Vira

 

 

Vira

 

 

Département de l'Ariège, Arrondissement de Pamiers, Canton de Varilhes

 

Altitude : 288 / 577 m

Longitude : 1° 45’ 32’’ E

Latitude : 43° 03’ 05’’ N

 

(Carte: Conseil Général de l'Ariège)

 

- Démographie

- Approches historiques

- Patrimoine

- Pour en savoir plus...

 

 

 

Surface : 528 ha

 

 

Démographie :

            1806 : 170

            1851 : 314

            1856 : 317

            1901 : 178

            1921 : 131

            1946 : 98

            1968 : 71

            1982 : 100

            1999 : 130

 

Étymologie : Du patronyme gaulois « Viros »

« Bira » (le virage) en occitan

Nom des habitants : Virassiens et Virassiennes

 

 

Approches Historiques :

 

Après la croisade des Albigeois, Vira fait partie de la « Terre du Maréchal » (Guy de Lévis) et se trouva, donc, en Province de Languedoc.

« Il passa dans la branche des Lévis, baron de Lagarde et de Monségur, en 1299 et revint chez les Lévis-Mirepoix en 1364 par le mariage d’Elips de Lévis-Lagarde avec son cousin Roger-Bernard de Lévis-Mirepoix. Le village fut brûlé en 1622 par les Protestants lors de la prise d’armes de Rohan et l’évêque de Mirepoix furieux fit faire, à ses frais, une expédition de représailles contre La Bastide, Le Peyrat et Mirabel. » (J. Baylé, « Archéologie du canton de Varilhes », BSA 1970-1971)

Quant au spirituel, Vira faisait partie du diocèse de Pamiers.

1622 : incendie de Vira par les Protestants

 

Carte de Cassini (18° siècle)

 

Le 15 octobre 1801 (23 vendémiaire an X) : passe du canton de Mirepoix à celui de Varilhes

 

Durant la seconde guerre mondiale, Vira verra, après le débarquement du 6 juin 1944, se regrouper des volontaires au sein d’une compagnie FTP. L’attaque du 9 juin par une colonne d’allemands venue de Toulouse fera des morts, autant dans la population civile qu’au sein des résistants.

 

 

Vira et la Vallée du Douctouyre : juin 44

(Texte pour la Gazette de l'Ariège de J.J. Pétris)

 

Vira et la Vallée du Douctouyre resteront, au regard de l’histoire de la Résistance Ariégeoise et de la Libération du département, une zone au destin particulier.

 

Comment en est-on arrivé à la bataille de Vira du 9 juin et aux incursions de la Milice et des Allemands qui se succédèrent durant tout le mois de juin 1944 ?

 

Un noyau dur existe déjà sur place : les Guérilleros, qui sont des réfugiés espagnols, ont constitué un maquis clandestin armé autour de « Tostado » et « Robert », noms de guerre de Antoine Villajos et José Alonso. Ils sont en liaison avec des personnes engagées politiquement (essentiellement communistes) et rentrées en résistance dont le lien est un meunier, Aimé Gos, habitant à Embayourt, à la limite de Vira et d’Engraviés. Pendant ce temps, des groupes de jeunes, el lien avec la résistance, continuent à travailler à l’usine ou chez d’autres employeurs tout en restant disponibles le moment venu (en particuliers à Pamiers)

 

Des réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) et un envoyé « Oscar » avaient créé un maquis à Croquié, au dessus de Mercus, vite rejoint par Calvetti qui sera chef départemental des FTP. Fin mai, après des actions sur Mercus et Saint-Paul de Jarrat, ces derniers s’installent non loin du village de Vira. En collaboration avec les Guérilleros, ce groupe, et parfois avec la complicité des jeunes de Pamiers, monte des actions, comme le sabotage de l’usine de Pamiers qui travaille pour les Allemands.

 

            Le 6 juin, le débarquement a lieu. Calvetti annonce l’insurrection et donne rendez-vous à Vira aux jeunes constitués en cellules à Pamiers, Dalou etc… Environ 150 d’entre eux rallient le moulin d’Embayourt, où l’intendance est submergée devant cet afflux. Devant le peu d’armes (environ 70) qu’a pu rassembler le nouvel état-major, il est demandé à certains d’entre eux de repartir chez eux et de rester disponibles. Quant à la nourriture, la population locale y pourvoira…

 

            Ce nouveau groupe s’organise et continue ses actions, en particuliers dans la récupération d’armes par l’attaque de gendarmeries. L’occupant et la Milice exaspérés engagent une action forte. Il est fait appel à la force armée allemande qui est présente à Toulouse.

Sans rentrer dans les détails, l’action se déroule le 9 juin, soit trois jours après le Débarquement et quelques heures après l’arrivée des nouveaux maquisards. Il est évident que ceux-ci ne sont pas préparés à affronter cette situation. Cependant, un groupe de sentinelles a été posté à l’entrée du village, alors que des paysans continuent leurs travaux aux champs : ce seront les premières victimes (3 maquisards, 2 civils et un disparu)

Au retentissement des détonations, un groupe de maquisards plus expérimenté et motivé se positionne sur la colline face au moulin d’Embayourt, aidé par des Guérilleros venus en renfort. Les jeunes « bleus » se dispersent…

Cependant, la position et la tactique opérée arrêtera la colonne allemande qui subira de lourdes pertes (Selon certaine sources : 36 morts et 84 blessés). Les Allemands repartent…

Deux jours après, une nouvelle incursion des Allemands (25 camions de soldats et miliciens avec leurs équipements militaires)  ne trouve pas les maquis. Ils terrorisent les habitants et dynamitent le moulin d’Aimé Gos et la ferme voisine.

 

Le groupe de maquisards reconstitué est organisé de façon militaire, avec détachements et groupes, et continue ses actions. L’objectif fixé par le CNR (Comité National de la Résistance) est d’harceler Milice et Allemands de sorte qu’ils restent encore sur place et ne se déploient sur le territoire français où des opérations sont programmées comme le débarquement en Provence.

Cependant, entre Guérilleros et FTP, avec l’aide matérielle de la population, la Vallée du Douctouyre devient la « bête noire » de l’occupant. Des incursions meurtrières s’y produiront tout le mois de juin : le 13, au Merviel, Cyprien Rouch est tué et Mme Giret, femme du responsable des parachutages est arrêtée et déportée au camp de Ravensbruck où elle mourra ; le 26, deux civils sont fusillés à Arvigna ; le 29, c’est la tragédie de la ferme Marty où 3 civils sont fusillés et brûlés dans leur maison…sans compter les arrestations, les pillages et incendies de maisons.

 

Quant aux maquisards FTP, ils quitteront la vallée le 30 juin pour d’autres actions et seront, une nouvelle fois, attaqués de façon organisée par Allemands et Miliciens: ce seront les combats de Roquefixade (les 6 et 7 juillet) qui feront le plus de morts parmi les résistants (16 tués) pour l’un des affrontements qui libérera l’Ariège. Les Guérilleros, de leur côté, continueront leurs actions : on les retrouvera, entre autres à la fin août, pour la Libération de Foix, à Prayols et à Rimont avec toutes les forces de la résistance ariégeoise.

 

Rappelons que l’Ariège n’a pas été libérée par une armée en uniforme : ce sont des personnes qui se sont prises en main (toutes tendances confondues), qui se sont organisées avec les « moyens du bord », et qui, par leur ténacité et leur motivation ont permis le résultat que l’on connaît.

Quant aux seuls militaires diligentés quelques jours avant la Libération (et parachutés non loin de Vira : est-ce un hasard ?), ils ne le furent que pour aider (un peu tard !) à un minimum de logistique et s’assurer de la prise du pouvoir politique dans le département…

 

 

 

 

 

NB : La commune de Vira faisait partie de l’arrondissement de Pamiers en 1801 ; puis passe à celui de Foix en 1926 ; enfin dans celui de Pamiers en 1942

 

Pour ce qui est du religieux, Vira dépend du doyenné du Pays d'Olmes-Mirepoix et du secteur paroissial de Rieucros comprenant: Arvigna, Dun, Engraviès, Le Merviel, Lapenne, Le Sautel, Lieurac, Manses, Saint-Félix de Tournegat, Teilhet, Vals, Vira, Calzan, Viviès

 

Municipales 2008:  143 Inscrits

 

 

 

Patrimoine :

 

DSCF0018.JPG (123287 octets)

 

Église Sainte Catherine (XIX°siècle)

Monument des combats du 9 juin 1944

 

"1939-1944

Aux Morts de la Résistance et Victimes du Nazisme de la Vallée du Douctouyre

Roubichou Fernand, Balasc Paul, Bonnafous Paul, Neuville J. Jacques = Tués au Combat de Vira le 9 juin 1944

Naudy Antoine = Fusillé à Arvigna le 29 juin 1944

Delbosc Eloi, Amouroux Jules, Giret née Delpla Juliette = Déportés

Rouch Cyprien, Charry Théophile, Authié Mimi, Rouja Joseph, Rescanière Alphonse, Gaudonville Fernand, Naudy Jean, Soler François = Victimes Civiles

Passant Souviens-toi"

 

Roc Traoucat

Pic de Thuriège (où se déroulèrent une partie des combats du 9 juin 1944: un monument en rappelle le souvenir entre Thuriège et Embayourt)

Anciennes carrières de pierre

Ancien ermitage de Jeanniquet (ferme)

Et son vin "Coteaux d'Engraviès"!!!

 

 

Pour en savoir plus…

 

J. Baylé, « Archéologie du canton de Varilhes », BSA 1970-1971

Nadouce O. : « Combattants sans uniforme. De Vira à la Libération », 2001

Petris J.J. : « Le maquis de Roquefixade », 1999

Gos A. : « Le moulin d’Embayourt »

Plans divers et dossiers: ADA 2 O 1912 (du village, construction d’un puits, église, pressoir à vendanges…)

 

 

 

Sites Internet :

 www.citaenet.com/varilhes

 http://portaildescommunes.cg09.fr

http://www.histariege.com/resistance.htm (dans "Textes, Divers") ou sur ce site dans "thèmes", à la page d'accueil, puis "Résistance")

http://www.ariegenews.com/news/news-1-17-1235.html (Sur le renouveau de la vigne à Vira: Philippe Babin)

http://ariege.vierurale.eu/Agri-Environnement/Viticulture%20ariegeoise-%20une%20nationale%20-%2011-06.html  (sur le renouveau de la vigne)

http://vira.1.free.fr

 

 

Armorial (1696): Tranché de sinople et d'or

(Réalisation: Y.A. Cros du Cercle Généalogique de Languedoc)

 

 

Registres paroissiaux et État Civil aux ADA ou commune: 1ére date : 1699

 

 

(Étude: J.J. Pétris; participation d'Y.A. Cros)