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Divers
(Résistance et seconde guerre mondiale en Ariège)
Nous proposons quelques textes soit de documents généralement inconnus, soit de récits dépoque, ou de synthèse réalisée par Histariège
Liens Hypertextes :
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Arignac -
Arvigna -
Audinac (Enfants de Troupe) |
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Foix |
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Betchat |
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Maquis -
Mas dAzil |
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Chantier de jeunesse (Bénac) |
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Rimont |
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Déportés -
Douanes |
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Vira |
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Rapport du lieutenant Lummert, fait à Pamiers le 4 septembre 1944, relatant la fin des combats de Prayols (20 août 1944) : « Dans les hautes
vallées de lAriège : Le gros des Allemands se
fait prendre du côté de Prayols. Une centaine a gagné la colline qui domine
Arignac (Roc du Soudour). Un pont saute ;
derrière eux des volontaires sont aussitôt disposés de telle sorte que toutes
les routes et tous les sentiers autour de la colline soient gardés. Une voiture allemande Steyer
est capturée. Butin inespéré : 15 mausers, une mitrailleuse spéciale,
des munitions ad hoc et un mortier HS. Décidément, les maquisards deviennent
redoutables. Lassaut de la colline est donné, la mitrailleuse, mise en
batterie, tire plusieurs rafales, quelques grenades sont jetées, une
fusillade éclate. De là-haut, les boches répondent par de timides salves. Le
moral ny est plus. Bientôt, ils agitent un grand drapeau blanc, un officier
vient discuter des conditions de la reddition. Nos habits linquiètent. Il
demande sil a vraiment affaire à des français, et sils ne vont pas leur
crever les yeux. « Maquis espagnol »,
balbutie-t-il ? « Vous avez à faire à larmée française...» |
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Selon la commission des Crimes
de guerre, la journée sanglante du 29 juin 1944 à Arvigna, est
attribuée à des membres de Récit Maury (en 1945) : « Il y avait là un château où
pendant quelques temps avait cantonné un groupe de guérilleros. Quand les
paysans se lèvent : des sentinelles gardaient toutes les issues. Presque
aussitôt, le château est attaqué et la maison quoccupaient les Espagnols
dynamitée. A Cette famille avait été
dénoncée. Les miliciens font irruption dans la ferme : le père est
abattu dun coup de crosse, les femmes et les enfants envoyés sous escorte au
village, un des fils et les domestiques fusillés devant la porcherie.
Ensuite, le feu est mis à létable et les corps jetés dans le brasier. La
maison dhabitation fut pillée. Un taureau même fut abattu dans un pré à
coups de mitraillette » 1 arrêté ; 4 tués dont deux jetés dans la maison en flammes. |
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Audinac les Bains |
Cet ancien établissement thermal situé sur la commune de Montjoie en Couserans a été transformé en « Centre dEducation Bayard » (Enfants de Troupe devant sengager dans larmée) à la fin de lannée 1941. Lépopée de ce Centre est largement méconnue. Nous proposons de consulter le site Internet des Anciens Enfants de Troupe qui y consacre quelques pages :
et
Voir aussi à |
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Qu'en est-il de cette affaire d'avions dans la grotte de Bédeilhac? Histariège apporte ces précisions : Il
est vrai que dès l'année 1940 (mois de mai), l'entreprise Dewoitine (Société
des Constructions Aéronautiques du Midi) envisage de mettre à l'abri
d'éventuels bombardements une partie de son activité aéronautique en
utilisant des grottes (3000 ouvriers étaient prévus. Deux sites sont
envisagés: Bédeilhac et Le Mas d'Azil. Le maire de Bédeilhac loue à cette
époque (22 mai 1940) la grotte. Un tracé de route reliant le bourg et le site
est étudié par les ingénieurs. Les
événements (arrêt des hostilités en juin 1940) interrompent le projet. Le
représentant des Monuments Historiques avait émis des réserves mais avait
consenti à cette utilisation en murant des salles d'intérêt préhistorique. Fin
1943, les autorités allemandes demandent au préfet un inventaire de toutes
les grottes de l'Ariège (la route de la grotte du Mas d'Azil, par exemple,
était pressentie, aussi, pour être fermée de part et d'autre afin d'installer
une usine souterraine pour les besoins de l'Armée allemande). C'est ainsi que
la grotte de Bédeilhac devient une usine de réparation d'éléments
aéronautiques (reprenant l'idée de Dewoitine). Aussitôt
après "6
carlingues d'avion Junker 88; 4 ailes d'avion Junker 88 en très mauvais état;
21 chevrons 14/8; 520 briques creuses et 3000 briques barreau". Ce qui se trouve à l'extérieur n'est que matériel
divers (Rouleaux de ronce, bois, plus des baraquements). Sil est exact quun avion a décollé depuis la grotte de Bédeilhac, ce nest quen 1972 (le tout orchestré par notre Ariégeois, Christian Bernadac |
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1) Reproduisons ce quen disait
(après « Le 10 juin 1944, les
Allemands ont attaqué le maquis de Betchat à la pointe du jour. Ils étaient
commandés par un officier grand, blond, âgé de 45 ans. Ces Allemands étaient
des SS cantonnés à Pinsaguel, ayant leurs blindés à Muret et venaient de la
direction de Boussens. Ils étaient renforcés par des Allemands de St Girons
et Le maquis de Betchat qui
était prévenu de lattaque sétait porté à Marsoulas (Hte Garonne) et lorsque
les Allemands sont montés à lattaque du village, ils ont été attaqués à
coups de fusils et de grenades. Surpris, les Allemands se
sont repliés à une maison à mi-côte, utilisant ensuite leurs mortiers et
leurs armes automatiques, ils sont repartis à lattaque du village où ils ont
massacré 25 personnes dont 4 enfants et pillé tout le village. Les maquisards
purent senfuir dans les bois, à lexception de 2 qui étaient montés sur le
toit dune église et qui furent tués au cours de lattaque. Les Allemands sont ensuite
venus à Betchat, où ils aperçurent à la lisière le nommé Joube Jean-Marie qui
essayait déteindre lincendie allumé dans sa grange par une bombe
incendiaire. Ils labattirent à coups de mitraillettes sans aucune
explication. Un peu plus loin, apercevant
Mr Rives Jean-Marie rentrant chez lui, ils labattirent également à coups de
mitrailleuses. Mr Sajoux Philippe qui se
trouvait devant sa porte, fut également blessé par le même tir. Les Allemands
cernèrent, puis occupèrent le village. Dans le village, se
trouvaient 5 prisonniers allemands et 3 femmes capturées quelques jours avant
par le maquis de Betchat. Ces prisonniers étaient gardés par le nommé Sirgant
Pierre, maquisard qui avait mission de les abattre en cas de fuite ;
mais lattaque du village fut si brusque que Sirgant ne peut séchapper ni
remplir sa mission. Il fut pris par les Allemands, brutalisé, martyrisé, puis
fusillé. Les Allemands ont ensuite
pillé toutes les maisons incendiées : la grange de Mr Rivals, la
maison de Mr Ducos Augustin et la grange de Mr Soula Bernard. Ils sont
repartis le soir. Ils sont revenus le 12 juin
pour incendier la maison de Mr Ceres, prétextant quil y avait un dépôt de
munitions. Ils sont revenus quelques
jours plus tard pour incendier la maison de Mr Galin, prétextant que cétait
un refuge de maquisards, puis piller les maisons » Précisions de Les miliciens X et Y disent quil ny avait que des Allemands. A Belloc, il y avait 10 camions (déposition Z ) Daprès le milicien X
, il y
aurait eu 1200 Allemands. Ceci est confirmé par les autres miliciens Z
et
Y
. Mais Marty, intendant régional de police et Pincemin, chef de Y raconte que lattaque fut déclenchée le matin à 6 heures ; le départ ayant eu lieu à minuit ; et Betchat, Salies, Ste Croix et Fabas devant être simultanément occupés. La poussée se fit dans la direction de St Girons et comme le maquis se repliait rapidement, le contact ne se fit pas. Daprès lui, les Allemands auraient tué une jeune fille à Fabas ; 2 hommes à Taurignan, lancien maire de Salies et 3 jeunes réfractaires. 2) Le rapport reproduit ci-dessus doit être précisé (rappelons quil est écrit par les instances ariégeoises) Il inclut, de façons sommaires, les événements de Marsoulas et de Betchat (qui sont intimement liés). Si le carnage de Marsoulas a existé, cest parce que le maquis de Betchat avait envoyé deux sentinelles sur Marsoulas. Lorsque le convoi arrive, ces dernières tentent linterception Lun deux est tué immédiatement ; le second (Jean-Marie Raymond Manens, dit « Espérance ») pourra en réchapper et poursuivra ses activités de résistance. Le maquis de Betchat sera, donc, alerté par la fusillade et se dispersera. Le sous-préfet de Saint-Gaudens, arrivé sur les lieux le soir même, le confirme dans son rapport du 12 juin 1944 « Marsoulas : incidents entre troupes doccupation et terroristes. Représailles ». Voir, aussi : |
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Après la prise de Foix (le 19
août 1944), la bataille de Prayols contre une colonne allemande venant de Toutes les forces résistantes de lAriège, renforcées par celles de départements voisins, stoppent la marche forcée des Allemands ou Mongols vers Foix : lAriège est libérée après de rudes combats qui firent des victimes civiles et « combattantes », sans armée régulière spécifique. Nous proposons le vécu de celui qui « parlementa le premier » avec les forces allemandes ce jour-là : il sagit de Bénito Pérez dit « Oscar » (nom de guerre pour tous les résistants de cette époque). Article paru dans le « Journal de lAriège » du 8 octobre 2004 : . « On roulait et on savançait sans le savoir sur Castelnau-Durban. Tout
à coup, nous sommes pris sous le feu dune mitrailleuse qui nous oblige à
nous arrêter. Nous sautons tous du camion et nous nous mettons à couvert
derrière des rochers. Avec Gos, on positionne notre mitrailleuse et on
commence à riposter. A un moment donné, on ne sait pourquoi, ni comment, mais leurs
mitrailleuse se sont arrêtées. Jai fait arrêter la mienne et cétait un
bienfait car il ne nous restait presque plus de munitions. Je dis à mes
hommes qui étaient disposés à une vingtaine de mètres les uns des
autres : « Restez-là, et ne
bouge pas ! Il y a quelque chose qui se passe ! ». Comme
jétais sur le bord de la route, je me mets en position sur le côté dans le
fossé et attends cinq minutes. Un instant après, quest ce que je vois ? Une jeep allemande qui
arborait le drapeau blanc et qui arrivait sur moi. Dès que jai vu ça, jai redit
à mes hommes de ne pas bouger, de rester là et surtout de ne pas tirer. Lorsque je me suis retrouvé à une dizaine de mètres de la jeep, je
suis sorti du fossé et jai pris deux gars avec moi. Nous nous sommes avancés
et la jeep sest arrêtée. Comme je ne parle pas allemand, ils nous ont amenés
un soldat de chez nous, que javais envoyé comme éclaireur et qui avait été
fait prisonnier. Il sappelait Lenoir. Je le fais venir et je lui dis :
« Dis moi ce quils veulent ? ». Il me répond :
« Ils veulent se rendre avec la colonne, mais pas à Jenvoie une estafette chercher le commandant Bigeard qui était à
Foix et qui sappelait, à ce moment là, le commandant Aube. Alors, peut-être
une heure ou une heure et quart après, le Commandant Bigeard arrive avec un
Capitaine Anglais qui sappelait Bill, et là, nous commençons à parlementer
avec les Allemands. Le Commandant était avec ses galons, et là, les Allemands
ont vu quils avaient à faire à une unité combattante Française. Les
Allemands réitèrent leurs souhaits de ne pas se rendre à Le Commandant Bigeard se retourne alors vers moi et me dit :
« Alors lieutenant ! Quest ce que vous pensez de ça ? Cest à
vous, lieutenant, de prendre la décision ! ». Le Commandant Bigeard
était seulement venu pour représenter larmée régulière. Pendant le combat,
cétait moi qui était là
lui, il ny était pas ! Alors je réponds à
Bigeard : « Vous savez mon commandant, on nen rien à foutre des
armes maintenant ! »/ Alors jai accepté la reddition comme ça.
Aussitôt le Colonel Allemand sest retourné vers ses hommes et leur à ordonné
de détruire leurs armes. Ils ont tous
pris leurs fusils par le canon et ils les ont cassés sur les platanes de
Castelnau-Durban. Ils ont fait cela à peu près pendant une demi heure. Par la
suite, fatigués, ils ont jeté leurs armes comme ça sans les casser. Nous, on
ne savait pas combien il y avait dhommes. On ne la su quaprès !
Jusquà maintenant, nous navions vu que les officiers, mais les hommes qui
étaient derrière, eux, étaient au nombre de 1540. On ma demandé de les
conduire jusquau camp du Vernet. Cela ma pris toute la nuit, surtout quil
a fallu tous les fouiller avant de partir ». Note du journaliste : « Cest ainsi que Bénito Pérez alias
« Oscar », représentant les FFI, est cosignataire du document de la
capitulation avec le Commandant Bigeard alias « Aube », Délégué
Militaire de lAriège et le Commandant Schöpplein, chef du 1er
Bataillon de Au sujet de Lenoir
Des Allemands ont témoigné et ont confirmé que
Lenoir qui était leur prisonnier et qui parlait allemand leur avait
dit : « Vous êtes complètement encerclé. Il y a au moins quatre
mille hommes tout autour de vous ! ». Suite à ces propos, les
Allemands auraient pris peur. » En complément, notons larticle de Claude Delpla dans la « Dépêche du Midi » du 6 septembre 2004 : « Les négociations ont
commencé sous le pont du chemin de fer de Ségalas. Il y avait là les chefs
des guérilleros, « Royo » et « Robert » ; les
responsables FTP Gos, Pérez (« Oscar ») et Calvetti, puis Bigeard
et Probert. Le lieutenant-colonel Souyris, « Aubert », chef des
FFI, a quitté durgence le front, appelé par le préfet provisoire Prosper.
Cest, en fait, le commandant Calvetti qui dirige les FFI, depuis Maury ou
Durban. Il assiste aux premières
négociations, puis laisse sa place au lieutenant Pérez, « Oscar ». Le général Bigeard, dans ses
mémoires, accuse Calvetti davoir déserté et prend à partie à Foix, le 23 ou
le 24 août. Il confond Calvetti et Souyris. Ce dernier a confié la direction
des FFI de la bataille à Calvetti. Cependant, Souyris est parti régler des
affaires urgentes, notamment à Saint-Girons. Il ny a eu aucune désertion. La capitulation allemande
est signée à Ségalas, au croisement des routes allant dune part à Castelnau,
dautre part à Durban, dans la maison de Rémi Soula. Cest là que le commandant
Théodore Schöpplein, chef du 1er bataillon de la légion du
Turkestan ; le lieutenant Bénito Pérez, « Oscar » (un français
de Bordeaux), représentant les FFI, et le commandant Marcel Bigeard,
« Aube », délégué militaire pour lAriège, signent le document de
la capitulation, sur une modeste table de cuisine. Cest ainsi quà 19 h 30
(heure française) ou 21 h 0 (heure allemande), le 22 août 1944, à Ségalas,
commune de Durban, Dans la soirée a lieu de
dénombrement des prisonniers : 1542 militaires allemands et
turkestanais. Dautres militaires sont arrêtés dans les jours suivants. Dans
la colonne se trouvent tous les membres de
Vers 2 heures, une longue
colonne de camions chargés de prisonniers entre dans Foix, noir de monde, au
milieu dune foule survoltée. Cest la nuit de la victoire. » |
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Chant des maquisards Transmis par André LAGUERRE dit "DEDE LAFRAISE"[1] 1) Il est dans les taillis de France Un régiment de jeunes soldats, Ces gars là n'ont pas chance Les maquisards et nous voilà. On nous appelle les "réfractaires" "Les terroristes»,"Les hors la loi", Et pourtant, il n'y a rien à faire De notre peau, on s'en fout, on s'en fout! REFRAIN: Nous sommes de Et de De Gaulle les soldats Et nous libérerons De cette bande de renégats Des Pyrénées jusqu' en Bretagne Avec ceux de Alors, debout 2) Les boches à notre poursuite Voudraient nous faire travailler Et nous avons tous pris Les laissant là se débrouiller Les Miliciens voudraient nous prendre Pour nous envoyer au Poteau Mais ce sont eux qui se feront pendre Cette bande de saligauds Les "milicaux" au poteau, au poteau! [if gte vml 1]><v:shapetype
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Chantier de Jeunesse (lexemple du groument 27 de Bénac) |
« Le groupement 27 : Cest le général de Dans la vallée de Comme pour la plupart des
Chantiers, il faut faire dabord avec peu : les jeunes sinstallent dans
des granges, des tentes sont montées pour servir de logement, puis, petit à
petit, elles sont remplacées par des constructions en bois, les
« baraques », lesquelles reposent sur une assise en
« dur ». A Bénac, en 1942, on compte six implantations de camps.
Dautres baraquements furent construits dans la vallée : au col de
Légrillou, à Péralbe, au Pla de Rans, à Coumauzil, à Forestage, carbonisation, reboisement, tracé de pistes et de route constituent le travail quotidien du chantier Mangin à Bénac. Les arbres indiqués par ladministration des Eaux et Forêts sont coupés, puis débités, pour lélaboration de charbon de bois et pour le chauffage. Les fours de carbonisation se trouvent dans les forêts, ce qui évite les gros transports. Ces coupes ne gênent pas lindustrie locale car les jeunes du Chantier vont souvent dans les endroits où le bûcheron ne se rend pas du fait de léloignement et de la dangerosité. Le tracé de pistes et de routes est indispensable pour les charrettes et les véhicules à gazogène. Ainsi, ces requis ont édifié une route de Cazals au col de Légrillou, qui constitue encore aujourdhui une grande partie de la route départementale 111. Obtempérant à lordre des Allemands de déplacer les chantiers proches des frontières, en mars 1943, le groupement 27 va se déplacer en Auvergne, dans la région dAigueperse. Après des débuts un peu compliqués, la cohabitation entre la population de Bénac (130 habitants) et tous ces jeunes (2000), venus de toute la région Sud, fut cordiale et amicale. Des liens damitié furent même tissés entre Bénacois, Bénacoises et ces jeunes du groupement 27. » (Sources : Cami des Encantats 2011, à Bénac) |
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Comité Départemental de Libération (CDL) |
Composition du Comité Départemental de Libération au 25 août 1944 (Sources Robert Fareng): MUR : De Nattes (Préfet, sans parti) FN : Prosper (Imprimeur, du PC) PC : Maury (Cheminot à Pamiers, PC) PS : Costedoat (Colonel en retraite à Varilhes, PS) Parti Radical : Durin (docteur à Saverdun, Parti Radical) CGT : Galy (Ajusteur à Pamiers, PC) CGA : Amardheil (Paysan, Pamiers, PC) MNPGD : Grassin (Chef de cabinet du Préfet, sans parti) PC : Palmade (Coiffeur, Pamiers, PC) PS : Charria (Professeur, Foix, PS Maris (Epicier, Pamiers, PS) Michaud (Contrôleur PTT, Foix, PC) « Suzanne » (Etudiante, MUR) FUJP (Délégué): Fareng (instituteur, sans parti) Ne siégèrent jamais : « Suzanne » et Grassin ; Chaque membre assure un service : Durin : Assistance ; Galy : questions ouvrières ; Amardheil : questions paysannes ; Palmade : police et internement ; Michaud : Transports ; Charria : presse et enseignement ; Costedoat : épuration ; Fareng : Milices Patriotiques, transports et enseignement Sinstalle en face de la préfecture dans les bureaux du Commissariat au Renseignements Généraux A partir doctobre, le CDL sélargit : Grant, Caujolle (CGT, PC) ; Galy-Gasparrou (parti radical) ; Destrem (PS) ; Troy (PS) ; Gisquet (Démocrate Chrétien) et abbé Blanchebarbe pour Foix ; Rescanière de Saverdun ; Pibouleau et Thouvenin pour Lavelanet (PS) ; Builles, cheminot de Mercus ; Molinier de lUFF Septembre : un envoyé spécial de De Gaulle, le lieutenant Lasry spécifie son rôle : il na plus quun rôle consultatif auprès du préfet. Il maintient le sous-préfet de Pamiers dans ses fonctions, de même que le secrétaire de la préfecture, Amade. Mollins, Commissaire adjoint aux renseignements généraux est nommé chef départemental des Forces de Police ; Grassin, chef de bureau devient chef de cabinet du préfet. A St Girons, le premier sous-préfet mis en place fut Mr Prat, ingénieur des Ponts et Chaussées. Sur lintervention de Calvetti, il est démis de ses fonctions au profit de Delnondedieu qui venait dêtre libéré de la prison St Michel |
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Siège : chef lieu Doit juger crimes et délits portant atteinte à la défense nationale et qui peuvent être traduits directement et sans instruction préalable. Comprend : un président (officier supérieur), 2 juges (officiers subalternes et un sous-officier ou soldat), un commissaire du gouvernement. La procédure est celle du Tribunal militaire sauf lordre de mise en jugement qui est signé par le commandement de la subdivision. Un avocat est nommé doffice pour la défense. Lexécution du condamné est immédiate Composition : Président : Chef de bataillon Gardelle Juges : commandant Gisquet, sergent Galy Commissaire du gouvernement : chef de bataillon Biragnet Substitut : Commandant Destrem Greffier : sous-lieutenant Clastres Huissier : sous-officier Guyon Président suppléant : chef de bataillon Brossette ; juge suppléant : Ané * Installation : le 13 septembre Un seul jugement, le 14 septembre Abrogée par le commissaire de Remplacé par le Tribunal permanent de lAriège, créé par arrêté ministériel le 16 septembre |
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Chiffres fournis par le Comité des
Oeuvres Sociales des Organisations de Fin 44 : Déportés de France : 40 Evadés de France : 40 Tués et fusillés : 132 Mutilés et blessés : 37 Début 45 : Internés français et étrangers : 70 Déportés français : 210 Déporté étrangers : 80 Déportés français rapatriés : 111 Déportés français morts ou sans nouvelles : 99 Etrangers morts ou sans nouvelles : 40 (Cl. Delpla estime à 450 pour lAriège le nombre des déportés, soit un déporté pour 330 habitants ; ce qui représenterait le taux le plus élevé en France. Il faudrait y ajouter les israélites et les internés du Vernet) |
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Postes de douanes en 1943 :
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Le nombre dexécutés, pour ce
qui concerne lAriège, reste une inconnue
Lemblème de cette période trouble
étant Pamiers : cas spécifique en France
(Lire létude de Pierre Laborie « Entre histoire et mémoire, un
épisode de lépuration en Ariège : le tribunal du peuple de Pamiers,
18-31 août 1944 » parue dans le Bulletin des Amis des
Archives de lAriège « Pays Pyrénéens (XVI°-XX° s.) Pouvoirs
centraux
» T. 2 (Archives départementales de lAriège, 59 ch. De Pour le moins, les chiffres suivants peuvent être avancés : Du 19 août au 24 octobre 44 : - Pamiers : (19 au 30 août) : 34 fusillés (+ 2 tués en prison) - St Girons : (2-4 septembre) : 8 prévenus ; 8 exécutions - Tribunal militaire spécial (5-6 septembre) : 8 prévenus ; 6 exécutions - Cour martiale de lAriège (13-14 septembre) : 2 prévenus ; 2 exécutions - Tribunal militaire permanent (19 septembre- 25 octobre) : 13 prévenus ; 4 exécutions * Si lépuration en Ariège a commencé dès la prise de Pamiers (17 Août 1944) avec comme épicentres Pamiers, Foix et Saint-Girons, il est demandé le 24 septembre 1944, au niveau des communes (via le CLL) de créer des « Commission dépuration ». Ci-dessous, la circulaire qui a été envoyée aux communes : Commission dépuration : Rôle de A- Liste des criminels de guerre :
Cette liste comprendra les miliciens, agents de la gestapo, membres du
P.P.F., ou tous ceux qui auront livré à la police de Vichy un maquis ou une
organisation de la résistance (quils soient actuellement libres, arrêtés ou
en fuite). Cette liste comprendra également les chefs dentreprise qui ont
travaillé pour lennemi de leur propre gré. B- Agents indirects de lennemi et
collaborateurs : cette liste comprendra tous les collaborateurs qui,
par leurs propos, leur action ou leur propagande, auront nui à lintérêt de Cette liste sera établie sous forme dun
tableau de 4 colonnes, comprenant les noms et prénoms, profession, corps du
délit, peine proposée. Les peines pouvant être proposées sont les
suivantes : déchéance des droits politiques, emprisonnement, travaux
forcés, déportation, amende, confiscation partielle ou totale des biens,
peine de mort. Pour les fonctionnaires, magistrats et professions libérales,
pourront être en outre proposées : la suspension, révocation avec ou
sans retraite, interdiction dexercer la profession. Des peines moins graves
peuvent être proposées dans certains cas. Des dossiers seront établis pour chaque
inculpé. Les listes et les dossiers seront signés par le Président de Les Circulaires de Mr le Commissaire de Chiffres avancés :
Travail de Affaires transmises à Affaires transmises à Affaires transmises au Tribunal : 57 Affaires transmises à divers services : 53 Affaires en cours : 62 => Total des affaires instruites : 429 |
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Témoignage de lépoque concernant la fin des combats de Foix (19 août 1944) : Un groupe montait sur les hauteurs surplombant le lycée. Il était composait du lieutenant « Franc », de ladjudant-chef Pradier et de ladjudant Bauron, auxquels se joignirent des hommes du maquis dans des conditions rapportées par le lieutenant Franc : « Nous attendions
toujours, lorsque, montant par la rue des Salenques, je vis arriver deux
hommes du maquis espagnol. Je leur fis signe de venir me rejoindre, fis ouvrir
la porte de la cave de Le deuxième homme fut blessé
au cou ; je lui fais son pansement et le ramenais à |
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On ne sait que peu de choses (de façons précises) sur lattaque du maquis de Justiniac (26 juin 1944) Relatons, donc, le rapport de « Le 26 juin 1944, à la
pointe du jour, une centaine de soldats allemands, portés par 25
voitures, ont attaqué le château
dEscarabillat appartenant à Mr Sandry où se trouvait un petit maquis. Surpris, les
maquisards ont tous été pris et fusillés. Le gendarme St Martin, chef du maquis,
a été pendu à un acacia, lardé de coups de baïonnette, puis fusillé Les victimes sont : St Martin Armand, Laurent,
gendarme à Saverdun Mme St Martin Josette,
épouse du précédent Maurette Pierre, cultivateur
au camp du Vernet Orlier Louis, ex-garde au
camp du Vernet Belbéze Auguste Henri,
apprenti zingueur à Saverdun Orsini Joseph, garde au 3ème
régiment de Les Allemands ont amené une
septième personne, Mr Belondrade Joseph, ouvrier à Saverdun, qui se trouvait
dans le château. Celui-ci a été perçu peu après dans une voiture allemande,
il avait la figure ensanglantée (NB : daprès les archives militaires,
le nombre total des victimes serait de douze). Le château a été attaqué
dabord à coups de canon avant lassaut, puis complètement saccagé. Le détachement allemand
venait de Venerque, était commandé par un major allemand (commandant) et
comptait trois officiers. Cétaient des SS » |
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Lauquié dit le « château de Lauquié », situé à Foix près de lactuel collège Lakanal a été construit à la fin du XIXème siècle par Jean Tersouly, ingénieur né à Foix en 1817, dans un style suisse. Gabriel Fauré, Lafagette ou Théophile Delcassé, amis de la famille, sy rendaient régulièrement. Ce que lon sait moins : ce lieu avait servi de refuge entre 1914 et 1918 à une communauté de religieuses (Notre-Dame de Sion) venant dEvry : la maîtresse des Novices étant Jeanne Emilie Pomiès, née à Foix le 20 juin 1874. Cependant, ces bâtiments
resteront dans la mémoire et lHistoire comme le siège de Lors de la libération de lAriège, le futur général Bigeard (dit alors « Aube ») sy installera avec la mission Interalliée. Des fouilles rapides (et qui nont pas été poursuivies) dans le jardin du château de Lauquié, début septembre 1944, mènent à la découverte de 2 cadavres dont lun a été tué dun coup de revolver dans la nuque : lon ignore toujours leurs identités Redevenue privée, la propriété
servira, après vente dune de ses parties à la municipalité de Foix, à la
construction du collège Lakanal. Quant au « Château » et la partie
restante, ils font actuellement lobjet dun projet de construction dune
cité judiciaire et de |
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Lettre adressée le 19 juin 1944
au major allemand Dreyer, des douanes mis à la tête dun commando de quinze
hommes collaborant avec « Monsieur, Jai assisté comme maire à
votre conférence ce samedi ; comme ancien officier français, je suis
pour la collaboration et vous apporte mon aide, quoique modeste. Il y a à x
, un exploitant
x
qui travaille pour le pays : bois, charbon et scierie (10
ouvriers charbonniers en forêt et 15 ouvriers en scierie). Samedi dernier, 2
terroristes espagnols ont intimé lordre aux ouvriers bûcherons de quitter la
forêt et ceux-ci ont obéi. Dans la nuit de lundi, on a volé 3 moteurs et
saboté lusine. Nos forêts sont trop vastes
pour y faire des battues ; quand on ne peut aller au gibier, on le fait
venir à soi. Si vous voulez parler avec
moi des possibilités que je crois avoir de tendre un piège aux terroristes,
je suis à votre disposition : fixez-moi un rendez-vous. Je vous demande seulement de
ne parler de cette affaire à personne, pour le moment, de mon offre, même au
sous-préfet. Rendez-vous à Saint Girons
si vous voulez. Nous sommes deux soldats menant le même combat. Je vous salue, Monsieur, en
camarade. Signé : x
, maire de
.. » |
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Cest le 15 août que les responsables
départementaux de Date officielle de |
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Rapport du préfet de lAriège au préfet régional, au ministère de lintérieur (27 Juillet 1943) : Pour la première fois, le préfet parle de « maquis » « Un certain nombre
dentrepreneur de battages ont reçu dorganisation de Résistance des lettres
leur interdisant de battre (le blé) sous peine de destruction de leur
matériel. Quelques incendies ont détruits des récoltes et des
batteuses ; Enfin, le 27 juillet, dans
plusieurs villages de larrondissement de Pamiers, des batteuses en marche
ont été sabotées et rendues inutilisables par de petits groupes de
terroristes, principalement espagnols » |
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Mas dAzil |
Projet d'usine d'aviation dans la grotte du Mas d'Azil: Avec la seconde guerre
mondiale, Mais, fin 1943, les
autorités allemandes demandent au préfet un inventaire de toutes les grottes
de l'Ariège. La route de la grotte du Mas d'Azil est pressentie pour être
fermée de part et d'autre afin d'installer une usine souterraine pour les
besoins de l'Armée allemande. Décembre 1943 : Les autorités allemandes
demandent au préfet de lAriège linterruption de la circulation par la
grotte du Mas dAzil et de prévoir des déviations: Deux sont prévues
pour la circulation des automobiles et des poids lourds; mais le Ministère de
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Montégut-Plantaurel : Les Enfants du château de La Hille |
Fiches établies le 25/02/1942 Lors de leur arrivée au Château de « Déclaration qui doit être formulée par tout israélite établi
ou réfugié en France depuis le 1er janvier 1936 » « Je soussigné,
demeurant à Montégut-Plantaurel
» Ont rempli ces fiches et les ont signées :
=> 50 Allemands 21 Autrichiens 7 Polonais Soit : 78 personnes
* Intervention de Walter Reed au Colloque de Lacaune (septembre 2005)
sur les Enfants du Château de NB : Walter Reed fut lun des
enfants réfugiés durant la seconde guerre mondiale, mis sous la protection de
Cest au cours de son séjour en
France, où il faisait des recherches approfondies en archives pour retracer
litinéraire de tous ses enfants, quavait lieu ce Colloque de Lacaune sur * « Les Enfants du Château de Walter Reed Nous avons disposé de 60 années pour faire des recherches et rendre
compte de ce qui sest passé pendant Nous avons été informés et avons beaucoup entendu parler des
victimes, des atrocités, de lhorrible tragédie de ces massacres
soigneusement planifiés. Je pense cependant que nous navons pas assez
entendu parler et ne savons pas assez de choses sur les enfants en tant que
victimes, sur les Héros de lHolocauste aussi bien des adultes que des
enfants , sur lincroyable courage humain de familles, quelle que soit leur
croyance, sur les nombreuses personnes qui les ont aidés et sauvés
Français, Suisses, Belges, Hollandais et beaucoup dautres nationalités. Lhistoire des « Enfants de Lhistoire de notre colonie en vérité est un malheureux exemple des
« enfants en tant que victimes de la guerre ». Cest lhistoire de
familles déracinées et détruites. Cest lhistoire de de sauvetages et de
prises en charge par des Juifs et des non-Juifs généreux et honorés. Cest
lhistoire de gens simples en Belgique, en France, en Suisse et aux
Etats-Unis qui se sont préoccupés dautres êtres humains et ont agi en
conséquence. Mes amis, cest aussi lhistoire denfants et dadolescents qui
sont devenus eux-mêmes des héros et qui ont souvent agi comme des adultes
responsables, même sils nétaient encore que des enfants. Je viens de prendre positions de façon très téméraire et je pense
donc quil faut que je vous dise maintenant comment je sais tout cela. Et
tout dabord, qui suis-je ? Je suis né et jai grandi dans un petit village de Bavière denviron
1000 habitants, près de Wurzbourg. Dans les années 1930, la population
comportait environ 25 familles juives. Jai été libéré de la prison locale au bout de trois jours mais mon
père et tous les hommes de notre région ont été envoyés à Dachau et y sont restés
pendant plus dun mois. Croyez-le ou pas, cest sans doute à Dachau que je
dois davoir la vie sauve. Après le retour de mon père, mes parents apprirent lexistence en
Belgique dun comité de sauvetage des enfants et sarrangèrent pour my
envoyer en 1939, alors que javais 15 ans. Mes parents et mes deux jeunes
frères restèrent sur place et furent parmi les premières victimes de la
machine de meurtres de masse des Nazis. Ils furent déportés et tués en
Pologne en mars 1942. La vie à Bruxelles, dans une maison pour garçons juifs réfugiés,
était plaisante mais elle fut de courte durée. En mai 1940, les 50 garçons et
40 filles provenant de deux foyers différents que nous étions, partîmes par
un train de marchandise vers le sud de Jusquà ce jour, jéprouve un amour particulier pour En 1943, alors que jétais âgé de 19 ans, je fus appelé par larmée
américaine, débarqué en Normandie une semaine après le début des opérations,
et passai le reste de la guerre en tant qu'examinateur des prisonniers
allemands près des lignes de front dans la région de A partir de 1998 il y a sept
ans je suis devenu le coordonnateur volontaire des quelque 50 survivants de
Permettez-moi maintenant de partager avec vous, en quelques mots,
lhistoire « complète » des Enfants de Résultat direct de Ce Comité persuada le gouvernement belge de fournir une subvention
pour accueillir en 1938-39 plus de 500 enfants juifs venant dAllemagne et
dAutriche, sans leur famille et pour une durée limitée (jusquà la fin de
lannée). Jétais un de ces enfants. Beaucoup denfants furent placés dans des familles belges tandis que
150 dentre eux environ furent hébergés dans différents foyers de garçons ou
de filles. Le Comité féminin agit littéralement comme lauraient fait des
parents et fournit une partie des fonds nécessaires pour constituer une
équipe dencadrement et pour répondre à nos besoins quotidiens. Certains
parents et certains sponsors belges apportèrent une contribution mensuelle. Ces efforts accomplis par les Belges pour sauver les enfants juifs
ainsi que les membres du Comité demeurent pratiquement inconnus, même à ce
jour. Mme Marguerite Goldschmitt-Brodski était la présidente, et Mmes
Felddegen, de Becker, Wolf, Lévy et dautres étaient des membres actifs. Ces
femmes, ainsi que Max Gottschalk, font partie des sauveteurs héroïques
auxquels jai fait allusion plus haut. Quand Après avoir erré de ci delà en France pendant une semaine avec ce
train de marchandises, les enfants furent débarqués à
Villefranche-de-Lauragais et conduits dans une exploitation agricole qui
appartenait à la famille De Capele, à Seyre par Nailloux. Les 92 enfants
(âgés de 5 à 18 ans) vécurent là jusquau printemps 1941, dans des conditions
très précaires, dans une grande grange et danciens bâtiments de ferme
adjacents. La générosité et le soutien de la famille De Capele et des
familles des fermiers du voisinage est un autre exemple (encore non reconnu à
ce jour) de citoyens français altruistes qui soutinrent généreusement des
enfants juifs réfugiés et menacés, dans un environnement très hostile. Nous
connaissions lexistence du camp de Gurs et parmi les plus âgés des
adolescents de Seyre plusieurs y avaient été. Le mari dElka Frank, démobilisé dans En août 1940 également, notre protecteur belge, Mme Goldschmidt,
fuyant elle-même les Nazis et réfugiée à Cahors, se servit des contacts
quavait son mari avec Je ne prendrai pas le temps de décrire les rigueurs de lhiver 1940
pour ces 100 enfants et les adultes qui soccupaient deux. Vous savez bien
quelle était la situation. Les choses étaient si difficiles que Mr et Mme
Maurice Dubois, responsables du Secours suisse à Toulouse, décidèrent de
trouver un autre lieu pour ces quelque cent enfants. Cest pourquoi, au début du printemps 1941, 25 garçons et filles plus
âgés déménagèrent au Château de Une des femmes de notre Comité belge, Mme Lili Felddegen, avait
réussi à partir de Bruxelles pour se réfugier à New York en 1939. Dès quelle
apprit notre fuite à Seyre, elle fit le maximum pour sauver les 100 enfants
et de les faire partir de Seyre pour les États-Unis. Malheureusement, la
politique restrictive du gouvernement américain lempêcha de mener à bien son
projet. Elle sarrangea cependant pour que 16 enfants parmi les plus jeunes
de Vous vous demandez sans doute : « Mais quest-il advenu des
autres enfants de Nous avons la preuve que le Préfet de lAriège a procuré des châlits
métalliques et a attribué un enseignant supplémentaire à lécole locale quand
nous avons déménagé à Laissez-moi souligner que presque tous les quelque 100 enfants
avaient un parrain et une marraine suisses, grâce au Secours suisse.
Croyez-moi, nous connaissions tous en ce moment beaucoup de personnes suisses
qui étaient « bonnes ». Je dois souligner que jusquà 1942 beaucoup dentre nous eurent encore
loccasion de communiquer avec leur famille restée en Allemagne et en
Autriche, quoique nous ne sachions pas grand chose de leurs difficultés et
rien sur leur destin éventuel. Toutes les lettres étaient censurées par les
Nazis, celles que nous recevions et celles que nous envoyions. Pour les plus
jeunes, qui étaient nombreux, avoir été arraché à sa famille était
psychologiquement très difficile et nous, les plus vieux, compatissions
évidemment. En contrepartie, très spontanément, nous fonctionnions comme une
grande famille et beaucoup des garçons et filles plus âgés prenaient sous
leur coupe et protégeaient un ou plusieurs enfants plus jeunes. À Seyre, nous
avons même mis en place pour eux des classes décole informelles, et quoique
je me demande aujourdhui ce que jai bien pu enseigner à 16 ans, cest bien
ce que nous avons fait. À Montaigut, comme à Seyre, les agriculteurs de la région cherchaient
des aides pour leurs travaux et beaucoup dadolescents travaillèrent chez des
agriculteurs des environs, obtenant souvent ainsi une nourriture plus
abondante et de meilleure qualité quà Quand les rafles commencèrent en août 1942, Quand je parle de « bons » Suisses, je pense à ces Suisses
qui ont sauvé des vies humaines. Maurice Dubois et Roesli Naef ont reçu la
médaille des Justes de Yad Vashem pour leurs actions héroïques. Mais
lhistoire du sauvetage ne fait que commencer. La suite est beaucoup plus
dramatique. Lorsque les 40 garçons et filles libérés furent revenus à Elle leur procura des cartes, des provisions, un peu dargent et des
adresses damis frontaliers. Dautres encore parmi mes amis senfuirent et
furent cachés par des agriculteurs de la région. Les membres suisses de la
direction de Ainsi, au cours de lhiver 1942, 16 de mes compagnons au total et la
cuisinière de Au total, 10 garçons et filles de Les paroles prononcées par Melle Naef qui avaient permis les actions
de sauvetage parvinrent aux oreilles des chefs de Vers 1942-43, le Secours suisse avait pris dautres jeunes réfugiés,
Français et Espagnols, à Comme je lai dit au début, nous avons maintenant beaucoup
dhistoires à raconter sur * Dans les rapports du Camp du
Vernet, est fait part dextraits de courriers envoyés depuis le camp. Ainsi,
a été envoyé cet extrait de linterné Perreira à Claude Baudouin, 6 rue de « Il y avait dans mon quartier (ancien C, actuellement E) une
quarantaine de gosses de douze à vingt ans qui mont laissé un souvenir
délicieux. Ce sont des gamins dont la famille na plus laissé de traces
depuis la guerre. Ils ont été accueillis par NB dHistariège : Signalons à ce propos - un documentaire relatant ces faits : « Un îlot dans la tempête ». Ce film documentaire ANTEA TLT de Neus Viala de 52 mn est distribué (possibilité en DVD) par : « Les films de la castagne », 19, rue Déodora, 31400 Toulouse - « La filière »
(évasion organisée vers - Une excellente synthèse de
« lépopée » des Enfants du Château de |
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Mouchard Auguste |
Abbé Auguste Mouchard () Né le 19 juin 1913 à Mérens les Vals ; ordonné prêtre et nommé vicaire de St Girons le 29 juin 1938 ; curé de Malléon le 1er janvier 1942, il aide la résistance dans cette vallée du Douctouyre (en particuliers par lintermédiaire de José Alonso dit le commandant « Robert » des Guérilléros avec qui il entretint des relations damitiés jusquà sa mort). Nommé curé de Raynaude (Mas dAzil) jusquà sa prise de retraite le 3 novembre 2005 à Verniolle où il décède le 8 avril 2006 |
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Occupation (Réquisitions) |
Réquisitionné pour les troupes : Novembre 43 : 41 hôtels ; 54 maisons particulières ; 5 établissements publics, 5 garages Août 43 : 40 hôtels ; 50 maisons ; 1 établissement public ; 6 garages 1944 : 41 hôtels ; 61 maisons ; 3 établissements ; 20 garages Mai 44 : 47 hôtels ; 73 maisons et villas ; 25 garages Juillet 44 : 49 hôtels ; 83 maisons ; 5 établissements publics ; 25 garages |
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Du Procureur de « La salle daudience
du Tribunal Civil fut réquisitionné mais ne servit que pour la 1ère
audience de ce Tribunal, le 18 août. Mon substitut na pu savoir
officiellement dans quel local eurent lieu les audiences autres. Daprès la
rumeur publique, elles auraient eu lieu soit au PC des FFI, soit à la
caserne, soit à la prison même. Ces audiences ont été tenues
dans le plus strict huit clos. A la suite de ces audiences, un grand nombre
de personnes furent exécutées par fusillade entre le 18 et le 31 août. A cette date, les détenus de
la prison de Pamiers furent transférés à Foix et cette sanglante parodie de
justice cessa de fonctionner. Environ 55 personnes ont été
fusillées. Aucun dossier na été
établi. Aucune liste officielle na été faite, aucun acte de décès na été
dressé ;Aussi bien est-il impossible de préciser avec exactitude le
nombre des victimes de linsurrection, de définir leur innocence ou le degré
de culpabilité. La circulaire du 8 juin 1945
ne pourrait en lespèce recevoir aucune application. Des sévices innombrables ont
été faits aux accusés dans les différents lieux de détention et des scènes
dune sauvagerie ont eu lieu soit pendant le transport des condamnés sur les
lieux dexécutions, soit sur les lieux même de lexécutions ». * « Inhumation des personnes exécutées en septembre 1944 : le 31 mars 1953 » : En présence des docteurs Saint-Paul et Robert, de linspecteur Pierre (8ème brigade de police de Toulouse) et un certain nombre de familles. » Un procès verbal a été établi par le Commissaire de police, un rapport par les médecins. 17 corps ont été identifiés par leurs familles 2 soldats allemands ont été identifiés 13 corps ont été « inidentifiables » ; soit 32 corps inhumés. Ce procès verbal donne le nom des exécutés, note lutilisation de « balles explosives », fait état, pour un certain nombre de morts dun « jugement déclaratif de décès » du Tribunal (ce qui infirme le rapport du Procureur). * Lettre du préfet au chef de cabinet du Garde des Sceaux, suite à la requête dune mère dun milicien condamné à mort le 28 août 44 : « Il parait difficile,
trois ans après le décès, de procéder à une exhumation décente et de
reconnaître un corps dans une fosse commune où sont ensevelis 47
cadavres » * Les chiffres des exécutions à Pamiers sont discordants On a parlé (et écrit) 55, 90 voire encore plus Claude Delpla, spécialiste de la seconde guerre mondiale en Ariège, en dénombre 36 : 34 personnes fusillées sous lautorité du Tribunal populaire de Pamiers, auxquelles il faut ajouter 2 autres personnes tuées en prison dans le même temps. Ces 34 exécutions concernèrent 20 Français et 7 Françaises. 10 de ces tués sur 36 étaient des appaméens ; 11 résidaient à Varilhes. NB : Lépuration à
Pamiers a fait couler beaucoup dencre
Les chiffres dexécutés et les
circonstances restent flous
Cest
pourquoi, il faut signaler létude du spécialiste de la seconde guerre
mondiale pour notre région, Pierre
Laborie, « Entre histoire et mémoire, un épisode de lépuration en
Ariège : le tribunal du peuple de Pamiers, 18-31 août 1944 »
parue dans le Bulletin des Amis des Archives de lAriège « Pays
Pyrénéens (XVI°-XX° s.) Pouvoirs centraux
» T. 2 (Archives
départementales de lAriège, 59 ch. De |
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Sur la nomination du préfet de lAriège : - « M. Bartoli est
chargé personnellement par le commissaire de Signé : Bertaux » - « Le comité
départemental de Libération de lAriège, réuni à Foix, le 25 août Après discussion, il a été
décidé à lunanimité : 1)
Que M. De Nattes Ernest, régisseur
comptable au Ravitaillement général est nommé Préfet Intérimaire de lAriège 2)
Que M. Prosper, imprimeur est nommé
Président du Comité départemental de |
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Récit sur sa déportation à Buchenwald dun Guérillero ayant résidé à
Celles
Ce récit, écrit par José Campayo lui-même, a été recueilli par Robert Fareng (membre du Comité départemental de Libération de lAriège en 1944 et premier historien de lOccupation en Ariège, dès 1946 où il soutient la première thèse en France sur cette période, et dont les travaux, depuis, demeurent la base des recherches des historiens). Robert Fareng nous a confié ce document : nous le remercions, donc, de nous permettre de pouvoir le communiquer par lintermédiaire dHistariège Note introductive : José Campayo avait été nommé
chef de la 4ème compagnie du bataillon des Guérilleros en 1942 et
habitait à Celles. Cest dans cette commune quil échappe à Récit de José Campayo : «
Je fus envoyé à Compiègne avec le matricule 21 564. Dans
ce camp, nous mourrions de faim et de temps en temps, nous recevions des
coups de bâtons par des Allemands et le chef du camp qui était un Français
appelé « Le Séniorita ». Mais encore nous étions en France dans ce
même camp sorganisait les expéditions pour le camp de Buchenwald ainsi le 19
janvier 1944 nous partîmes du camp de Compiègne dans un convoi de quelques
mille hommes. Enfermés dans des wagons où nous ne pouvions pas respirer un peu
dair. Dans chacun deux, nous étions cent hommes, nous y sommes restés deux
jours et trois nuits, la respiration nous manquait Et nous cherchions une
place près de la porte afin de respirer lair qui pénétrait par les fentes.
Nous nous tuions les uns les autres. Le bidon dessence vide qui nous servait
de WC se renversant et lodeur des morts, nous ne pouvions plus résister. Une
mauvaise odeur se répandait ce qui ne nous permettait plus de vivre, (ceci
navait pas de limite) de telles souffrances mettaient notre vie en danger
mais il y avait autre chose : Buchenwald nous attendait. Lorsque nous
nous approchâmes de la gare de Feimar il y avait une ligne de chemin de fer
qui était proche du camp. Le train sarrêta là ; les SS étaient près à
nous recevoir au moyen de projecteurs afin de nous éblouir. Quand les portes
des wagons souvrirent, ils poussèrent un cri « Raust » ;
quelques uns montèrent dans les wagons accompagnés de leur chien policier qui
navaient pas de peine à nous mordre vu que nous étions tous nus. En effet entre Compiègne et Buchenwald nous fûmes déshabillés afin de
ne pas nous évader car il y avait déjà eu quelques tentatives pour recouvrer la
liberté. Du train où se formait la colonne pour entrer au camp, il y avait Une fois tous alignés ils nous ordonnèrent de marcher, comme nous ne
comprenions pas ils nous frappèrent à nouveau. Chaque quinze mètres, un homme
tombait, mais ce nétait pas tout : En arrivant devant le portrait
dHitler, la croix gammée et laigle, ils nous rouèrent de coups parce que
nous navions pas regardé. Une vingtaine de camarades tombèrent sous leurs
coups, mais nous continuâmes la marche et nous rencontrâmes à nouveau le même
insigne. Cette fois nous regardâmes et ils commencèrent à nous battre nous
disant de ne pas regarder puisque nous nétions pas Hitlériens ; autant
de nos camarades tombèrent. Nous nétions pas encore arrivés ; il
manquait environ De là, nous voyions une file de SS de chaque côté du chemin et la
porte était grande ouverte ; ils nous ordonnèrent de rentrer et de
courir. A partir de ce moment, ils nous donnèrent des coups et lancèrent sur
nous leurs chiens. Il me semblait que cétait pour nous la fin du
monde ; je ne trouve pas de parole pour décrire de telles horreurs :
les hommes tombaient pour aller ensuite au four crématoire. Enfin, nous
arrivâmes à lintérieur du camp, nous fumes reçus par les internés lesquels
avaient subi le même sort que nous ou pire. Comme nous étions tous nus, ils nous rasèrent des pieds jusquà la
tête. Nous passâmes à la douche, à la désinfection et plus ils nous donnèrent
la tenue de bagnard. Quand tout cela fut terminé, il nous était impossible de
nous reconnaître. Là, une nouvelle vie commença pour nous. Ils nous donnèrent
un matricule, je ne mappelais plus José Campayo, mais 40 631. Ils nous
mirent dans des baraques de la « Quarantaine ». De là, nous voyions
la fumée sortir du four crématoire des camarades qui étaient tombés en
chemin. De ces baraques, nous sortions en commando ou bien pour travailler
dans des camps. Pendant tout le temps que nous restâmes à la
« Quarantaine », tous les matins nous allions chercher une pierre à
la carrière et une autre laprès-midi, ce qui provoquait la mort de certains
camarades étant donné que nos chaussures en bois ne nous permettaient pas de
pouvoir nous tenir sur la glace. On me sortit alors du camp et je travaillai
à la scierie quil y avait dans ce même camp attenant au four crématoire.
Ceci me permettait de voir les expéditions dhommes qui arrivaient de tous
les pays. Parmi ces hommes, certains russes furent jetés au four crématoire,
dautres furent conduits jusquau bloc qui servait à recevoir les
prisonniers. Un quart dheure plus tard, les déportés qui travaillaient au
four crématoire emportaient les uniformes des Russes qui avaient été brûlés à
la désinfection afin que ces vêtements puissent servir pour dautres. Cela ne
nous étonnait plus, car nous avions lhabitude de voir chaque jour la même
opération. Quand nous avions fini de travailler à 18 heures, nous rentrions au
bloc pour nous laver un peu, sitôt après nous allions à la place dappel pour
voir si nous étions tous présents. Sil faisait beau, lappel se terminait
vite, mais sil faisait froid nous restions trois ou quatre heures dehors,
parfois jusquà 6 heures du matin, cétait alors lheure de reprendre le
travail. Un prisonnier allemand sentant sa vie en danger décida de rester
cacher et de séchapper pendant la nuit. Les SS sen aperçurent : ils
nous firent rester toute la nuit dehors et le jour suivant nous vîmes
lAllemand qui avait tenté de séchapper, électrocuté au fil barbelé ;
ceux-ci avaient trois mètres de haut et possédaient une forte tension. Beaucoup mourraient de faim, puisque la ration que lon nous donnait
était faite pour que nous puissions mourir assez lentement. Le 24 août 1944,
laviation alliée bombardait le camp, bien que le bombardement fut bien
précis, des déportés furent tués. Autour du camp, se trouvaient des usines
fabriquant du matériel de guerre, pour les bombarder les alliés utilisèrent
des bombes puissantes, ils coupèrent les canalisations deau ce qui nétaient
pas intéressant pour nous. La scierie fut bombardée à laide de bombes
incendiaires qui tombaient comme de la grêle, blessant et tuant beaucoup
dhommes. Lintendance fut brûlée ainsi que quelques blocs environnants. Des pompiers déportés voulurent intervenir pour que le feu ne se
propagea pas : quelques uns dentre eux furent brûlés. Le bombardement
terminé, on donna lordre de transporter les blessés dans les baraques.
Ensuite, on enleva les morts pour les brûler au four crématoire : il
fallut réparer ce dernier ; mais il ne marchait pas bien et ils durent
les brûler avec de lessence. Lodeur des cadavres brûlés, la fumée du
bombardement et le manque deau, tout cela déclara le typhus ; nombreux
furent ceux qui moururent. Mais grâce à la rapidité des médecins, lépidémie
fut vite stoppée ; ensuite ils nous firent assister à la pendaison de 6
prisonniers, et nous obligèrent à les regarder ; lun dentre nous sévanouit
en voyant cet horrible tableau : il fut fusillé sur le champ ; Les
SS devenaient de plus en plus barbares. Ils nous frappaient et lors de
lattentat contre Hitler, le sang coula à nouveau et des vies périrent. Les camps bombardés, il ne nous restait dautres solutions que
daller au commando. Je me trouvais dans un commando allemand : Anne,
Itten. Les cruautés étaient de rigueur, les hommes revenant du supplice
étaient tachés de sang. Les Allemands ne tenaient pas à nous garder sur le territoire où les
Alliés arrivaient. Nous partîmes donc ; nous mangions lherbe qui
bordait la route ; la faim nous tenaillait. Dans le commando où je me trouvais, il y avait dexcellents hommes
comme le colonel Peter, Georges Durand, Camille ; je ne me souviens pas
des autres. Nous savions que les Allemands avaient peur : les Alliés
arrivaient de plus en plus. Le colonel nous dit à mon ami Manuel Alvarez
et à moi-même que lorsquil donnerait lordre, nous attaquions les SS qui
nous gardaient ; la consigne serait Le colonel suivait attentivement les évènements ; il jugea
inutile dexposer nos vies alors que nous allions être libérés. Ensuite, nous
fûmes dans une grange afin que les SS puissent se reposer. Un Français croyant le moment propice fit un trou dans la paille pour
se cacher. Lorsque le jour arriva, ils nous ordonnèrent de sortir pour se
rendre compte quil ne manquait personne. Cependant un manquait. Le
commandant du commando commença à gronder les SS ; ceux-ci étaient
furieux. Ils mirent les chiens sur ses traces et le trouvèrent aussitôt. Les
SS le frappèrent à coups de crosse ainsi notre cher camarade cherchait refuge
parmi nous ; ce qui occasionna beaucoup de morts. Lui fut touché à la
tête, ainsi que beaucoup dautres. Ils restèrent là jusquà ce que les
fossoyeurs du village vinrent les enterrer. Nous continuâmes ainsi de marcher. De temps en temps, certains
tombaient étant à bout de force. Pour comble de malheur, nous nous aperçûmes
que sur lune des charrettes que nous traînions, il y avait du miel. La
nouvelle se répandit rapidement et certains réussirent à attraper et
distribuer quelques poignées de miel jusquà ce quil nen resta plus. A présent, nous attendions la revanche. Les coups de matraque
commencèrent lorsque les SS saperçurent que le miel avait disparu. Ils nous
martyrisèrent à coups de crosse et beaucoup payèrent de leur vie ;
ainsi, nous nous contentâmes de manger lherbe des bords de chemin, même
recouverte de poussière, ainsi que de la graisse et de lhuile de certains
véhicules qui stationnaient, des camions que laviation avait bombardés. Nous continuâmes la marche et arrivâmes dans une grange qui était
située à 6 Kms environ de la caserne dun régiment allemand. Nayant pas de
force, transits de froid et de faim, nous fîmes des trous et là, nous
trouvâmes du blé et des betteraves dont nous fîmes le repas. Le jour suivant,
lorsque nous fumes appelés pour continuer notre route, le patron de la grange
saperçut quil y avait quelques grains de blé et des bouts de betteraves à terre ;
il en informa les SS. Nous fûmes prévenus que celui qui serait porteur de
grains de blé, de betteraves serait fusillé. A la sortie, malheureusement
tous ceux qui ne comprirent pas et furent porteur de blé et de betteraves
furent mis à part et fusillés. Tandis que nous continuions à marcher, la nuit venue, ils nous mirent
dans une grande salle de cinéma dun village sappelant Listar ; là,
nous fûmes abandonnés par les SS. Les Allemands, déportés comme nous, nous
dirent que nous étions libres. Nous commençâmes à chanter la
« Madelon », et dautres la « Marseillaise » ;
quelques uns lhymne de leur patrie
Ensuite, la police arriva et nous ordonna daller dans la rue. Les
obus de lartillerie américaine tombèrent près de nous, mais il fallait tenir
malgré cela. Ils nous ordonnèrent de marcher. A Je dis cela car les Allemands ne fusillaient jamais de face ;
nous sommes restés dans cette posture un bon moment ; puis, ils nous
ordonnèrent de marcher ; nous sentîmes la liberté toute proche vu que
les gardiens étaient des anciens de la guerre de 1914 ; ceci était
dangereux vu que larmée allemande reculait en même temps que nous. Le
colonel Peter nous commanda de ne pas regarder car nous courrions des
risques ; quelques uns désobéirent et regardèrent les jeunes soldats qui
battaient en retraite et certains dentre eux furent abattus ainsi que ceux
qui tentèrent de séchapper. Enfin, nous arrivâmes dans une petite forêt dans laquelle nous fîmes
une halte, surveillés par des hommes âgés qui remplaçaient les SS. Tout à
coup surgirent les tanks allemands et au même moment une voix retentit :
« Les Américains ! » ; en fait ce nétait quune
tromperie. Les gardes effrayés se sauvèrent à toutes jambes et nous restâmes
seuls jusquau lendemain où arrivèrent les Américains. Nous furent bien
traités par eux. Ils nous ordonnèrent de retourner à Listar, malgré les risques
courus ; nous y arrivâmes. Ils nous conduisirent dans une fabrique où lintendance
nous donna à manger. Celui-ci comprenait de la viande et des pommes de terre
cuites. Le docteur qui se trouvait parmi nous nous conseilla de ne pas manger
à notre faim. Certains désobéirent et moururent dindigestion ; ainsi
ils ne purent connaître ni respirer lair de la liberté quils avaient
pourtant si bien mérité. Le colonel Peter fut autorisé par les Américains à avoir un bureau et
à remettre son uniforme. Ce fut pour nous une grande joie, puisque le colonel
Peter organisa notre retour en France. Effectivement, le 24 avril 1945, nous arrivâmes en France en autocar
étant donné que les chemins de fer étaient impraticables. Je rentrai à
Toulouse où je rencontrai un de mes chefs dEtat Major, Vincent Lopez qui maccompagna
au général des Guérilleros, Louis Fernandez et me mirent entre les mains des
médecins espagnols qui se trouvaient à lhôpital Varsovie à Toulouse. Je ne fus pas hospitalisé, mais je subis un traitement de piqûres
puisque je ne pesais que 44 kilos alors que mon poids normal était de 70
kilos. Lorsque je fus rétabli, je consultai mes chefs afin de pouvoir
travailler. Ils ny virent aucun inconvénient et je partis à Celles (09) où
je retrouvais mes anciens amis : Philippe Espino[2]
et Antonio Santos[3],
eux aussi déportés. Ensuite, je partis travailler à Joucou où je fixais ma résidence. Cette douloureuse partie de ma vie a laissé en moi un souvenir
inoubliable et à la fois inexprimable ». |
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Le 1er parachutage eut lieu le 9 avril 1943 sur lindicatif « Grandpère a cassé sa pipe ». Il avait été demandé par Giret et Amouroux à la région « Combat ». Reçu par Giret, Rivière, instituteur à Rieucros, Gouazé, labbé Blanchebarbe et deux autres. Il consista en une vingtaine de
« containers » renfermant 20 mousquetons, 20 mitraillettes, dont 2
Thomson, 60 charges de « plastics ». La moitié de cet armement
partit à Toulouse, et lautre, entreposée, attendit (Sources : Robert Fareng) |
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Rapport de lenquêteur de « A onze heures quinze,
les hommes sont obligés dabandonner les abords du village quils avaient
protégés jusquà cette heure. Les troupes allemandes loccupent immédiatement
et semparent des civils qui étaient restés au village, hommes, femmes,
vieillards. Au fur et à mesure quils avancent dans le village, ils pillent
toutes les maisons et mettent le feu partout, maison par maison, à la grenade
incendiaire, avec de lessence et même du papier et des bûchers faits avec
des chaises. Systématiquement, ils détruisent tout. 142 maisons ont flambé. Celles qui restent debout,
17, nont pas échappé à leur sauvagerie ; pour certaines, le feu na pas
voulu prendre et dautre part, il y en a qui ont pu être éteintes par les
habitants du village. Dautre part, daprès les témoignages recueillis, six
habitants ont été fusillés par les Allemands » Compléments : 1)
Mr Alio Jean-Baptiste, 28 ans, instituteur en
congé à Rimont a été amené par les Allemands et au bas de la côte de Rimont,
au lieu-dit « 2) Tolomei Jean, 62 ans, réfugié de Collioure (PO) a été pris devant sa femme et a été fusillé sur place. 3)
Rousse Jean, 53 ans, cultivateur au hameau de
« Pas de 4) Soula Louis, 43 ans, cultivateur au hameau de Terrac, fusillé le long de la voie ferrée en même temps que Mr Rousse Jean (sa ferme a été incendiée) 5) Servat Joseph, 55 ans, maître valet de ferme fusillé par les Allemands dans le village. Son corps a été retrouvé trois semaines plus tard dans les décombres dun mur. 6) Soula Félicien Adolphe, 78 ans, au hameau de Bennet (Mme Soula déclare : « Mon mari a été pris dans la maison par les Allemands, traîné devant la porte et assassiné ») Dautres hommes ont été mitraillés pendant quils cherchaient à senfuir. Cest le cas de : Mr Soum Antoine, dit Jean, 70 ans ; Mr Rousse Jean-François, 72 ans ; Mme Laffont Marie, 75 ans, a été tuée dune balle perdue ; Mr Sentenac Adrien, 71 ans, est disparu : on le suppose carbonisé sous les décombres de sa maison. Par ailleurs, 25 personnes avaient été prises comme otages dès la rentrée des troupes allemandes. Témoignage de Mme Aliot Conte en date du 28 août 1944 : « A Rimont, le 21 août
vers 13 heures. Les troupes allemandes et
mongols (il ny a pas de distinction à faire au moins à mon sens dans la conduite
des uns et des autres) arrivent dans le village, pénètrent de force
dans la maison, et, après des perquisitions par plusieurs groupes, mon mari
amené, les autres membres de ma famille gardés dans la rue, tandis que
moi-même tenant ma fillette de 3 ans par la main, suis invitée par un
Allemand (accompagné de Mongols et dautres Allemands) à monter au premier
étage. Je les suis croyant à un complément de perquisition et désireuse de ne
point exaspérer leur rage qui pourrait se tourner contre mon mari. Arrivés dans la chambre, ils
minvitent par gestes à les satisfaire. Je proteste en criant, et lenfant
crie et pleure en mentendant ; un énorme mongol la tire violemment pour
la séparer de moi et ses pleurs redoublent. Je la reprends dans mes bras, affolée.
Ils sont plusieurs et me courbent sur le lit tandis que je retiens mes cris
et essaye de rassurer lenfant en hoquetant quelques paroles. Je me souviens
davoir répété éperdument « il était une fois, une petite
fille
» ; mes vêtements déchirés, ils abusent de moi (mongols et
Allemands, deux camarades complaisants me tiennent les jambes pour aider un
troisième. Combien ? 5 ? 6 ?... je ne sais plus
Un coup de feu ayant éclaté
au premier, ils mont brusquement lâchée et oubliée dans la maison. Je me suis réfugiée au
grenier avec mon enfant et jai quitté la maison lorsquelle commençait à
brûler. En ce qui concerne mon mari
que lon a retrouvé fusillé, il était tuberculeux depuis son retour de la
guerre de 1940. En traitement à Osséja, il était venu passer quelques jours
auprès de moi, et se trouvait à Rimont depuis une dizaine de jours. Témoignage sincère, à St
Girons, le 28 août 1944. Signé : Mme Alio Conte, 6, rue Charles Gounod, Perpignan » * Les habitants sétaient
réfugiés dans leurs caves. Ils durent les quitter et furent ramassés en
plusieurs groupes par les Allemands. Un premier groupe fut réuni
au haut du village et amené à labbaye de Combelongue, transformée en colonie
de vacances : elle fut pillée. Les habitants furent enfermés dans les
bâtiments et gardés. Un autre groupe dune
vingtaine de personnes fut formé au centre du village et aligné le long de la
façade de la maison de Mr Cabau, marchand de vins. Ces personnes sont
persuadées quelles auraient été fusillées sur le champ si Mr Sentenac
François, risquant sa chance, ne sétait échappé en traversant la maison et
en sautant par une fenêtre dans le parc, situé à Les « Mongols »
conduisent alors les prisonniers du dernier groupe que lon avait formé au
bas du village, en face de la propriété dite « Une sorte de tri eut lieu et
les femmes âgées et les enfants furent autorisés par lofficier qui dirigeait
linterrogatoire à partir sur le Mas dAzil. Puis linterrogatoire
reprit. Plusieurs fois les soldats alignèrent des personnes le long dun mur
assurant quils allaient les fusiller pour venger leurs camarades.
Finalement, lofficier abandonna linterrogatoire. Vers le soir, leurs gardiens
leur offrirent de partir. A 22 H 30, ils sont libres. Ils retrouvent leurs
maisons soit pillées, soit incendiées. Il y eut 236 immeubles
entièrement détruits et 18 partiellement. Sur le nombre, 152 maisons
dhabitations sont détruites (sur 169). Ce sont 95 familles soit 321
personnes qui sont sans abri. La mairie, les écoles, les archives sont
anéanties. Voir aussi : http://www.histariege.com/rimont.htm
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Une semaine après Les FFI attendent des jugements rapides et simpatientent Gardelle, comandant la place, fait remplacer les gardiens espagnols par des gendarmes français (ceux-ci effrayés, abandonnent rapidement la garde). Le 30 août, un ultimatum signé des officiers et sous-officiers FTP (sauf Coumes) est remis au président du CLL, Rieu. Les maquisards demandent des exécutions avant un délai de 12 heures sinon ils assurent quils feront justice eux-mêmes : « Nous faisons fort de parvenir en 3 heures à connaître le nom de leurs complices. En conséquence, nous serions heureux de leur exécution immédiate ou de leur livraison entre nos mains ». Onze signatures suivent Gardelle met aux arrêts les signataires de lultimatum. « Aubert » ordonne de constituer un tribunal. Gardelle refuse et demande un ordre écrit. Lettre de « Aubert » (Camille Souyris) à Gardelle : « FFI Le 1/9/44, le colonel
« Aubert », commandant le FFI (sic) de lAriège au capitaine
Gardelle commandant la place de St Girons ; Je vous prie de convoquer
durgence un tribunal militaire de 4 membres que vous présiderez pour juger
sommairement tous les Français ayant collaboré directement avec lennemi et
de faire exécuter les coupables dans les 24 heures. Les coupables les plus
dangereux et susceptibles de fournir dautres renseignements seront dirigés
sur la prison militaire de Foix. Aubert » Le président fut Gardelle, assisté du lieutenant Estaque. Le Ministère public fut assuré par le lieutenant Laballe. La défense le fut par des avocats commis doffice : Astier et Déjean (Astier se récusa). |
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Composition : FN : Caujolle Gustave, chef dusine électrique MUR : J.P. Coste, marchand de vins CGT : Degeilh Guillaume, ouvrier FUJP : Okonoswki André, artiste peintre PC : Rieu Joseph, commerçant PS : Fernand Loubet, transporteur Parti Radical socialiste : E F , fonctionnaire révoqué par Vichy Union des Artisans : Bonnet Pierre, électricien mécanicien Front Paysan : Descouens Pierre Indépendants : Prat Henri, ingénieur des Ponts et Chaussées Joseph Rieu
est élu Président |
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Selon R. Fareng (1er
historien de 25 % de communistes 20% de socialistes 8% de radicaux 5% de démocrates chrétiens ou assimilés 2% de droite 40% sans
parti |
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Création par arrêté ministériel
du 16 septembre 1944, succède en Ariège à Même constitution, mais avec 2 juges de plus. Prononce 13 condamnations dont 4 à la peine de mort ; 4 aux travaux forcés à perpétuité ; 4 aux travaux forcés à temps ; 1 à la réclusion et 5 emprisonnements. En outre, il ordonne 7 confiscations de biens. |
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De Nattes (préfet), couvert par
une délégation législative, demande à Brossette, substitut du Procureur de la
république, à Foix, de rédiger un arrêté instituant un « tribunal
militaire spécial » pour faits dintelligence avec lennemi, trahison,
espionnage, atteinte à La composition fut : Président : Brossette, substitut du Procureur Commissaire du gouvernement : capitaine Destrem Juges : Capitaine Gisquet, lieutenant Barbier, capitaine Armor, commandant Fauré Défense :un avocat doffice Greffier : Castres, maréchal des logis Huissier : sergent chef Sampierre Le tribunal, à Foix, ne siègera que 2 jours : le 5 et 6 septembre |
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Tribunaux du Peuple |
Aussitôt après la libération de Pamiers, se met en place dans cette ville (la seule de lAriège) un Tribunal du Peuple ou Tribunal Populaire qui va fonctionner jusquau 31 août (voir plus haut à « Pamiers : tribunal populaire »). Or, celui-ci a échappé au contrôle de ladministration et plusieurs dizaines de personnes y ont été fusillées. De Nattes (Préfet) signe un arrêt supprimant les Tribunaux du Peuple et institue un Tribunal Départemental du Peuple composé dun magistrat choisi par le CDL, de deux magistrats désignés par les CLL (29 août 1944). Il fut dissous avant davoir fonctionné. « Le préfet de lAriège : Arrête : Article premier : Les tribunaux du peuple créés dans le
département de lAriège depuis la libération sont et demeurent dissous. Art. 2 : Il est institué un tribunal départemental du Peuple
composé ainsi quil suit : a) un magistrat choisi par le CDL parmi les
magistrats des parquets de Foix, Pamiers et Saint-Girons. b) Deux membres par arrondissement désignés
par le CLL Art. 3 : M. le Président du CDL, M. le Secrétaire général de Foix, le 29 Août 1944 Le Préfet Ernest de Nattes » (2 PER 139 : Ariège Libre du 30/08/44) |
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33 communes sur les 341 (à lépoque) ont été occupées par les troupes allemandes plus dune journée 11 du 11 novembre 1942 à la fin (surtout des douanes) Un seul jour : Rivérenert, Castenau-Durban, Bestiac |
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« Le camp du Vernet avait une
superficie de cinquante hectares. La première impression était celle dun
fouillis de barbelés, qui entouraient le camp de trois rangs serrés et
partaient en diverses directions avec des tranchées parallèles. La terre
était aride ; pierreuse et poussiéreuse quand il faisait sec et si boueuse
quon sy enfonçait jusquaux chevilles dès quil pleuvait, semée de mottes
gelées pendant les grands froids.
Les baraquements étaient construits en planches, couverts dune sorte de papier goudronné. Chaque baraque contenait deux cents hommes. Elles avaient trente mètres de long sur cinq de large , chaque homme avait cinquante centimètres pour dormir » (Extrait de
Quelques repères :
153 tombes au cimetière : Espagnols, Roumains, Polonais, Italiens, Yougoslaves, Arméniens, Tchèques, Chinois, Portugais, Hongrois Un autre tombe y est présente depuis 2006 : un ancien interné (Artime) a tenu à y être enterré Documents (sources : ADA):
(2/08/1942)
(31/08/1942)
* Présents le 29 Juin 1944 au Camp du Vernet (la veille du départ à Toulouse pour le « Train Fantôme »): Allemands : 1 Autrichien : 1 Belges : 3 Brésiliens : 1 Bulgares : 2 Espagnols : 221 Français : 13 Grecs : 3 Hongrois : 2 Italiens : 52 Lithuaniens : 1 O. inconnue : 1 Polonais : 18 Portugais : 8 Prot. Français : 1 Roumains : 1 Russes : 11 Suisses : 7 Tchèques : 2 Turcs : 4 Yougoslaves : 5 Ap. Allemands : 2 Ap. Hongrois : 1 Ap. Italiens : 11 Ap. Polonais : 1 Ap. Tchèques : 1 Ap. Turcs : 1 Vieillards de plus de 65 ans : Allemands : 2 Espagnols : 4 Grecs : 1 Italiens : 2 Polonais : 1 Roumains : 1 Russes : 1 Turcs : 1 Yougoslaves : 1 « Total des malades soignés pendant la quinzaine dans les Hôpitaux hors du Camp (non compris dans leffectif présent) : 60 Total des internés se trouvant dans les maisons dArrêt (non compris dans leffectif présent) 98 » * Le préfet envoie, le 1er juillet 1944, un télégramme au secrétariat du maintien de lordre, inspection de ladministration générale des camps à Vichy : « Jai lhonneur de vous rendre compte que les autorités
allemandes ont emmené le 30 juin, 403 internés » ... « Les
Allemands refusent dorénavant tous nouveaux internés au camp du Vernet » Il signale quune femme et son enfant de 4 ans sont maintenus au camp du Vernet. * Plan du camp du Vernet :
Liens Internet à voir : -
Sur le « Train
Fantôme » :
- détail des côtes concernant le camp du Vernet aux ADA; carnet de dessins réalisé par un interné) |
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Rapport de la 3ème Brigade de guérilleros sur les combats de Vira du 9 juin 1944 : « Combat contre un
convoi allemand de 3 camions et 5 voitures légères, 100 à 150 hommes qui se
proposent dattaquer un maquis FTP à Dun. Le combat dure de 3 H de laprès
midi à 9 H du soir. 63 allemands tués et blessés. Les nôtres (8 Espagnols et 3
Français) décrochent sans avoir subi de pertes. Le même
convoi est attaqué, à 1 H du matin, par un autre groupe des nôtres, du côté
de Pujols, à coups de grenades et de rafale de mitraillettes. Les Allemands
perdent encore une vingtaine dhommes ». |
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Vira |
Récit dAimé Gos sur la bataille de Vira du 9 juin 1944 (Texte dactylographié, avant 1946, Gos étant adjoint au camp du Vernet) : « Le 9 juin à notre
retour de la récupération darmes aux gendarmeries de Mirepoix et de
Rieucros, je reçus lordre de minstaller avec mon détachement au-dessus du
village de Dun afin de surveiller la route de Lavelanet. Le détachement réduit (par
suite du départ de certains hommes à Lavelanet) à une dizaine dhommes dont 4
seulement possédaient des fusils sinstalla sur une montagne située au-dessus
du hameau de Tapia. Vers 14 heures, nous fûmes
alertés par des rafales de mitraillettes ou de FM provenant de la direction
de Vira. Immédiatement le détachement regagna le hameau de Tapia et de là, en
camion, se rendit à Engraviès afin de se rendre compte de ce qui se passait
et pousser si possible jusquau moulin où était installé lEM. Au village dEngraviès, un
paysan venant de Vira nous prévint quune colonne allemande avait attaqué le
village de Vira. Entre temps, le feu avait
cessé. Nous continuâmes notre route jusquà un Km de Vira, et là dans
lincertitude où nous étions, je décidais avec Oscar de monter en haut dune
colline afin de nous rendre compte de ce qui se passait. Arrivés à mi-hauteur, nous
aperçûmes, à la jumelle, le village occupé par les Allemands. Environ 200
hommes étaient rassemblés derrière léglise et un officier leur donnait
assurément des instructions. Démunis darmes automatiques, il nous était
impossible de tenter quoi que ce soit. Nous avions décidé de nous fixer en
haut de la colline et douvrir le feu si les Allemands avançaient sur la
route conduisant au moulin. Arrivés en haut de la
colline, nous y fûmes rejoints par 8 Espagnols du MOI. Nous possédions en
tout 8 fusils, 4 à nous et 4 aux Espagnols. Au bout dun moment, les
Allemands en colonne sengagèrent sur la route. Il était 16 heures environ.
Les Allemands ripostèrent avec leurs armes automatiques ; Le combat dura
ainsi jusquà la nuit. Dans limpossibilité de
prendre la colline dassaut, les Allemands lançant leurs camions de troupe
sur la route et malgré les pertes certaines quils subissaient, ils
entouraient la colline et arrivèrent au village dEngraviès. Cest à ce
moment que les éléments placés à notre droite décrochèrent sans nous
prévenir ; nous étions complètement encerclés. Le seul côté de la
montagne par où nous aurions pu nous dégager étant complètement dénudé et
placé sous le feu des armes automatiques boches. A la nuit, les Allemands
regroupèrent leurs camions, près de la colline, juste en face du
moulin ; nous étions décidés à les attaquer à la grenade. Juste à ce
moment là, les Allemands, à la faveur de la nuit, sétaient glissé à travers
bois et se trouvaient à Le reste de la nuit, nous le
passâmes dans une cabane située en plein bois à quelques Km de là. Le
lendemain, nous réussîmes à reprendre contact avec dautres éléments de |
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Vira |
Récit du lieutenant Oscar sur les combats de Vira le 9 juin 1944 : (Texte dactylographié avant 1946) « Une joie naturelle et
tant attendue de nous qui vivions beaucoup depuis un an et plus dans le
maquis, Quelle joie ! Le débarquement allié en France ; si sombres
et si durs de tant de souffrances et souvent dattentes, reprirent ce jour là
leur naturel dautres temps et pourtant sils avaient pu prévoir ce qui
allait arriver ; ce jour là une foule humaine était venue se joindre à
nous maquis FTPF qui venions de quitter les hauteurs de la montagne croyant
que lheure solennelle de la délivrance de Tous ces hommes et nous
étions rassemblés devant le moulin de Vira qui était la propriété dun
camarade, dun chef même qui supporte à lui seul un poids énorme de la
défaite boche, puisque le lendemain de lattaque les boches furieux de leur
défaite revinrent sur les lieux et firent sauter la ferme et le moulin. Cétait là quétait installé
notre PC et qui fut le départ du combat. Nous occupions le matin le
village de Vira. 13 heures : un coup de
main était en préparation en collaboration avec les vaillants guérilleros
espagnols qui étaient là, rassemblés avec nous au nombre dune vingtaine et
nattendaient ainsi que nous donnions les derniers ordres pour partir. Soudain, dans la rumeur et
aussi les rires des hommes, un tac-tac de mitrailleuse se fit entendre et
vint troubler le groupe, un silence plat se fit aussitôt et tous les hommes
anxieux, écoutaient non plus le tac-tac dune mitrailleuse mais les
tac-tac : cétait notre mitrailleuse qui était placée en protection et
en avant du village qui avait ouvert le feu la première sur le convoi boche
qui était composé dune vingtaine de véhicules. Les boches commencèrent à
riposter et en peu de temps, cen était fait : la bagarre fut
déclenchée. Aussitôt, les dispositions
de combat furent prises et les détachements sous le commandement de leur chef
sen fut prendre position sur les hauteurs environnantes. Sous un soleil de
plomb, les rafales de mitrailleuses et de FM succédaient aux salves de fusils
de guerre que nous possédions. Le combat durait déjà depuis
une ½ heure lorsque un arrêt brusque des rafales survint et durant une
vingtaine de minutes. Perte cruelle pour nous,
notre mitrailleuse, seule et unique qui défendait lentrée de Vira venait
dêtre anéanti par les boches, deux ou trois dentre eux, attaquèrent les
trois tireurs de l'arme automatique à bout portant à la grenade et furent
tués sur place. Les servants de la pièce furent magnifiques et se battirent
jusquà leur dernière minute. Ensuite les boches prirent possession de Vira,
et se regroupèrent pour attaquer notre direction. Depuis les hauteurs nous
pouvions voir tout ce qui se passait dans le village. Moi-même, je me
trouvais à moitié du pic qui se trouve en face le moulin, étant avec une
dizaine de nos hommes et une quinzaine de guérilleros, nous étions là en
position attendant lennemi de pied ferme et prêt à faire feu. Lattente fut de courte
durée ; un quart dheure après les boches, colonnes par un, de chaque
côté de la route, larme au point, suivis de leurs autos mitrailleuses qui
crachaient le feu, avancèrent sur nous. Anxieuse et angoissante attente pour
nous, qui nos fusils épaulés, le doigt sur la détente, attendions davoir une
vue dégagée pour faire feu. Puis tous les fusils braqués
dans la même direction, et au commandement de feu, tirèrent dune même
rafale ; aussitôt les boches qui venaient de perdre une vingtaine
dhommes furent arrêtés net dans leur avance et commencèrent le feu sur
nous ; puis ce fut les mitrailleuses, les FM, les mortiers qui entrèrent
en action. Le feu était tellement
nourri et meurtrier que nous sommes restés plus de vingt minutes couchés à
entendre les salves qui nous passaient au dessus de la tête et qui venaient
même senfoncer près de nous ; ils avaient plus de balles que nous, les
salauds, pour tirer ainsi des rafales ; Que pouvions-nous faire avec nos
simples fusils dotés de 200 à 250 cartouches, comparés à leurs armes
automatiques. Les uns disaient :
« se replier ! » ; mais la plupart disaient :
« Tenir ! ». Ce fut le dernier mot dordre ; tenir et se
défendre : ce qui fut fait. Nous tirions sans cesse sur
les voitures qui tentaient de passer, sur les hommes qui continuaient
davancer protégés par le tir de leurs nombreuses armes automatiques :
le combat se déroulait ainsi
De temps à autres, nous étions obligés
darrêter de tirer car le canon était tellement chaud que nous ne pouvions
plus le tenir. Souvent, nous groupions le
tir de nos fusils sur une même voiture pour essayer de lanéantir ; mais
elles passaient tellement vite que nous ne faisions que toucher les hommes
qui se trouvaient à lintérieur. Je me souviens que nous
avons tiré à 7 ou 8 fusils pendant plus dun quart dheure sur une ambulance
qui ramassait leurs morts et leurs blessés : nous lavons stoppé pendant
plus dune ½ heure ; mais avec une véritable grêle de balles qui
sabattait sur nous, une fois de plus, nous avons été obligé de nous
incliner. Le combat continuait à ce
rythme et les heures passaient aussi vite. Vers 7 heures, du renfort
ennemi composé dune dizaine de camions passa Vira et essaya de passer à
travers notre zone de tir ; lordre fut donné aux vingt et quelques
tireurs de tirer tous sur le convoi ; aux premières salves, les boches
durent sauter des camions et de protéger derrière ; puis ce fut un feu
nourri dirigé sur eux et une riposte plus forte que la nôtre. Pendant plus de ¾ dheure,
le convoi fut stoppé ; mais comme dhabitude, nous dûmes nous coucher et
entendre de nouveau mêlé au bruit des rafales, le ronronnement des moteurs
des camions qui passaient en vainqueurs. Un moment après, un camarade
vint près de moi et me dit : « Oscar, jai limpression que les
boches sont en train de nous encercler ». Je lui répondis :
« Oh ! Penses-tu ? Je ne crois pas ». Depuis un moment,
le combat ralentissait : ce nétait que quelques rafales qui passaient
de temps à autre. Par mesure de précautions,
nous primes position tout au bout du pic ; et là, nous attendions et
nous observions. Le jour commençait à
baisser : il était environ 10 heures ; puis vers 11 heures, alors
que la lune éclairait le ciel et les montagnes, une vague de boches, sortis
de je ne sais où et à une trentaine de mètres de nous, commença à tirer des
rafales de mitraillettes, et à monter à lassaut. Aussitôt, les quelques
grenades que nous avions furent pour eux : nous ne pouvions nous servir
de nos fusils car cétait trop près et la visibilité assez mauvaise. Trois ou quatre
mitraillettes que nous avions entrèrent aussi en action, et vidèrent quatre
ou cinq chargeurs chacune. Puis au commencement du
repli, mais continuant de tirailler, nous dévalions la pente abrupte du pic
sous les rafales des mitraillettes boches qui étaient maîtres du pic, mais
vaincus quand même. Pour se venger de leur
défaite, les boches revinrent sur les lieux et firent sauter deux ou trois fermes
et un camion que nous avions abandonné. Bilan de leurs pertes :
5 camions, 80 morts et blessés ; bilan des nôtres : 1 mitrailleuse,
3 morts » |
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Vira |
Rapport signé par Louis Calvetti aux responsables régionaux sur les combats de Vira du 9 juin 1944 (à signaler que cela est rédigé le 27 juin): FFI FTPF 1ère Compagnie Au cours de lengagement du
9 juin 1944, nous avons à déplorer la perte de 2 FTP illégaux : ce sont
Raoul Bonnafous, sous chef de groupe au détachement et Paul Balasc FTP au 2ème
détachement. Ces deux soldats sont morts en héros. Ils ont préféré mourir que
de céder un mètre de terrain aux boches ; dun partisan légal, Fernand
Roubichou, mort aussi en brave aux côtés de son s/Ch de groupe
Bonnafous : ce camarade a été retrouvé complètement déshabillé dans les
forêts Nous avons aussi un prisonnier : cest le partisan Neuville qui a
été blessé avant dêtre pris et trois blessés sans gravité dont un ira
rejoindre Mais ce que nous avons à
déplorer le plus, ce sont les désertions qui se sont produites pendant et
après lengagement. Il faut considérer que 20% de En campagne, le 27 juin 1944 Le Commandant de la 1ère
Cie FTP Signé : Jean
Torrent » |
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Vira |
Vira et (Pour Vira et Comment en
est-on arrivé à la bataille de Vira du 9 juin et aux incursions de Un noyau dur existe déjà sur place : les Guérilleros, qui sont des réfugiés espagnols, ont constitué un maquis clandestin armé autour de « Tostado » et « Robert », noms de guerre de Antoine Villajos et José Alonso. Ils sont en liaison avec des personnes engagées politiquement (essentiellement communistes) et rentrées en résistance dont le lien est un meunier, Aimé Gos, habitant à Embayourt, à la limite de Vira et dEngraviés. Pendant ce temps, des groupes de jeunes, el lien avec la résistance, continuent à travailler à lusine ou chez dautres employeurs tout en restant disponibles le moment venu (en particuliers à Pamiers) Des réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) et un envoyé « Oscar » avaient créé un maquis à Croquié, au dessus de Mercus, vite rejoint par Calvetti qui sera chef départemental des FTP. Fin mai, après des actions sur Mercus et Saint-Paul de Jarrat, ces derniers sinstallent non loin du village de Vira. En collaboration avec les Guérilleros, ce groupe, et parfois avec la complicité des jeunes de Pamiers, monte des actions, comme le sabotage de lusine de Pamiers qui travaille pour les Allemands. Le 6 juin, le débarquement a lieu. Calvetti annonce linsurrection et donne rendez-vous à Vira aux jeunes constitués en cellules à Pamiers, Dalou etc Environ 150 dentre eux rallient le moulin dEmbayourt, où lintendance est submergée devant cet afflux. Devant le peu darmes (environ 70) qua pu rassembler le nouvel état-major, il est demandé à certains dentre eux de repartir chez eux et de rester disponibles. Quant à la nourriture, la population locale y pourvoira Ce nouveau groupe sorganise et continue ses actions,
en particuliers dans la récupération darmes par lattaque de gendarmeries.
Loccupant et Sans rentrer dans les détails, laction se déroule le 9 juin, soit trois jours après le Débarquement et quelques heures après larrivée des nouveaux maquisards. Il est évident que ceux-ci ne sont pas préparés à affronter cette situation. Cependant, un groupe de sentinelles a été posté à lentrée du village, alors que des paysans continuent leurs travaux aux champs : ce seront les premières victimes (3 maquisards, 2 civils et un disparu) Au retentissement des détonations, un groupe de maquisards plus expérimenté et motivé se positionne sur la colline face au moulin dEmbayourt, aidé par des Guérilleros venus en renfort. Les jeunes « bleus » se dispersent Cependant, la position et la tactique opérée arrêtera la colonne allemande qui subira de lourdes pertes (Selon certaine sources : 36 morts et 84 blessés). Les Allemands repartent Deux jours après, une nouvelle incursion des Allemands (25 camions de soldats et miliciens avec leurs équipements militaires) ne trouve pas les maquis. Ils terrorisent les habitants et dynamitent le moulin dAimé Gos et la ferme voisine. Le groupe de
maquisards reconstitué est organisé de façon militaire, avec détachements et
groupes, et continue ses actions. Lobjectif fixé par le CNR (Comité National
de Cependant,
entre Guérilleros et FTP, avec laide matérielle de la population, Quant aux
maquisards FTP, ils quitteront la vallée le 30 juin pour dautres actions et
seront, une nouvelle fois, attaqués de façon organisée par Allemands et
Miliciens: ce seront les combats de Roquefixade (les 6 et 7 juillet) qui
feront le plus de morts parmi les résistants (16 tués) pour lun des
affrontements qui libérera lAriège. Les Guérilleros, de leur côté,
continueront leurs actions : on les retrouvera, entre autres à la fin
août, pour Rappelons que lAriège na pas été libérée par une armée en uniforme : ce sont des personnes qui se sont prises en main (toutes tendances confondues), qui se sont organisées avec les « moyens du bord », et qui, par leur ténacité et leur motivation ont permis le résultat que lon connaît. Quant aux
seuls militaires diligentés quelques jours avant |
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Zone réservée |
Par le préfet Monzat (23 décembre 1942) : Betchat, Mercenac, Taurignan Castet, Gajan, Montjoie, Montesquieu-Avantés, Lescure, Rimont, Castelnau-Durban, Larbont, Montagagne, Alzen, Serres sur Arget, Brassac, Ganac, Prayols, St Paul, Freychenet, Montferrier, Montségur, Fougax et Barrineuf (Modifié le 3 avril pour lAriège) |
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[1] André Laguerre dit
« Dédé
Michel Lacombe, chef
dorchestre de lharmonie de Foix, a bien voulu le mettre en musique à partir
de la voix de « Dédé
[2] Philippe Espino est resté à Celles jusquà sa mort
[3] Antonio Santos est Antonio Santos Garcia qui résida à Saint-Paul de Jarrat jusquà sa mort