au fil du temps). Varilhoise de cœur (depuis sa rencontre avec son mari, Fernand) bien que née le 30 mars 1920 à Paris ; décédée le 26 août 2008. Historienne (École de Chartes et école du Louvre), paléographe. Assure le secrétariat de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts avec Jean-Paul Durand de 1983 à 1996. Nombreuses publications (notamment dans les BSA et auteur de « Varilhes, histoire d’un village ariégeois », 1989).

 

Pour ce qui concerne l’Ariège, citons quelques uns de ses travaux :

 

- Études archéologiques sur l’église paroissiale de Lézat (BSA 1966)

- Histoire et archéologie à Saint-Volusien de Foix (BSA 1967)

- Archéologie du canton de Varilhes (BSA 1970-1971)

- Mise en défense du château de Montaillou au début du XV° siècle (Bibliothèque de l’École des Chartes, 1971)

- L’emplacement du château de Varilhes (BSA 1974)

- Art et archéologie dans le canton de la Bastide de Sérou (BSA 1976)

- Les églises de Vals en Ariège (BSA 1980)

-L’évolution de Varilhes au XVI° siècle d’après deux terriers (BSA 1981)

- Chapiteaux dispersés des églises détruites de Pamiers (BSA 1982)

- L’abbaye de Boulbonne et la croisade des Albigeois (Pyrénées ariégeoises, 1983)

- La santé à Varilhes au XVII° et XVIII° siècles (BSA 1984)

- Le château de Longpré (BSA 1986)

- La commanderie de Saint-Jean del Tor à la fin du XV° siècle, à propos d’un plan figuré de 1490 (BSA 1989)

- Les acquéreurs de biens nationaux de première origine dans le district de Pamiers (BSA 1993)

- Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Pamiers (BSA 1994)

- La mise au tombeau de Gaston de Foix, œuvre d’Auguste Virebent (BSA 1991)

- La pêche en Ariège avant la Révolution (BSA 1997)

 

-         Abbé Maury-Sabas, curé de Miglos, chanoine de Varilhes (1863-1923) : auteur d’ « Ariéjo, ô moun païs »

 

- Frédéric Subra dit "Friedrich": Originaire de Varilhes (bien que né "par erreur" à Paris le 17 août 1961). Meilleur ouvrier de France de maquillage; collaborateur de Patrick Sébastien et Anne-Marie David 

 

- Marie Bell: Tragédienne et comédienne, née Bellon de Varilhes, le 23 décembre 1900 (décédée le 15 août 1985). Directrice du Théâtre du Gymnase qui porte maintenant son nom.

 

 

 

 

Pour en savoir plus…

 

Dans les BSA:

 

J. Baylé, « Archéologie du canton de Varilhes », BSA 1970-1971

Josette Boulhaut : « Les pactes de mariages à Varilhes au XVII° (1679-1685) » : BSA 1977

Baylé J. : « L’emplacement du château de Varilhes », BSA 1974

Baylé J. : « L’évolution de Varilhes au XVI°  siècle d’après deux terriers », BSA 1981

Pasquier F. : « Construction d’un maître-autel à Varilhes au 18éme siècle », BSA 1926

« Nomination de Jean de Lanapla comme châtelain de Varilhes (2 novembre 1499) », BSA 1892

« Le château de Longpré », J. Baylé, BSA 1986

« Construction d’un maître autel à Varilhes au 18éme siècle », F. Pasquier : BSA 1926 (P. 42)

 

 

Bibliographie:

 

Baylé J. : « Varilhes », 1989

Delescazes J.J. : « Mémorial historique »

Simonnet Robert : « Habitat et fonderie protohistoriques à Carbon, commune de Varilhes », Gallia préhistoire, 1970

 

Begouën et Vézian : « La cucurutte, maison gauloise près de Varilhes », Bull. Archéo., 1932-1933

Nadouce S. : «Les déportés de Varilhes », 2000

 

Abbé Martial de Séré, de Loubières : « Varilhes et ses environs, notice historique », 1891

Ousset (P.E.) : « Les huguenots à Varilhes », BHDP, 1941-1946

« L’Ariège et ses châteaux féodaux », A. Moulis

 

Archives:

Minute des livres terriers « d’estimation » dressées en 1666-1667, concernant les maisons et terres situées à Varilhes (344 noms, 34 feuillets d’un cahier de 176) : ADA, G 65 (34)

Enquête sur les pratiques de sorcellerie reprochées à un nommé Luret, à Varilhes (4 septembre 1667) : ADA, G 149 (73)

Plans divers et dossiers: ADA 2 O 1807 à 1821 (école, restaurations de l’église, monument aux morts…)

 

Église : Ref. aux ADA :

Ordonnance du 27 avril 1674 : G 58

Ordonnance de 1700 : G59

Réparations au 11 janvier 1704 : G 89

 

 

 

Terriers :

J. Baylé cite (BSA 1974):

-         un terrier dressé en 1500 par ordre de Catherine, comtesse de Foix et reine de Navarre : Arch. des Pyrénées Atlantiques, E 484

-         un terrier en date de 1612, ADA 9 E supl 9

-         un terrier réalisé en 1630, qui a disparu

-         un terrier rédigé en 1671, ADA, E 76

 

 

 

Sites Internet :

 

www.citaenet.com/varilhes

http://www.varilhes.net/

 http://portaildescommunes.cg09.fr

 

 

Armorial (1696): D'argent, à deux fasces de vair

 (Réalisation: Y.A. Cros du Cercle Généalogique de Languedoc)

 

 

Registres paroissiaux et État Civil aux ADA ou commune: 1ére date : 1649

 

 

 

(Étude: J.J. Pétris; participation d'Y.A. Cros)