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Centenaire de la Grande Guerre en Ariège
Contribution de lAssociation du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège
Publications:
"Les Dardanelles 1915. Les "soldats oubliés" (neuf mois de guerre, de morts et de souffrances...)" Claude Aliquot; Aquarelles réalisées par le général Gilbert Nougué (96 pages; 10. Disponible à l'Office du tourisme de Pamiers) *
"Les poilus ariégeois dans la Grande Guerre. Hommage aux soldats de l'Ariège et de Midi-Pyrénées mobilisés au 17ème Corps d'Armée" Ouvrage collectif de l'Association du Centenaire de la Grande Guerre en Ariège. 424 pages; nombreuses illustrations. Dépôt légal: décembre 2013. Année d'édition: 2014
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ÉTAT DESPRIT DE LARMÉE FRANCAISE
AVANT LE DÉCLANCHEMENT DU CONFLIT.
Au moment de lentrée en guerre, lopinion publique française était agitée par de nombreuses questions : - un fort sentiment antimilitariste prôné par certains hommes politiques et syndicalistes comme Gustave HERVÉ (1871/1944) qui, dans un article intitulé "Lanniversaire de Wagram" publié dans le journal "Le travailleur socialiste de lYonne" sous la signature "Sans Patrie", du 20 juillet 1901, développe une doctrine fondée sur le recours à linsurrection en cas de guerre. Thème développé dans le journal "Le piou-piou de lYonne" et soutenue par lhomme politique Jean JAURÈS (1859/1914). - une production littéraire antimilitariste tels : "Le cavalier Liserey" dAbel HERMANT (1862/1950), publié en 1887, dans lequel il fait état dun cavalier du 21° régiment de chasseurs de Rouen qui est violé par toute une chambrée[1] ; "Biribi" de Georges DARIEN (1862/1921), écrit en 1888, qui conte son expérience militaire dans un camp disciplinaire du sud tunisien[2] ; "Les Sous-offs" de Lucien DESCAVES (1861/1949), paru en 1889, qui fait le portrait de la vie en caserne à Dieppe[3] (ce qui valut un procès à lauteur pour injures contre larmée) ; - un anticléricalisme débridé provoqué par les différentes lois, choquant une grande partie de la population, promulguées par les gouvernements successifs de la III° République, à la fin du XIX° et au début du XX° siècle concernant notamment : - linterdiction de lenseignement par les religieux dans les établissements primaires publics[4] ; - lobligation pour les congrégations religieuses dobtenir une autorisation législative pour exister, comme stipulé dans la loi de 1901 sur les associations[5] - la dissolution des congrégations pour lesquelles la reconnaissance naurait pas été octroyée[6] (près de 400 durent sexiler) ; - la suppression du droit denseigner aux congrégations religieuses autorisées ayant ouvert de nouveaux établissements[7] (ce qui entraîna la fermeture de 2 500 établissements) ; - lappropriation par lÉtat, des biens du clergé, voulu par la loi de séparation des Églises et de lÉtat[8].
Dautres décisions législatives et gouvernementales mettant directement en cause les institutions militaires entraînèrent la démission de nombreux officiers catholiques qui se sentirent insultés. Il sagit de : - la suppression des aumôneries militaires[9], remplacée en 1880, par lautorisation à des ministres des cultes dexercer dans les camps, les forts détachés et les garnisons placées hors de l'enceinte des villes, contenant un rassemblement de deux mille hommes au moins et éloignés des églises paroissiales et des temples de plus de trois kilomètres, ainsi qu'aux hôpitaux et pénitenciers militaires[10] ; - linterdiction faite à larmée de rendre les honneurs dans les établissements religieux ; - le fichage des officiers catholiques[11] (commentaire du journal "Le Figaro")[12] ; - lintervention de la gendarmerie et de larmée pour assurer les inventaires prévus[13] par la loi de séparation des Églises et de lÉtat[14].
C.A.
[1] - Éditeur G. CHARPENTIER et Cie 1887. [2] - Éditeur Alfred SAVINE 1890. [3] - primitivement titré "Les culs rouges" [4] - loi du 30 octobre 1886 sur lorganisation de lenseignement primaire J.O du 31 octobre 1886 p. 1/7. [5] - loi du 1° juillet 1901 J.O. du 2 juillet 1901 p. 4025/4027. [6] - loi du 17 juillet 1903 J.O. du 18 juillet 1903. [7] - loi du 7 juillet 1904. [8] - loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de lÉtat J.O. du 11 décembre 1905 p. 7205/7209.. [9] - loi des 20 mai - 3 juin 1874. [10] - loi du 8 juillet 1880. [11] - loi du 7 juillet 1904. [12] - Le Figaro 27 octobre 1904 - http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k286778k. [13] - circulaire du 1906 [14] - loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de lÉtat J.O. du 11 décembre 1905 p. 7205.
Les soldats ariégeois dans la guerre.
Lorsquil est fait état des régiments ariégeois qui ont participé à la Grande Guerre, nous pensons immédiatement au 59e régiment, à son régiment de réserve dérivé, le 259e régiment dinfanterie ainsi quau régiment des plus anciens, le 134e régiment dinfanterie territoriale. Les durées respectives des services dans ces régiments étaient de trois ans pour le premier, onze ans pour le second et de sept ans pour le dernier. Ces régiments basés à Foix et à Pamiers accueillaient bon nombre de recrues ariégeoises certes, mais navaient pas la capacité dabsorber toute la substance mobilisable du département. Une part importante des jeunes ariégeois était donc incorporée dans dautres formations et notamment, mais pas exclusivement, en Midi-Pyrénées. Cest en lisant le mémoire de maîtrise de lettres et sciences humaines dAndré Allard : "Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale"[1] que nous avons constaté que la plupart des soldats ariégeois morts à la guerre servaient dans des unités relevant du 17e corps darmée de Toulouse essentiellement constitué de recrues du Sud-Ouest, dont beaucoup dariégeois. Dans les lignes qui suivent nous faisons état de quelques exemples qui nous ont confortés dans notre démarche :
· Les sept régiments dinfanterie dactive :
· Les trois régiments dartillerie dactive :
· Les deux régiments dinfanterie de réserve non endivisionnés :
· Les formations dappui du génie :
· Les formations déclairage et de reconnaissance
· Les formations de soutien santé :
· Les Appuis dartillerie lourde :
· Les trois régiments dinfanterie de réserve des unités constituant le 17e corps darmée affectés dans la 134e brigade de la 67e division dinfanterie relevant de la XVIIe Région Militaire :
· Les trois régiments dinfanterie de réserve des unités constituant le 17e corps darmée affectés dans la 133e brigade de la 67e division dinfanterie de la XVIIe région militaire :
Quant aux régiments dinfanterie territoriale : les 129e RIT dAgen, 130e RIT de Marmande, 131e RIT de Cahors, 132e RIT de Montauban, 133e RIT de Toulouse, 134e RIT de Foix, 135e RIT de Mirande et 136e RIT de Saint Gaudens ; ils ne relevaient pas du XVIIe corps darmée de Toulouse. Nous trouvons cependant des ariégeois morts pour la France dans ces unités. Il en est ainsi dans :
Comme évoqué précédemment il est à rappeler que certains autres ariégeois étaient mobilisés en fonction de leurs aptitudes, de leurs desiderata ou des besoins du moment, dans dautres régiments, tels : - Paul Méric, résidant à Moulin Neuf, au 134e RI[30] ; - Lucien Aserguel, capitaine sergent major du 404e RI , né à Saint Paul de Jarrat le 13 novembre 1887, mort au combat au bois de Riquebourg (Oise) le 11 août 1918[31] ; - Joseph Cancel, canonnier conducteur au 3e RAC de Castres, né le 10 janvier 1899 à Foix et mort de maladie le 25 octobre 1918 à Dôle[32] ; - Jean Albert Maffre, maréchal des logis au 9e RAC de Castres, né le 25 novembre 1892 à Garanou et mort par éclats dobus le 15 décembre 1914 à La Bassée (Nord)[33] ; - Léon Delpech, brigadier au 5e cuirassier, né à Bélesta le 16 mars 1894, tué à la ferme de Bonnemaison dans lAisne le 30 mai 1918[34] ; - Jean Auguste Taillefer, médecin major au 1er zouaves, né à Saint Jean du Falga, exhumé à Oosvleteren (Flandre occidentale)[35]. - Jean Escassut, quartier maître mécanicien à bord du patrouilleur auxiliaire lAlexandrine, né à Lacourt le 25 août 1886, mort par noyade le 29 mars 1917 à Boulogne sur Mer[36] ; - Maurice Sicre, soldat aérostier, originaire dAxiat, exhumé à Châlon sur Marne[37] ; - Raoul Henri Benoist, adjudant à la 1re formation daviation, originaire de Pamiers, exhumé à Épinal[38].
Il nest pas rare de voir des soldats ariégeois, bien quaffectés au 59e RI, servir successivement dans plusieurs unités, lexemple nous en est donné en la personne de : - Léon Lafitte, né à Saint Paul de Jarrat, le 6 juin 1885, qui sest engagé dans larmée française le 11 novembre 1904 et incorporé au 59e RI. Mis en disponibilité le 23 septembre 1905, il est réformé le 7 février 1907. Le 2 août 1914, il sengage pour la durée de la guerre, affecté au groupe de brancardiers du 33e corps darmée ; bien dautres affectations lui seront données au cours de ce conflit[39].
En revanche des hommes originaires dautres départements ont effectué leur service national dans le régiment dactive de lAriège, le 59e RI, tel le clairon Alfred Parens, né le 21 juin 1888 à Lannes (Gers), tué au champ dhonneur le 29 avril 1918 au Mont Noir[40].
Compte tenu de la dispersion des combattants dorigine ariégeoise dans les différents régiments nous nous limiterons au suivi de ceux dans lesquels nos soldats sont présents en plus grand nombre; nous rappelons quil sagit des unités du 17e corps darmée rattaché à la IVe armée.
Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle, Mais pourvu
que ce fût dans une juste guerre.
Quelques données chiffrées, définitions et organigrammes quil est intéressant de connaître demblée pour rendre le langage militaire, souvent hermétique aux lecteurs non initiés, plus abordable et leur permettre de mieux appréhender le contexte de l'époque. 1- En France le premier jour de la mobilisation est le dimanche 2 août 1914. 2- LAllemagne déclare la guerre à la France le 3 Août 1914. 3- La France compte en 1914, 38 millions dhabitants. 4- Le 18 août, à la fin de la concentration, soldats sont prêts à entrer en campagne, 680 000 sont dans les dépôts, 235 000 outre-mer, 65 000 sur mer, 200 000 territoriaux assurent la garde des voies de communication. 5- Pendant toute la guerre, 8,7 millions de soldats et de marins furent mobilisés, (6% de soldats indigènes, un tiers venu d'Afrique noire, la moitié du Maghreb) et 800 000 travaillèrent dans les usines darmement en tant quaffectés spéciaux. 6- L'armée de terre française compte, en 1914, 5 armées mises à la disposition du commandant en chef. Ces 5 armées se composent de 21 corps d'armée correspondant chacun à une région militaire. Un corps d'armée comprend un quartier général, deux divisions d'infanterie, une artillerie de corps, une cavalerie de corps, des formations du génie, des services de santé, vétérinaire, trésorerie, poste, prévôté. Il compte 38 000 hommes, dont 30 000 combattants et 13 000 chevaux, placés sous le commandement d'un général de division (2 étoiles). 7- Au 1er août 1914, il y a déjà 880 000 hommes sous les drapeaux : il s'agit des classes 1911 à 1913, qui forment l'armée d'active (nés entre 1891 et 1893 : 21 à 23 ans). 8- La mobilisation appelle hommes des classes 1900 à 1910 qui forment la réserve (nés entre 1880 et 1890 : 24 à 34 ans) et 700 000 des classes 1886 à 1899 qui forment la territoriale (nés entre 1866 et 1879 : 35 à 48 ans). À ces hommes contraints, se rajoutent les 71 000 engagés volontaires, qui soit devancent l'appel (le record est à 15 ans) soit sont étrangers (ces derniers sont 26 000 en 1914). 9- Total : hommes mobilisés en août 1914, sur une population de 38 millions d'habitants, formant 94 divisions : 47 d'active (chacune de 17 286 hommes), 25 de réserve, 12 de territoriale et 10 de cavalerie. . LES CATEGORIES DES FORCES MOBILISEES. Entre 1914 et 1918, huit millions dhommes entre 18 et 45 ans sont mobilisés soit 20% de la population. Selon son âge, chaque homme doit sacquitter de ses obligations militaires, passe par trois armées réglementaires différentes :
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments dactive : numérotés de 1 à 176. Elle est composée des hommes âgés de 21 à 23 ans cest-à-dire nés en 1891, 1892, 1893 et au delà. La durée du service est de 3 ans.
Sont mobilisés dès le début du conflit les régiments de réserve : numérotés de 201 à 421. Elle est composée des hommes âgés de 24 à 33 ans cest-à-dire nés entre 1881 et 1890. La durée est de 11 ans.
Sont mobilisés tout au long du conflit les régiments de la territoriale et de la réserve territoriale. Elle est composée des hommes âgés de 34 à 39 ans cest-à-dire nés entre 1875 et 1880. La durée est de 7 ans. Le régiment dinfanterie territoriale, ou RIT, était composé dhommes âgés de 34 à 49 ans, considérés comme trop âgés et plus assez entraînés pour intégrer un régiment de première ligne dactive ou de réserve. Les Territoriaux ou Pépères, initialement chargés de la défense des places fortes, des côtes et des points stratégiques et des différents services de gardes, ont joué un grand rôle pendant la Première Guerre mondiale.
Elle est composée des hommes âgés de 40 à 45 ans cest-à-dire nés entre 1868 et 1874. La durée est de 7 ans. Rapidement la réserve de larmée territoriale incorpore les hommes âgés de 46 à 49 ans cest-à-dire nés entre 1868 et 1865. Elle nest en principe, pas destinée à entrer en campagne.
LORGANISATION SOMMAIRE DE LARMEE FRANCAISE AU DEBUT DE LA GUERRE. (Quelques définitions.)
LA GUERRE DES REGIMENTS ARIEGEOIS
LES GARNISONS DES UNITES DU 17e CORPS DARMEE REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES UNITES DU 17e CORPS DARMEE ET DE LA 17e REGION MILITAIRE. NOTA : Les régiments dinfanterie territoriale (RIT) sont mobilisés sur place mais ne relèvent pas du 17e corps darmée. Sitôt mobilisés, ils rejoignent une autre grande unité ; par exemple, le 134e RIT de Foix, rejoint la 91e division dinfanterie territoriale dans les Alpes.
ORGANIGRAMME DE LA 67e DIVISION D INFANTERIE RATTACHEE A LA 17e REGION MILITAIRE LE 02 AOUT 1914.
Les Régiments d'Infanterie Territoriale mobilisés en 17ème région Militaire
La plupart des RIT de la 17e RM sont rattachés à la 91e division dinfanterie territoriale de larmée des Alpes.
[1] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.1 - Université Paul Valery Montpellier 1994. [2] - site : http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/hrml/base1418. [3] - - idem - [4] - - idem - [5] - - idem - [6] - - idem - [7] - - idem - [8] - - idem - [9] - - idem - [10] - documentation personnelle [11] - idem - [12] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.1 - Université Paul Valery Montpellier 1994. mais relevant du 7e R.I. dans le mémorial [13] - site : memorial [14] - - idem - [15] - - idem - [16] - - idem - [17] - - idem - [18] - - idem - [19] - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H. [20] - monument aux morts de léglise de Saverdun [21] - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H. [22] - site : memorial [23] - - idem - [24] - site : memorial [25] - site : memorial [26] - - idem - [27] - - idem - [28] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.2 - Université Paul Valery Montpellier 1994. [29] - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H. [30] - Carnets de guerre 1914/1915 du sergent François COTHENET du 134° Régiment dInfanterie. [31] - La Preuve du sang - Livre dor du Clergé et des Congrégations 1914/1922 Éditions de la Bonne Presse Paris 1925. [32] - http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/resultregi.php?nunit=117&tunit=R.A.L.H. [33] - idem - [34] - mémorial [35] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.10v - Université Paul Valery Montpellier 1994. [36] - site : mémorial [37] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.3 - Université Paul Valery Montpellier 1994. Non mentionné dans mémorial. [38] - André ALLARD - Le transfert des corps en Ariège pendant et après la Première Guerre Mondiale - Maîtrise de lettres et sciences humaines Annexe 16.7v - Université Paul Valery Montpellier 1994. Non mentionné dans mémorial. [39] - Claude ALIQUOT Témoignages religieux de la Grande Guerre in site : Ministère de la Culture : in situ n° 2011/16. [40] - site : Histariège.com.
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LE 59° REGIMENT DINFANTERIE
A LA BATAILLE DE
BERTRIX
Le 22 août 1914, le 59° Régiment dinfanterie, unité incorporée au sein du XVII° Corps dArmée, lui-même relevant de la 34° division dinfanterie reçoit lordre daller combattre lennemi en Belgique, au nord-est de Sedan.
Parti de Muno le 59°, qui marche en tête de la 68° brigade, arrive à Offagne vers midi après une marche harassante en terrain forestier accidenté, une chaleur étouffante a fortement fatigué les hommes.
A 12h30, le colonel Eugène DARDIER, commandant du régiment, reçoit lordre de se porter sur Anloy en passant par Jehonville et Sart. Cest à la lisière du bois de Bertrix que la 1 section de la 10° compagnie, commandée par le chef de bataillon MIR, essuie les tirs allemands. Les premiers soldats ariégeois sont tués.
Par trois fois, les hommes du 59° sélancent à lassaut des positions ennemies bien à labri dans des tranchées protégées par des fils de fer barbelés. Bravant les tirs des mitrailleuses et des pièces dartillerie, nos courageux combattants réussissent à enlever deux lignes de tranchées au prix de nombreuses pertes dont celle du chef de bataillon MIR. Prenant alors le commandement, le capitaine ANÉ repart à lattaque mais ses hommes succombent sous le feu des allemands.
Vers 17h00 le colonel DARDIER sélance à lattaque avec le reste de ses troupes. Il est lui-même tué ainsi que de nombreux soldats de son régiment.
Au cours de cette bataille de Bertrix, les pertes du 59° régiment sont immenses : le colonel a été tué ; sur 1es trois officiers supérieurs un seul reste disponible ; les 2/3 des officiers subalternes ont été tués ou mis hors de combat ; le régiment a perdu plus du tiers de ses effectifs.
Cest au cours de ces affrontements que le soldat Louis AURIOL, né à Pamiers le 16 mars 1887, sera le premier soldat appaméen porté disparu au combat durant ce conflit. A lissue des hostilités ses restes seront identifiés ; il sera inhumé au cimetière militaire dAnjoy dans la province de Luxembourg en Belgique.
Comme beaucoup de familles françaises et ariégeoises, les AURIOL auront la douleur de perdre dautres proches dans ce conflit. Ainsi la sur de Louis : Marie Louise, verra son mari Étienne RAYNAUD, matelot chauffeur sur le paquebot réquisitionné lAustralien, disparaître en mer le 18 juillet 1918, lors du torpillage de ce bâtiment par un sous-marin allemand, entre la Sicile et la Tunisie.
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LUNIFORME DU FANTASSIN FRANÇAIS
Le "Pioupiou" daoût 1914[1]. Depuis la guerre de 1870 luniforme du fantassin français navait guère évolué, toujours aussi voyant avec son pantalon rouge "garance" qui en faisait une cible parfait pour lennemi et toujours aussi inefficace pour affronter la chaleur de ce mois daoût où la pluie et le froid glacial de lhiver 1914/1915. Son "barda" se composait: de son uniforme: -une paire de brodequins, modèle 1912; de jambières en cuir, modèle 1913; un pantalon rouge "garance", modèle 1877; un caleçon; une paire de bretelles en cuir à trois branches; une chemise; unképi rouge et bleu, modèle 1884; un ceinturon, modèle 1845; un mouchoir; une cravate bleue en coton; une capote de toile bleu, modèle 1877 de son sac à dos ou havresac (avec cadre en bois), modèle 1893: - une chemise de rechange; des lacets de rechange; un bonnet de police; un élément de toile de tente collective. . · de la musette contenant : - une autre paire de brodequins ; une gamelle et divers ustensiles : ouvre boîte, quart, seau en toile ; une gourde dun litre, modèle 1877, lorsquelle nest pas attachée au côté ; une baguette de fusil ; les vivres du jour. · de son armement : - un fusil Lebel, modèle 1886, modifié 1893 ; une baïonnette, modèle 1886, dite "rosalie" ; trois cartouchières en cuir, modèle 1905, deux disposées en avant du ceinturon, une dans le dos.
Le "fantassin" de lautomne 1914. Prenant conscience des carences de cet uniforme, lÉtat major dote le fantassin dun nouvel uniforme et déquipements mieux adaptés dès lautomne 1914. Il fait distribuer des couvres képis et des couvre pantalons de couleur bleu et des rouleaux dépaules pour les protéger du havresac. Pour les hommes qui nont pas encore reçu ce dernier équipement, elle ordonne de porter les pants de la capote relâchés de manière à cacher le plus possible le pantalon rouge "garance". Le "Poilu" du printemps 1915[2]. Après la victoire de la bataille de la Marne, qui sest déroulée entre août et septembre 1914, le commandement français fait adopter une nouvelle teinte pour luniforme de son armée : le "bleu horizon", mais la livraison en sera longue. Une nouvelle capote en tissu est conçue : la capote "Poiret" ; la culotte est en velours côtelé ; les bretelles de suspension et les cartouchières ne sont plus en cuir, mais en ersatz ; le ceinturon, modèle 1903 est adopté ; les bandes molletières deviennent "bleu horizon" ; le numéro du régiment est mentionné sur le collet de couleur jonquille ; une petite musette en ersatz permet de loger le sachet de compresse contre les gaz et une lunette de protection.
Le "Poilu" de lautomne 1915. Après les batailles de l'Artois en mai 1915 et celle de Champagne en septembre de la même année, le conflit s'enlise dans les tranchées. L'uniforme du fantassin français évolue, le fameux "bleu horizon" que ce soit pour la capote "Poiret", nouveau modèle, où le pantalon est standardisé. L'équipement de cuir fauve devient majoritaire, mais le principal changement est l'arrivée du casque d'acier "Adrian" qui protège des blessures à la tête. Les brodequins changent de modèle. Le numéro de collet est désormais bleu horizon. En ce qui concerne la protection contre les gaz, un nouveau modèle de tampon, le P2, ainsi qu'un nouveau sachet, le S2, sont mis en service.
Le "Poilu" du printemps 1916. A partir de ce moment luniforme de larmée française est quasiment définitif. Quelques aménagements sont néanmoins effectués : la brillance de la peinture du casque "Adrian" sous le soleil est atténuée par ladoption dun couvre casque. La guerre des gaz a fait adopter un nouveau masque, le M2, et son boîtier métallique. Enfin, un nouveau fusil : le "Berthier" plus pratique à utiliser avec des lames à cinq cartouches plus rapide à recharger est adopté pour linfanterie.
Claude.ALIQUOT
========================================= LA CONSCRIPTION ET LAPPEL SOUS LES DRAPEAUX.
Le texte fondateur établissant un service militairement obligatoire est la loi Chasseloup-Labat du 27 juillet 1872[1] pris au lendemain de la guerre de 1870 contre la Prusse. Le tirage au sort était maintenu : pour les mauvais numéros le service dans larmée active était de CINQ ans et de QUATRE ans dans la réserve ; pour les bons numéros, de SIX mois à UN an. Même si elle supprimait toutes les formes de remplacement, elle restait inégalitaire. En effet, outre les exemptions pour malformations, elle laissait subsister beaucoup de dispenses, notamment pour les enseignants, les ecclésiastiques et les soutiens de famille. Un service volontaire dUN an était réservé pour les bacheliers.
Toutefois, pour réduire la trop grande inégalité entre "bons" et "mauvais" numéros, la loi Freycinet du 15 juillet 18892ramena à TROIS ans la durée du service pour les mauvais numéros. Elle tenta également de créer un véritable corps dofficiers de réserve en proposant aux étudiants des grandes écoles, ou qui préparaient des carrières dans lenseignement ou la magistrature, daccomplir UNE seule année de service actif, sous le nom "dengagés conditionnels" à charge pour eux de verser à lÉtat une indemnité compensatrice de 1 500 francs, ce qui était beaucoup pour lépoque.
Une nouvelle loi, en date du 21 mars 1905[2] dite "des curés sacs au dos" vient supprimer le tirage au sort, réduire la durée du service à DEUX ans et toutes les dispenses de service militaire. Désormais 85% des français porteront luniforme. Les réservistes sont tenus : - de rejoindre leur corps en cas de mobilisation de rappel de leur classe et de convocation pour les manuvres ou exercices ; - de participer : - à des manuvres de quatre semaines chacune pendant le temps de service dans la réserve de larmée active, - à une période dexercice de deux semaines pendant le service dans la réserve de larmée territoriale.
Le rescrit de 1912 lève lirrégularité canonique encourue lorsquun ecclésiastique ou un religieux porte les armes.
- http://www.ancestramil.fr/uploads/01_doc/organisation/loi_15...
Les tensions entre lAllemagne et la France saccroissant, imposent le vote de la loi Bardou, le 7 août 1913[3]. Cette loi fixe la durée du service militaire à TROIS ans, ONZE ans dans la réserve active, puis SEPT ans dans la territoriale et SEPT ans dans la réserve territoriale, ce qui porte à 28 années la durée totale des obligations militaires. Elle autorise aux officiers de réserve la possibilité de participer à des périodes annuelles de quinze jours rémunérées. Elle permet à larmée active de passer de 525 000 à 880 000 hommes et de créer ainsi dix régiments supplémentaires ce qui correspond à un Corps darmée, alors que larmée allemande est passée durant cette période, de 675 000 à 830 000 hommes. Les classes étant appelées lannée suivante de leur formation, à compter du 1° novembre, la répartition des classes dâge en août 1914 sopérait ainsi : Armée active nés entre 1891 et 1892 Réserve de larmée active nés entre 1881 et 1890 Armée territoriale nés entre 1875 et 1880 Réserve de larmée territoriale nés entre 1869 et 1874
Ainsi, lorsque le gouvernement français déclare la mobilisation générale le 1° août 1914, trois classes sont alors sous les drapeaux : la 11, depuis octobre 1912 ; la 12 depuis octobre 1913 et 13 depuis novembre 1913. La majorité de ces hommes fut envoyée rapidement au front. . Les hommes de la classe 1911 attendaient leur libération en octobre 1914. Ils resteront sous luniforme plus de SIX ans et DIX mois et feront partie de la classe la plus décimée.
Au cours du conflit, de nombreuses dispositions sont prises pour éviter la pénurie dhommes sous les drapeaux. Ainsi : - par décret du 14 janvier 1914, lexamen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1914 sont fixés au 16 février 1914 et devront être clôturés pour le 6 juin 1914[4] ; - par décret du 2 septembre 1914, lexamen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1915 seront dressés sans délai devront être clôturés pour le (27 septembre 1914)[5] ; - par décret du 3 décembre 1914, lexamen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe 1916 seront dressés, publiés et affichés dans chaque commune au plus tard le troisième dimanche de décembre 1914[6].
La loi du 15 mars 1915 décide que lappel par anticipation de la classe 1916 serait faite par un arrêté du ministre de la guerre[7].
Il en est de même pour le recensement et la révision des classes suivantes : - classe 1917, loi du 6 avril 1915, fixant au 25 avril 1915 la date de publication des tableaux de recensement[8] ; - classe 1918, loi du 1° décembre 1916[9], complétée par le décret du 7 décembre 1916[10] précisant que lexamen des tableaux de recensement et les opérations du conseil de révision de la classe commenceront le 28 décembre 1916 et seront clôturés le 14 mars (1917) ; en outre, les indigènes algériens inscrits sur les tableaux de recensement de la classe 1917 dressés en vertu du décret du 3 février 1912, modifié par le décret du 28 novembre 1913, et résidant dans la métropole, seront convoqués devant les conseils de révision métropolitains de 1a classe 1918 pour y être examinés relativement à leur aptitude ; - classe 1919, loi du 2 janvier 1918[11], fixant au troisième dimanche qui suit la date de promulgation de la loi (soit le 20 janvier 1918).
Quant à lappel sous les drapeaux de la classe 1918 par anticipation, il est décidé par la loi du 31 mars 1917 quil aurait lieu : aux Antilles, à la Guyane, à la Réunion, et dans les communes de plein exercice du Sénégal, en même temps que dans la métropole. Toutefois, les recrues de ces colonies seront incorporées et instruites sur place ou dans les régions voisines pour être, à partir du mois d'août 1917, utilisées au mieux des intérêts de la défense nationale.
Un tableau permet de concrétiser ces différentes situations :
Appel sous les drapeaux Date théorique Date effective Classe //09/1914 Classe //12/1914 Classe //04.1915 Classe //01/1916 Classe //04/1917 Classe //04/1918
[1] - [2] - [3] - [4] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 102. [5] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 2572. [6] - Bulletin des lois de la République française, Tome 6, 1ère section, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1914, page 3099. [7] - Législation de la guerre de : Lois, décrets, arrêtés ministériels et circulaires ministérielles, Volume 2, Editions F. Pichon et Durand-Auzias, Paris, 1915, page 60. [8] - Législation de la guerre de : Lois, décrets, arrêtés ministériels et circulaires ministérielles, Volume 2, Editions F. Pichon et Durand-Auzias, Paris, 1915, pages 102-103. [9] - Bulletin des lois de la République française, Tome 9, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1918, pages 472 et 473. [10] - Bulletin des lois de la République française, Tome 8, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1917, pages 1953 et 1954.
[11]
-
Bulletin des lois de la République française, Tome 10, Imprimerie nationale des lois, Paris, 1919, pages 7 et
8.
Gloire au 17°
Gaston MONTÉHUS
Le cri du poilu Vincent
SCOTTO (1916) V'là plus d'une
année A nos poilus qui
sont au front Quand en
ribambelle A nos poilus qui
sont au front Quand dans la
tranchée A nos poilus qui
sont au front
Le texte fondateur établissant un service militairement obligatoire est la loi Chasseloup-Labat du 27 juillet 1872 pris au lendemain de la guerre de 1870 contre la Prusse. Le tirage au sort était maintenu : pour les mauvais numéros le service dans larmée active était de CINQ ans et de QUATRE ans dans la réserve ; pour les bons numéros, de SIX mois à UN an. Même si elle supprimait toutes les formes de remplacement, elle restait inégalitaire. En effet, outre les exemptions pour malformations, elle laissait subsister beaucoup de dispenses, notamment pour les enseignants, les ecclésiastiques et les soutiens de famille. Un service volontaire dUN an était réservé pour les bacheliers.
Toutefois, pour réduire la trop grande inégalité entre "bons" et "mauvais" numéros, la loi Freycinet du 15 juillet 1889 ramena à TROIS ans la longueur du service pour les mauvais numéros. Elle tenta également de créer un véritable corps dofficiers de réserve en proposant aux étudiants des grandes écoles ou qui préparaient des carrières dans lenseignement ou la magistrature, daccomplir UNE seule année de service actif, sous le nom "dengagés conditionnels" à charge pour eux de verser à lÉtat une indemnité compensatrice de 1 500 francs, ce qui était beaucoup pour lépoque.
Une nouvelle loi, en date du 21 mars 1905 dite "des curés sacs au dos" vient supprimer le tirage au sort, réduire la durée du service à DEUX ans et toutes les dispenses de service militaire. Désormais 85% des français portent luniforme.
Le rescrit de 1912 lève lirrégularité canonique encourue lorsquun ecclésiastique ou un religieux porte les armes.
Le recrutement de larmée française
[1] - Cette onomatopée est le titre dune comédie dAntoine François VERNER, créée en 1838. Elle fut reprise dans la chanson de Gaston Mordoché BRUNSWICK (dit Gaston MONTÉHUS (* Paris 09 juillet 1872 / + Paris 31 décembre 1952) "Gloire au 17°" composée à la gloire des soldats de ce régiment de ligne dont la 6° compagnie, qui, apprenant que la troupe avait, le 20 juin 1907 à Carcassonne, chargé les manifestants suite à la crise viticole, pillèrent larmurerie de la caserne dAgde où elle était casernée, se rendirent à Béziers le 21 juin et sopposèrent pacifiquement, la crosse en lair, face aux forces armées en place. [2] - Le terme "Poilu" a été entériné en 1916 par une chanson du compositeur Vincent SCOTTO (* Marseille 21 avril 1874 / + Paris 15 novembre 1952) et interprétée par Nine PINSON.
============================================================== Intervention Préfecture Ariège 07 /08/ 2014
« Au début de lété 1914, partout le sang montait à la tête des nations » écrit le grand écrivain autrichien Stefan Zweig dans son autobiographie « Le Monde dhier ». Cest en effet au terme dune longue crise diplomatique, traduction dun nationalisme de puissance amplifiée par le mécanisme des alliances, que le 3 août 1914, lAllemagne de Guillaume II nous déclare la guerre. Les ariègeois comme tous les français de métropole et des colonies se préparent alors à faire leur devoir. Quel sont ces hommes qui pendant quatre ans vont connaitre lenfer ? Ils sont pour la plus part dorigine modeste. Si lécrasante majorité de la troupe se compose de ruraux : cultivateurs, salariés agricoles, domestiques... faisant de ce conflit une « guerre de paysans », nombreux sont les ouvriers, les artisans, employés... Mais les ariégeois mobilisés sont aussi pour parti issus de ces classes moyennes qui sont le fervent soutien de la république : commerçants, petits patrons, fonctionnaires, médecins, instituteurs... Ceux-là fourniront nombre de ces « officiers de compléments » ou de ces sous-officiers encadrant la troupe. Cest donc là toute une nation, un peuple ! Et le tocsin qui sonne au clocher de toutes églises dAriège pour appeler à la mobilisation de ces hommes qui croient partir pour une guerre courte, fraiche et joyeuse selon lexpression consacrée, marque bien plus que la fin dune illusoire « Belle Epoque », il sonne laube dune véritable tragédie, une hécatombe humaine ! Et quelles pertes humaines ! Celles de générations pleines d'ardeurs : Au terme de quatre ans de conflits, on relève pour la France 1,4 millions de morts dont 27.000 tombés le seul samedi 27 aout 1914, la journée la plus sanglante de la guerre ! Prés de 30% des hommes de moins de 27 ans ont disparus... Un millier de polytechniciens et de normaliens, la moitié des instituteurs... Les forces vives du pays sont atteintes ! Cette guerre a été une tuerie et des lignées familiales entières y ont été anéanties... A ces disparus, il faut encore ajouter 4,2 millions de blessés, gueules cassées, traumatisés à vie, 750 000 orphelins et 700 000 veuves, à jamais inconsolables... Dans ce lourd bilan national, le grand sud-ouest nest pas en reste : 162 000 morts soit un homme sur six qui a été tué. Plus de 17 % des hommes du 17eme corps ne sont jamais revenus. LAriège seule compte 8000 morts !... Ce livre est le fruit des recherches dun groupe de travail aux compétences variées qui rassemblent pêle-mêle des historiens, des experts militaires, des enseignants Partis initialement sur les traces du 59eme R.I, le régiment de lAriège, sur celles du 259eme, son frère jumeau de réserve, et du 134eme régiment dinfanterie territoriale, nous nous sommes vite rendus compte que les ariégeois avaient servi dans bien dautres unités : les 7e, 9e, 11e, 14e, 20e, 83e, 88e RI pour nen citer que quelques unes dans larmée de Terre. Retracer lhistoire des poilus ariégeois, nous a ainsi conduits à élargir notre recherche jusquà la Marine et laviation. Cest ainsi que tout le 17éme corps darmée est rentré dans notre champ dinvestigation. Héros ou anonymes, officiers, sous officiers, petits grades ou simples soldats, ils sont tous frères darmes par le sang versé et les sacrifices consentis, marqués dans leur chair et dans leur âme. Alors, à lheure où les derniers acteurs de ce drame ont aujourdhui tous disparus, à lheure où désormais dans chaque village, la trace principale de cette guerre reste la litanie des noms qui ségrène aux monuments aux morts, à lheure où la mémoire de ce premier conflit mondial ne repose plus que sur des témoignages indirects ou racontés, il importait que le sacrifice et les souffrances endurées par nos ainées ne retombent pas dans le puits de loubli au moment même où on sapprêtait à célébrer le centenaire de cette Grande Guerre, une guerre dont on espérait quelle fut la « der des ders ». Quils soient du val dAriège, du Couserans, du Quérigut, du pays dOlmes, du Mirapicien ou de la vallée de la Léze ou de lArize, ces hommes pendant plus de quatre ans, faisant preuve de la plus totale abnégation, vont donner le meilleur deux même, jusquà leur vie sur tous les théâtres dopération, de la tragédie de Bertrix, le 22 Aout 1914, tombeau des hommes du grand sud, aux féroces combats des Eparges en passant par lenfer de Verdun ou le front dOrient. Puisse cet ouvrage raviver la flamme du souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour que vive la France. Cet ouvrage avec ses 424 pages de texte, appuyé par lexposition photo et les conférences qui laccompagne, a pour ambition de rendre hommage à ces hommes. Face à lampleur de la tache qui était la notre, face à la complexité du sujet, face à la variété des sources, de la documentation et des témoignages que nous avons recueillis ou quon nous a spontanément apporté, nous avons opté pour une démarche globale chronologique. Ce choix offre lavantage de permettre au lecteur une navigation plus facile entre les grandes charnières temporelles du conflit et autorise les passerelles avec dautres ouvrages sur le même sujet, élargissant donc la polyvalence de louvrage sur lhistoire des Poilus ariégeois. Chaque année étudiée fait en elle-même ainsi lobjet dun chapitre spécifique. A lintérieur, un découpage régimentaire par unité permet à chacun de se repérer plus aisément. Complété par son important cahier photo, sa riche cartographie et ses nombreuses illustrations, puisse ce travail témoigner du sacrifice de nos anciens et de leur foi en un monde meilleur... Cétaient des hommes ! Alors si cet ouvrage collectif permet de transmettre un peu de la mémoire de ceux qui avait lespérance du progrès aux lèvres, il aura atteint son but : Faire que les générations à venir ne les oublie jamais, car nous savons tous comme le disait W. Chuchill qu« » Georges Patrick GLEIZE
================================================================================================== L'Association : Pour commémorer le centenaire de la Guerre , une Association sest créée à Pamiers sous la dénomination :
"Centenaire de la Grande Guerre en Ariège"
Elle projette :
Une convention a été signée avec le site : Histariège, pour la diffusion de ces informations.
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